PAR
M. G. REGAUD.
Nous avons eu l’occasion d’observer, pendant notre semestre d’internat dans le service de M. le Dr Humbert Mollière, trois cas de cancer du péritoine. Ces trois observations, que nous ne pouvons rapporter ici en détail, sont pour ainsi dire calquées les unes sur les autres. Il s’agit de cette forme bien connue de cancer péritonéal que l’on a comparée à la tuberculose aiguë miliaire et que par analogie on peut appeler carcinose miliaire aiguë.
Cliniquement, ces cas sont ainsi caractérisés : début insidieux chez une femme âgée (66, 69 ans) par des douleurs abdominales et de la constipation ; amaigrissement et cachexie extrêmement rapides, ascite constante parfois très abondante ; mort après trois mois de maladie.
Les lésions constatées à Y autopsie sont typiques : le tablier épiploïque est replié en un bourrelet adhérent au côlon transverse ; tous les viscères abdominaux sont englobés dans une masse néoplasique comparable à de la toile d’araignée froissée. La surface du péritoine est couverte de granulations cancéreuses parfois miliaires, d’autres fois lenticulaires et déprimées à leur centre. Ordinairement on ne trouve pas de foyers éloignés de généralisation.
‘ Si l’on cherche le point de départ du cancer , on est ordinairement fort embarrassé, car au milieu del’englobement général des organes, il n’est guère possible de savoir celui qui a été malade le premier. Dans nos trois cas, les ovaires, tout en n’étant pas augmentés de volume, étaient infiltrés par le néoplasme. Dans ces trois cas, il s’agissait de carcinome alvéolaire.
Nous avouons qu’il ne nous est pas possible, même après examen histologique, de dire si nous avons eu affaire à des carcinomes ovariques généralisés au péritoine, ou bien à des carcinomes primitifs du péritoine : question secondaire du reste, car nous avons en vue l’étude histologique de l’ascite qui accompagne ces cancers.
Nos observations histologiques sur le liquide ascitique se rapportent au dernier de nos trois cas : cancer alvéolaire^ du péritoine à forme miliaire, à marche aiguë, d’origine peut-être ovarique. Ces observations, en ce qui concerne la partie histologique, ont été confirmées par l’examen du liquide ascitique provenant d’un quatrième cas analogue, non suivi d autopsie, mais dont le diagnostic clinique n’est pas douteux, et que nous devons à l’obligeance de M. le Dr Leclerc, médecin des hôpitaux.