‹ Sur l'écran de rêve, 1892-1896Chapitre 10 sur 18 · LES MAINS · texte numérisé non relu

LES MAINS

Quand, au caprice des adieux, Nos mains se sont vite serrées.

Je sens en mon- cœur anxieux Pleurer des tristesses navrées.

Je songe aux douteux lendemains Qui m'effraient, puisque je vous aime.

L'étreinte grave de nos mains Sera-t-elle demain la même ?

J'adore l'adieu de vos doigts.

Caresse confiante et brève Qui vous apprit avant ma voix Et sut avant vos yeux, mon rêve.

Et je voudrais, par les chemins De gloire ou de mélancolie Où nous passons, garder vos mains.

Vos chères mains, toute ma vie

Jusqu'au soir farouche où la Mort, De ses doigts légers et fragiles.

Fermera sur vos bagues d'or Vos mains à jamais immobiles.

L'àme pleine des Jours passes Songeant aux mains qui furent miennes Je baiserai tes doigts glacés Pour qu"Au delà tu te souviennes.

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