OBSERVATION VI
(Service du D' Rochon-Duvigneaud. Personnelle).
B... Julien, 10 ans, entré dans le service le 7 juin 1906. Le malade à son arrivée présente une kératite phlycténulaire de l'O D, sans phénomène réactionnels très intenses. Il est tout d’abord soigné avec les lavages à l'oxycyanure et à la pommade jaune. Voyant que l’affection semble traîner en longueur, on soumet le malade au traitement par le collargol en instillation dans l'O D. deux fois par jour. Bandeau flottant sur l'œil malade.
14 juin. — Amélioration notable des phlyctènes de la cornée qui présentent un aspect d’érosion en coup d’ongle à la partie inférieure du limbe cornéen.
18 juin. — L'amélioration continue ; on active le traitement en faisant trois instillations par jour.
20 juin. — Guérison partielle.
Les phlyctènes se limitent de plus en plus. Collargol toujours
TO
22 juin. — Guérison avec une opacité cornéenne assez marquée.
Le malade sort ; on lui recommande de continuer le traitement encore quelques temps,
OBSERVATION VII (D* Leloutre)
M'e B... vient me consulter le 20 février 1903 pour une affection occulaire remontant à 3 semaines, dit-elle. Vaste ulcère envahissant les 4 cinquièmes environ de la cornée. Hypopion emplissant plus de la moitié de la chambre antérieure.
Ce qu'on peut voir de l'iris est gris rougeâtre. Œdème et rougeur de la conjonctive Photophobie et grands maux de tête.
Nettoyage sérieux au sublimé de la surface ulcérée et des clapiers qui l'entourent. Injection sous-conjonctivale de quatre gouttes de cyanure au 2/1000.
Ponction de la cornée : évacuation de l’hypopion ; enfin pansement occlusif antiseptique.
Le 2 mars. — Pas d'amélioration; la cornée est tellement jaunâtre et opaque que je ne puis voir si l’hypopion s’est reformé. L’ulcère a plutôt fait des progtès. On ne peut voir qu'un mince croissant de l'iris qui semble toujours assez malade.
Devant ce résultat je me contente de bien laver l’œil au sublimé, puis j'enduis la paupière et la région voisine de pom-
made au collargol à 1$ 0/0.
Pansement par là dessus et friction de pommade au collargol cinq fois par jour pendant 10 minutes aux plis du coude et de l’aisselle.
Le 4 mars - Pas grand changement. Toutefois, légère amélioration, même traitement.
Le 6. — Amélioration notable. Les bords de l’ulcère ne sont plus jaunâtre ni décolés.
Il semble se cicatriser. La conjonctive est moins rouge et n'est presque plus gonflée.
Le 9. Tout le tour de lulcère est cicatrisé. Il s’est formé sur la surface ulcérée une sorte d’escarre ressemblant à une fausse membrane ; avec une pince et des ciseaux, j'enlève ce qui s'en décolle sans effort Mêmes pansements et mêmes frictions. .
Le 11. -— Cicatrisation avance sur la région où j'ai enlevé l’eschare déjà.
Avec une pince j’enlève le reste. Même traitement.
Le 13. — L'oeil est relativement très beau. Conjonctive n’est presque plus rouge. Ce qu'on voit de l'iris paraît d'une teinte normale; la surface de l’ulcère n'est pas du tout jaunâtre ni purulente, mais blanc bleuâtre. Je supprime le pansement que je remplace par des lunettes fumées bombées, et de simples lavages à l’eau boriquée. Je supprime également l'argent colloïdal.
15 mars. — Je vois une dernière fois la malade. Elle a Pair d'avoir un vaste leucome datant déjà de quelque temps. Je ne l'ai plus revue.
TC
OBSERVATION VIII (D' Leloutre).
Le 4 mars. — M .., cultivateur, vient me consulter. Deux jours avant une branche lui a frappé l'œil gauche. Cet œil présente une petite plaie de deux millimètres de diamètre sur le centre de la cornée. Les bords en sont décollés et jaunâtres comme toute la surface de la plaie.
Il y a un léger commencement d’hypopion. Le malade ne souffre pas de la tête, mais il ne peut supporter la lumière.
Je gratte la plaie et ses bords sous le décollement. Pansement occlusif antiseptique et je fait faire cinq fois par jour :es frictions générales à la pommade au collargol.
Le 6. — Pius de trace d’hypopion. Pansements occlusifs et frictions. :
Le 11. — Je cesse tout traitement ; le malade est guéri ne
conservant encore qu’un très léger leucome sans aucune rou-
geur de la conjonctive.
OBSERVATION IX (D° Leloutre).
Le 31 mars. — Je vois W. B..., maçon, qui, cinq jours auparavant, a reçu du mortier dans l’œil gauche. Il a une plaie
cornéenne purulente de 2 à 3 m m. de diamètre.
Use
Commencement d'hypopion; photophobie interne; douleurs dans le front et la tempe. Rien à l'iris.
Je ne fais ni curettage, ni pointes de galvano-cautère, ni injections sous-conjonctivales, ni même de pansement. Mais j'ordonne simplement des lunettes fumées, bombées et des lavages au sublimé avec frictions de collargol cinq fois par jour sur les paupières, la tempe, le pli du coude et l'aisselle.
L'amélioration n'a pas été trop rapide mais l'état n'a pas empiré. L’hypopion n'a disparu que le 8 avril et guérison com
plète le 18 avril.