‹ Sur l'emploi du collargol dans les affections des membranes externes de l'œilChapitre 22 sur 34 · DE L'EMPLOI DU COLLARGOL DANS LES KÉRATITES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE L'EMPLOI DU COLLARGOL DANS LES KÉRATITES EN GÉNÉRAL

Nous savons qu'on peut considérer dans les affections intéressant directement la cornée celles qui sont accompagnées d’une sécrétion purulente et celles, au contraire, plus bénignes qui ne provoquent qu'une réaction inflammatoire légère.

Nous ne nous étendrons pas sur les symptômes de ces différentes maladies et la manière de les diagnostiquer. Cette étude sortirait en effet des limites de notre travail. Mais nous nous attacherons surtout à démontrer dans la thérapeutique usitée à l'égard de ces affections, l'utilité de l'argent colloïdal et les services qu'il peut rendre au médecin qui l'emploie.

$ 1, — Kératites non suppuratives superficielles.

Parmi cette classe d’affections cornéennes on range généralement la kératite phlycténulaire, la kératite vas-

culaire, l'ulcère transparent, l'herpès de la cornée, enfin la kératite filamenteuse.

Nous avons surtout étudié l'action du collargol dans la kératite phlycténulaire et dans l'herpès de lacornée. Nous renvoyons pour les symptômes de ces deux affections aux divers traités d'ophtalmologie qui en donnent une description détaillée. Disons toutefois que la Kkératite phlycténulaire est surtout remarquable par sa grande fréquence et que les sujets fatigués et les jeunes lymphatiques y sont plus particulièrement prédisposés. Traitée par le collargol cette affection parait évoluer très rapidement vers la guérison. L'ulcère qui fait suite le plus ordinairement à la lésion primitive de la cornée, non seulement se limite rapidement, mais en core se cicatrise avec une grande rapidité. Et si le traitement est pris à temps et suffisamment prolongé, la lésion disparait à peu près totalement. L'action de l'argent colloïdal se fait surtout sentir au sujet des douleurs qu'éprouve le malade et de la photophobie qui en résulte. Le plus fréquemment au bout d'un seul jour d'application de collargol, en tout cas dès le second jour de traitement, la photophobie disparait, l'iris se dilate, et le malade n'éprouve plus aucuns symptômes douloureux. A ce point de vue, seul, le collargol rendrait un immense service. Ces faits nous ont été démontrés dans plusieurs cas de kératite phlycténulaire dégénérée en ulcère simple de la cornée et traités dans le service du docteur Rochon-Devigneau. Nous-mêmes, dans un cas analogue, avons pu voir les effets excellents de l'argent colloïdal dans cette affection.

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Nous employons à cet-effet une solution de collargol à 1 pour 20 grammes d'eau distillée. Deux instillations de ce collyre quotidiennement suffisent pour assurer la guérison. [l est bon néanmoins de laver les yeux ou l'œil du malade avant l'application du collyre avec une solution de cyanure d'hydrargyre à 5/r1.000.

Nous avons parlé également de l’action du collargol sur l’herpès cornéen. Dans un cas, en effet, que nous avons traité par ce médicament, une amélioration notable s’est produite. Il est vrai de dire, pour être complet que la plupart du temps un traitement général bien approprié aide singulièrement à la guérison de l’état local. Toutefois le collargol, dans le cas qui nous occupe, a eu le grand avantage de calmer la pnotophobie du petit malade et de hâter la résolution de la vésicule herpétique, non seulement par ses propriétés antiseptiques, mais aussi par son action catalytique.

Dans le cas qui nous occupe nous avons fait un pansement occlusif de l'œil après instillation de quelques gouttes d’une solution de collargol à 2 0/0. Instillation renouvelée deux fois par jour.

Feilchenfeld (1) avait déjà signalé les bienfaits du collargol dans le traitement de la kératite superficielle scrofuleuse.

(1) Feilchenfeld, T'herapeutische monatshefte, 1904, n° 9.

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