CONCLUSIONS
Nous venons de voir par l’étude succincte des propriétés chimiques, physiques et physiologiques de l'argent colloïdal que ce dernier est, à plus d’un titre, un excellent moyen entre les mains du clinicien et principalement de l’ophtalmologiste dans la lutte qu'il soutient sans cesse contre les diverses manifestations septiques de l'organisme et surtout des membranes externes de l'œil.
[Il a en effet un pouvoir antiseptique énergique auquel s'ajoute une puissance bactéricide de premier ordre. Son pouvoir catalytique vient en outre. fortement en aide à ses autres propriétés. Enfin, il n'est pas toxique pour l'organisme, puisque tout en détruisant les microorganismes qui infectent notre individu, il respecte d'une façon parfaite les cellules vivantes de l’organisme.
Etudié directement en clinique comme agent thérapeutique, le collargol dans le traitement des conjonc-
Re
tivites simples non suppuratives et surtout dans celui des conjonctivites purulentes, est un auxiliaire précieux. Dans la conjonctivite gonnorrhéique où nous avons affaire avec un agent particulièrement virulent et néfaste pour la conjonctive et la cornée, il ne serait pas suffisant de l'employer exclusivement à tout autre médicament. Ici le nitrate d'argent conserve toujours les droits qu'il a acquis en clinique par de brillants succès confirmés par une longue expérience.
Dans les kératites simples et mème parenchymateuses, on doit toujours avoir recours au collargol avant et concurremment aux autres médications.
Enfin, dans les kératites purulentes, c’est-à-dire, dans les ulcères infectieux de la cornée, l’argent colloïdal a été définitivement introduit dans la pratique par les expériences cliniques que notre maitre, le professeur de Lapersonne, a déjà publié et continue a faire sur l'action de ce médicament. Nous-même, par les observations que nous avons prises dans le service du docteur Rochon-Duvigneaud, nous avons pu nous convaincre de l’efficacité de son intervention dans la marche de l'affection.
Nous venons d'étudier aussi l'action thérapeutique du collargol dans quelques cas de panophtalmie. On peut en conclureque l'argent colloïdal surtout au début de cette affection, peut rendre de véritables services. Toutefois 1l ne faut pas s'illusionner à son sujet sur ce point. Car la panophtalmie est toujours une maladie extrêmement grave, presque toujours non guérissable quant à la conservation de la vision de l'œil attaqué.