‹ Sur l'emploi du collargol dans les affections des membranes externes de l'œilChapitre 6 sur 34 · M..LE PROFESSEUR DE LAPERSONNE · texte numérisé non relu

M..LE PROFESSEUR DE LAPERSONNE

Professeur de Clinique ophtalmogique à l'Hôtel-Dieu de Paris. Chevalier de la Légion d'Honneur.

Hommage de reconnaissance

el de sincère dévouement.

PRÉEAMBULE

Depuis les recherches de Raulin les sels d’argent ont toujours été considérés comme des antiseptiques puissants, mais d'un emploi malheureusement difficile et assezfspécial. En 1896, en Allemagne, on expérimenta avec assez de succès le lactate et le citrate d’argent sous les noms d'actol et d'itrol. Mais malgré leur pouvoir bactéricide énergique et bien constaté ils ne furent que peu employés. En 1897, Crédé qui avait participé à ces études, expérimenta alors une forme allotropique de l'argent découverte en 1889 par Carey Léa et à laquelle on donna le nom d’argentum colloïdale. Ce corps fut alors employé en pommade sous le nom d'onguent de Crédé et donna des résultats favorables en diverses affections microbiennes telles que : lymphangite, phlegmon, angine phlegmoneuse, manifestations septiques de la diphtérie, etc. Malgré sa valeur thérapeutique son emploi ne s'était pas répandu et il était tombé dans un oubli profond lorsqu'il fit une brillante réapparition dans la pratique sous le nom

re

de collargol. Ce fut un véritable engouement. On l'employa comme une panacée universelle, même dans la médecine vétérinaire. Il devait guérir toutes les infections.

En 1901, Coon employa l'onguent de Crédé dans l’épididymite et obtint des résultats favorables aussi bien que dans les autres méthodes de traitement.

En 1903, d’après les travaux de Netter, Dworezky, H. Schmidt, etc., ce mode de traitement par le collargol s'étendit à la plupart des maladies microbiennes et infectieuses. On l'employa par exemple dans les cas graves de péricardites, de méningites cérébro-spinales suppuratives, de typhus, de scarlatine, de tuberculose milliaire aiguë et de pyémie. Dworezky en particulier va même jusqu'à prédire au collargol le plus brillant avenir, notamment dans le traitement des infections puerpérales et gynécologiques ainsi que dans d’autres maladies d'infection compliquées de septicémie.

En 1904, l'argent colloïdal a été dans le traitement de l'érysipèle l'objet d'un traitement favorable de la part de Warrey Colemann et de G. Bjorkman. Dans un cas de chorée septique, Edsall s’est servi avec avantage des injections de collargol au moyen desquelles, dit}, il a pu guérir la maladie. Nous aurions encore beaucoup à dire s'il fallait citer toutes les observations où l'emploi du collargol, malheureusement trop souvent associé à d’autres méthodes thérapeutiques.a paru détruire l'infection et guérir la maladie.

Dans bien des cas le succès ne répondit pas à l’attente générale, et bientôt on commença timidement

du

sinon à en dire du mal du moins à mettre en doute ses succès thérapeutiques. De toutes lés observations publiées il faut surtout retenir ce fait que l'argent colloidal esl un bon adjuvanl antiseptique, maïs ne peut pas remplacer d'une façon absolué, comme on a voulu le croire tout d'abord, les armes sérieuses et éprouvées qui sont à notre disposition dans la lulle contre les microbes et les loxines élaborées dans l'organisme.

À Lyon, le docteur Weïll employa le collargol d'une façon méthodique en frictions dans des cas de méningite cérébro-spinale, de pneumonie, d'érythème noueux à poussées successives. Mais il n’a pu obtenir de résultat satisfaisant ou tout au moins appréciable.

Broca employa le collargol en frictions dans les pérlostites, les ostéomyélites, et n'obtint pas de résultats satisfaisants.

En un mot:

« Employé, écrit Scrini, avec un certain succes sous « la forme d’une pommade (onguent de Crédé) ou en « injections intra-veineuses dans quelques maladies « infectieuses, il a été aussi préconisé contre des aftec- « tions oculaires dépendant d’un état infectieux, irido- « choroïdite, iritis, panophtalmie, avec des résultats « douteux » (1).

Toutefois, si l'emploi sous ces deux formes de ce nouveau corps, en thérapeutique, n'a pas donné tout ce qu'on en attendait ; 2! paratl certain que son usage

(1) Scrini, Précis de thérapeutique oculaire, Paris, 1904, p. 270.

ÉRR CT | M

local contre les infections des membranes externes de l’œil a donné les meilleurs résultats.

Expérimenté et essayé par notre Maitre, le Professeur de Lapersonne, par le docteur Rochon-Duvigneaud et par nous-même dans les kératites phlycténulaires et purulentes principalement, il a donné d'excellents résultats. Si bien que nous avons cru utile d'attirer l'attention plus spécialement encore sur ce médicament et d'en faire l'objet de notre thèse inaugurale.

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