‹ Sur l'emploi du collargol dans les affections des membranes externes de l'œilChapitre 18 sur 34 · DT · texte numérisé non relu

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toute chose, il faut être éclectique et que les excès d'opinions sont souvent fâcheux. Aussi, dans bien des cas, devons-nous rendre justice au collargol. Les résultats si favorables obtenus par M. le docteur Bonnaire, ceux signalés par M. le docteur Dauber, en particulier, nous montrent que l'emploi en instillations et lavages de la solution d'argent colloïdal peut et doit rendre d'immenses services.

Le collargol de plus a pour lui un grand avantage, c'est qu'il n’est pas d’une application douloureuse pour le maiade, comme l'est par exemple le nitrate d’argent. Nous savons combien, en effet, les malades traités par les attouchements avec la pierre infernale ou par les instillations et badigeonnages au nitrate d'argent, craignent et appréhendent le moment où l'application doit être faite. La douleur violente et persistante qui en résulte leur est on ne peut plus pénible, et l'autorité seule du médecin et l'opportunité du traitement seuls les contraignent à supporter ce mode de traitement.

Le collorgol au contraire n'est aucunement douloureux. Ilest très bien supporté par le malade. Bien plus, il calme en grande partie les douleurs assez vives inhérentes à ce genre d'affection en particulier.età nombre d’aflections oculaires en général.

En outre l’argent colloïdal pénètre avec une extrême facilité à travers l'épithelium conjonctival et va ainsi livrer une lutte directe à l'agent infectieux. Il est en effet absorbé très facilement par les voies lymphatiques oculaires et a aussi une grande puissance de pénétration,

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ce qui milite en faveur de son emploi dans les affections profondes de l'œil. Enfinles propriétés adhésives du collyre à l’albumine augmentent la durée de son action.

Un dernier avantage que le collargol a sur le nitrate d'argent est, comme nous lavons vu déjà, la nonpropriété qu'a cette solution de tormer des dépôts argentiques sur la cornée ulcérée.

Si donc nous rapprochons les différents éléments de cette rapide étude comparée entre le collargol et le nitrate d'argent, nous voyons que ce dernier a pour lui son grand pouvoir antiseptique et son action caustique. Mais aussi vu la durée d'action du collargol sur les éléments enflammés, vu également la grande latitude comme dose que l’on a dans son emploi, ül peut être dans bien des cas d’une utilité sans conteste.

Il serait donc absolument dénué de fondement d'en prescrire l'emploi en adoptant exclusivement le nitrate d'argent. Et Godts (1) cite même un cas grave qui, après avoir résisté au nitrate d'argent, fut promptement guéri par des instillations de collargol à 5 0/0.

Nous n'avons pu malheureusement expérimenter par nous-même le mode de traitement par le collargol dans l'ophtalmie gonnorrhéique. Mais voici, suivant des maîtres autorisés par leur expérience dans la pratique de l’ophtalmologie, le meilleur mode d'action que l'on peut tirer de l'argent colloïdal en solution dans le traitement de cette affection.

(1) Gots.— De l'emploi du collargol en ophtalmologie.(Socièté médico-chirurgicale d'Anvers, avril 1905.)

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Dans les cas légers, après une ou deux instillations au nitrate d'argent en solution à 2 0/0, on peut continuer le traitement par l'emploi du collargol en nous rappelant toutefois que si l'amélioration ne se produit pas assez rapidement, le nitrate d'argent sera repris jusqu'à jugulation complète de l'affection.

Dans les cas graves, les instillations de la solution au nitrate d'argent seront répétées tous les matins et même parfois deux fois par jour, si le besoin s'en fait sentir, en ayant soin d'éliminer l'excès de nitrate au moyen d'un lavage avec la solution physiologique. Dans l'intervalle des instillations, dans le but de continuer l’action antiseptique de l'argent sans pour cela provoquer de désordre au niveau de la cornée, on pourra user d’un pansement humide ou de frictions avec la solution colloïdale à 20 0/0. Reprenant même les expériences de Crédé et des premiers auteurs qui employèrent cet agent antiseptique, il peut être utile de procéder à des frictions sur les parties avoisinantes de l'œil, sur les aisselles et sur les bras après avoir pris Soin de décaper soigneusement la peau; enfin même d'avoir recours à des injections intra-veineuses de collargol à 2 0/0, injections qui peuvent aller sans nocivité à 0.08 ou 0.12 centigrammes par injection, comme l'ont établi les travaux de Crédé et de nombreux auteurs.

En résumé, dans le traitement de l’ophtalmie purulente et en particulier de l'ophtalmie gonorrhéique, le collargol est un adjuvant de premier ordre, capable de rendre d'immenses services, mais qui ne doit pas

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