AU PORT
Ah! le port fut lointain, après la mer hostile!
— La mer, riche aujourd'hui, de mes orgueils sombres
— Mais la barque se berce aux golfes ignorés ; le sais combien l'espoir de vaincre était futile.
Les nénuphars fleuris étoilent Teau nocturne
Où la fontaine se lamente en vains sanglots.
Le vent d'automne ondoie aux blancheurs des bouleaux.
Mon cœur s'attriste au gré de l'heure taciturne.
Et, sur Y Étang de Rêve, où s'accoise ma vie,
Le vieux chagrin s'apaise, et la voix des roseaux
Vibre dans le soir où s'indiffèrent les eaux.
Je n'ai pas de regrets de la route suivie