HEURE D'AUTOMNE
C'est au long des chemins, le vol des roses mortes.
Aux jardins les glaïeuls érigent leurs flambeaux.
Et dans l'air gris cheminent les cohortes Des oiseaux pèlerins partis aux cieux nouveaux.
L'Occident saignant s'envermeille Dans l'heure tranquille des soirs.
Où l'eau des étangs clairs sommeille Sous le vol des oiseaux des soirs.
Dans les grands bois pleurants Tordus par les rafales, L'Automne entonne encor ses hymnes triomphales
Et clame aux vieux hêtres mourants.
Ah ! la forêt sanglote, éperdûment mouvante Sous le galop des vents lointains, Et les vents furieux hurlent d'épouvante De se déchirer aux lances hautes des sapins.
Seules, au carrefour des larges avenues Où le vent vagabonde en rondes incertaines. Indifférentes, les fontaines Ont de lentes chansons continues.
L'or des couchants d'Eté flamboie aux cimes d'arbres, Plus pâle, en lichen d'or rouillant le ton des marbres,
— L'or des couchants d'Eté Reflété par le ciel aux mares frissonnantes — Vieil or jaune posé sur les forêts chantantes En souvenir des couchants d'Eté.
Tes yeux rieurs aux soirs tiédis d'Août, se font tristes De la douceur des soirs adoucis d'améthystes
O l'Exquise et la Chère amante !
Tes baisers les meilleurs ont des frissons d'adieu. Donne tes mains pâles et ton regard bleu O mon Aimante ! C'est le sang de l'Eté, vois-tu, qui va rougir Les ors éteints du crépuscule, Et les étangs aux brumes de tulle!
Aimons-nous! Tu sais bien que QUELQU'UN va mourir !