‹ Sur l'emploi du collargol dans les affections des membranes externes de l'œilChapitre 13 sur 34 · ENS · texte numérisé non relu

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En résumé : 1” L'action du collargol se localise principalement sur l'intestin, le foie et le rein ;

2° Son action est beaucoup plus énergique par la voie stomacale que par la voie hypodermique et même intra-veineuse ;

3° Il est pyrétogène ;

4° Il rend les urines albumineuses ;

5° Il ne détermine pas de suppuration,

$ 8. — Mode d'action du collargol.

Par sa pénétration dans l'organisme. dans les tissus ou dans le sang, il ne fait subir aucune modification aux humeurs, ni aux globules sanguins et ne coagule pas les liquides albumineux.

Introduit dans l'économie, on a dit que l'argent colloïdal pouvait circuler sous forme d’albuminate d’argent. Il est plus probable, comme nous l’avons déjà vu, qu'il circule à l'état métallique, mais non à l'état de chlorure,comme le veut Rabuteau pour les autres préparations argentiques.

Employé en frictions, il est absorbé comme le demontre : 1° Le goùt métallique ressenti par le malade cinq ou six heures après les frictions ; 2° les traces d'argent décélées à la surface des plaies même quand la friction a été faite sur une région très éloignée ; 3° les traces d'argent retrouvées dans les organes ou éliminées par les déjections.

On sait que les sels d'argent s'éliminent très diffici-

lement et très lentement par la bile et l'urine. Ils peuvent par suite causer des accidents connus sous le nom d'argyrisme.

Ces accident se traduisent surtout extérieurement par des pigmentations qui en rendent l'emploi difficile à faire accepter. Avec l'argent colloïdal, on n'aurait pas cet inconvénient.

Il se dissémine à ‘la vérité dans l'organisme et l'on en constate la présence dans la rate, les reins, le mésentère, l'intestin. Mais il s'éimine plus rapidement par la bile et surtout l'urine. D'après Lange et Klimmer, 1l aurait complètement disparu au bout d'un mois.

Nous avons vu plus haut que le collargol avait une action antiseptique et bactéricide. Or Netter croit que l'action empêchante de l'argent colloïdal n'est pas suffisante pour expliquer tons ses effets. Il faut, d'après lui, faire encore intervenir son pouvoir catalytique, analogue à celui des ferments, que présentent les métaux à l'état de division extrême (mousse de platine), ou, à l'état colloïdal {métaux colloïdaux).

Brédig a montré que le platine à l'état colloïdal se comporte à tous points de vue comme un véritable ferment, ferment inorganique, accélérant par sa présence à doses infinitésimales les transformations chimiques de même ordre que celles dans lesquelles interviennent les ferments figurés et les ferments organiques. Or l'argent colloïdal, comme tous les métaux colloïdaux, jouit des mêmes propriétés que le platine.

On comprend par suite que l’arrivée dans le sang

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d'éléments doués de propriétés aussi actives, entraine des modifications importantes et très promptes qui doivent jouer un rôle très important parmi les effets du collargol.

M. le professeur Bouchard, dans un mémoire présenté au Congrès du Caire, disait : « Rien ne prouve que les médicaments spécifiques autres que les sérums n'ont pas à côté de leur fonction bactéricide une action antitoxique. C'est ainsi qu'après une injection de sel mercuriel dans le sang, on voit apparaître une leucocytose polynucléaire. Si les leucocytes pénètrent dans le sang en plus grande quantité, on conçoit qu'ils y accomplissent d’une façon plus parfaite leur fonction naturelle, qui est de saisir les microbes, ou de sécréter des ferments qui sont une sauvegarde pour l'économie. » Le mode d'action intime de l'argent colloidal n’en reste pas moins encore incertain et indétermine.

En dehors de ses actions bactéricides, le collargol parait exercer une action réelle sur la nutrition. Mais les résultats que l'on possède sur ce sujet sont assez incomplets.

On a constaté à la suite de son emploi soit en frictions, soit en injections, un abaissement de température qui est soit progressif, soit rapide et définitif. On observe en même temps une amélioration sensible de l'état général. Le malade reprend de l'appétit et le sommeil revient.

Le pouls suit,en général, une marche parallèle à la température, et on le voit diminuer de fréquence, à

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mesure que cette dernière se rapproche de la normale.

D'après Albert Robin, les métaux colloïdaux déterminent une élévation temporaire de la pression sanguine.

Les modifications locales sont très importantes et l’on a vu des adénites perdant rapidement leurs phénomènes inflammatoires.

L'action du collargol sur les phénomènes nutritifs doit vraisemblablement produire dans l'organisme une suractivité des oxydations et des échanges organiques coïncidant avec une leucocytose abondante. Cette hypothèse expliquerait, dans une certaine mesure, son action sur les bactéries et les produits bactériens.

Les corps à l’état colloïdal possèdent des propriétés intéressantes et paraissent devoir être très avantageusement utilisés dans la thérapeutique pratique, mais «il ne faudrait pas, si l'on veut avoir des résultats, employer ces médicaments dans tous les cas, et leur attribuer des propriétés thérapeutiques universelles ».

Il faut également être prudent dans leur emploi ; car si le collargol n'est pas toxique, il ne doit pas cependant être dépourvu de toute toxicité. Un médicament qui agit d’une façon aussi active sur les bactéries et les produits bactériens doit forcément avoir une action sinon identique, du moins sensiblement analogue sur les tissus avec lesquels il est en contact.

Au point de vue de l'emploi du collargol dans la he 3

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thérapeutique oculaire, son action est sensiblement la même que dans l'organisme en général. C'est en effet un bactéricide de premier ordre,et à son action bactéricide nous devons ajouter là aussi son pouvoir catolytique.

Peut-être aussi y a-t-1l accroissement du pouvoir défensif local, comme l'a signalé Godts, dans l’organe visuel par la production d'une leucocytose polynucléaire plus abondante, et conséquemment par une action antitoxique plus marquée.

Il est agressif contre les micro-organismes pathosènes dont il empêche surtout le développement. Il l'est peu ou pas vis-à-vis de la cellule vivante. Il n'est pas caustique, voire même 1irritant, et à ce titre surtout il mérite une place marquée dans le traitement des affections oculaires où l'application de collyres anlisepliques est en général très douloureuse.

Le collargol est en outre très facilement absorbé par les voies lymphatiques oculaires, et a une grande puissance de pénétration, ce qui milite en faveur de son emploi dans les affections profondes, mais surtout dans les affections suppuratives ou non des membranes externes de l'œil.

Enfin les propriétés adhésives du collyre à l’albumine augmentent encore la durée de son action.

Nous allons voir en effet quels bons eftets l'on peut tirer des instillations de collyre au collargol à 1/20 principalement dans le traitement des conjonctivites en général et surtout comme moyen prophylactique contre l’ophtalmie purulente des nouveau-nés. Nous

Nu 3:xerrons également que dans les cas de kératites sup- LT 0 __ puratives ou non, le collargol est un adjuvant précieux. 54 4 Enfin dans certains cas, où l'on pouvait craindre une cal 4 menace de ponophtalmie, l'emploi de l'argent colloïdal M #4 a écarté tout danger et amené une guérison rapide. FLAC # En résumé le collargol doit entrer de plus en plus MS - | dans la pratique ophtalmologique, où ses propriétés | + à antiseptiques, bactéricides et catalytiques trouvent leur EU : 4 emploi d’une façon merveilleuse. 254 4 | : s- . É T0 »

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