CHAPITRE II
GONJONCGTIVITES
On a l'habitude de ranger sous cette dénomination trois ordres d’affections intéressant la conjonctive.
1° Les conjonctivites catarrhales muqueuses à gonocoques, diplobacilles. pneumocoques, staphylocoques, streptocoques, bacilles de Klebs-Lôffler, les conjonctivites catarrhales purulentes à gono, pneumo, staphylo, ou Streptocoques ;
2° Les conjonctivites phlycténulaires ;
3° Les conjonctivites pseudo-membraneuses à gono, pneumo, staphylo ou streptocoques à bacilles de Weecks ou de Lôffler ;
4° Les conjonctivites granuleuses.
Nous diviserons notre étude en deux parties. Dans la première, nous étudierons l’action du collargol dans les conjonctivites simples non suppuratives. Dans une seconde étude, nous nous occuperons exclusivement de
la conjonctivite purulente grave par excellence : l'ophtalmie gonnorrhéique, et nous verrons le meilleur parti que l’on peut tirer de l’action de l'argent colloïdal sur la marche de cette affection.
Nous avons employé le «ollargolen instillation dans plusieurs conjonctivites catarrhales à pneumocoques et à staphylocoques, dans certains cas également de conjonctivites phlycténulaires simples et nous avons obtenu des résultats fort satisfaisant.
Nous savons que les premiers signes de cette maladie se manifestent le matin au réveil par de petites concrétions à la base des cils, accompagnées au niveau du cul-de-sac inférieur de filaments jaunâtres. On en trouve aussi au niveau de l'angle interne de l'œil malade.
Dans les cas aigus, une sécrétion jaunâtre s'établit sur la conjonctive enflammée. Une photophobie intense peut survenir. Les paupières sont douloureuses.
Notre travail ne comporte pas l'étude détaillée de ces différents symptômes. Toutefois nous avons tenu à signaler ceux-ci pour faire bien ressortir l'action du collargol dans cette affection.
Nous n'’insisterons pas sur le traitement général dont l'application, dans ces cas-là, a été donné comme une nécessité après les importants travaux de Panas. On doit s'occuper toujours de l'état général pour assurer de bons effets au traitement local.
Généralement on se sert d’instillations de collyre au nitrate d'argent à 0,50 ou 2 0/0, dès le début pour arrêter la maladie dans sa marche en avant. Puis on
finissait de guérir l'affection par des instillations d'un collyre au sulfate de zinc.
Ce traitement a l'inconvenient d'être extrêmement douloureux pour le malade et de ne pas calmer les douleurs assez vives qu'il ressent parfois.
Lorsque nous étions à Lyon dans le service de notre maître regretté, le professeur Gayet, nous l'avons vu employer les instillations de protargol avec succès. Cela nous a donné l'idée, sous l'instigation de plusieurs de nos chefs en ophtalmologie, d'employer lecollargol.
Ce traitement ne nous a pas déçu et nous avons pu constater que sous son action l'affection guérissait très rapidement. Les instillations au nitrate d'argent ont été remplacées par des instillations d'une solution de collargol à 10 0/0. Cela deux fois par jour. Un bandeau flottant devant l'œil malade aïdait au traitement.
Dès le troisième ou quatrième jour après les premières applications, il y avait une sédation complète des phénomènes douloureux. La photophobie avait disparue. Les douleurs palpébrales étaient à peu près complètement atténuées.
De plus, par suite de l’action leucocytaire intense du collargol, la durée de l'affection était notablement diminuée. |
Bientôt la conjonctive reprenait son état normal et les secrétions cilhaires disparaissaient.
On peut donc dire que le collargol a une action merveilleuse dans les cas de conjonctivites. Il réunit en effet aux propriétés antiseptiques des sels d'argent, sa propriété d’être complètement indolore et