‹ Sur l'enseignement de la botanique à ParisChapitre 2 sur 2 · DEUXIÈME NOTE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME NOTE

Séance du 27 mars 1857.

La Société daignera se rappeler que, dans la séance du 23 mars 1855, nous nous sommes rendu l’organe des réclamations qu’avait fait surgirde toutes parts la suppression des chaires vacantes au Muséum et à la Sorbonne par la mort prématurée d’Adrien de Jussieu. Il nous a paru que la Société avait regardé comme démontrées la haute convenance, la nécessité même du rétablissement de ces chaires, et nous avons des raisons personnelles de croire que le ministre auteur de cette mesure regrettable était sur le point de reconnaître généreusement son erreur lorsque la mort est venue le surprendre lui-même.

Aujourd’hui l’espoir d’une réparation semble s’être éloigné; la situation est même aggravée par une nouvelle mesure, en apparence favorable à la botanique, en réalité funeste à son enseignement et à celui des sciences en général : nous voulons parler de la création d’une chaire de Physique végétale au Muséum, en vertu d’un décret portant la date du 4 de ce mois. Pas plus qu’en 1855 nous ne déserterons la discussion et nous ne nous départirons de la liberté tempérée qui est pour nous un droit et comme la continuation d’un premier devoir accompli avec l’approbation de la Société. Aussi bien nous n’avons pas à nous occuper des personnes, mais de l’acte en lui-même.

La forme dans laquelle cet acte s’est produit a pourtant aussi quelque importance. En 1853, le ministre de l’instruction publique s’était prévalu, pour la création de la chaire de paléontologie au Muséum, d’une sorte d’enquête à laquelle l’assemblée des professeurs de cet établissement avait pris part; on mettait,

il est vrai, de côté leurs objections, mais iis avaient du moins été admis à les présenter. Aujourd’hui, si nous sommes bien informé, on aurait considéré la création de la nouvelle chaire comme tellement urgente, qu’on n’aurait {)ris le temps de pressentir sur la (|ueslion ni le dii'cetcMir du Muséum, secrétaire perpétuel de l’Académie des seiences, ni aucun des autres professeurs*, ils n’auraient eu connaissance du décret que par le Moniteur^ et il aurait été presque en meme temps, comme pour couper court à toute remontrance, enjoint à l’administration du Muséum de procéder sans délai à l’installation du nouveau professeur. On se serait. souvenu de ce qui s’était passé récemment au Conservatoire des arts et métiers, dans une circonstance analogue. Un décret avait pi’ononcé, et l’on semblait résolu à passer outre. Quoi qu’il en soit, ce seraient là des griefs accessoires que l’administration du Muséum serait seule en position de relever.

Hâtons-nous de rentrer sur le terrain des considérations générales que nous avons déjà essayé de taire valoir en 1855 contre les créations indiscrètes de chaires nouvelles, même quand ces créations profitent aux hommes les plus distingués, les plus honorables, à ceux dont les titres sont exclusivement scientifiques.

Vainement fera-t-on sonner bien haut les progrès continuels de la science, dont il faut sans doute (pie l’enseignement constate la marche rapide en la secondant ; il est évident ipie le nombre des chaires existant à la fin du (Uuaiicr sièi'le ne suffirait jilus aux besoins de l’époque actuelle : aussi a-l-il été successivement ac- (U’u; mais là, comme jiartoul, l’excès est un défaut. On ne man- (piera jamais de prétexlcs plaiisildes pour procurer à un savant a làvoris(3r une position de ce genre. S’agit-il d’un pothèse peu vraisemblable de nos jours, à voir la façon [nvers la bolaniqne), on n’aura (pi’à ouvrir le pre-

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inier traité venu de bolani([ue : iiLil doute que chacun des grands chapitres qui le conqiosent ne puisse former le titre ou la matière d’un cours spécial très présentahlc, dont il serait tout aussi facile de vanter les mérites dans l’exposé de motifs d’un décret ({uecela s’est prati(iué pour (jiielques autres. Dans une hranche d’administration quelconque, le tact de l’homme d’État consiste précisément en ceci : ne pouvant tout faire, à savoir ehoisir; étant exposé à mille exigences, à maintenir, sans acception de persojme et dans les limites d’une sage économie, une juste proportion entre les divers services dont la direction lui est confiée.

Nous venons de le dire, rien de plus facile que d’inventer des chaires nouvelles; ajoutons que rien n’est plus populaire, et c’est là un autre danger. Le public bien intentionné voit avec faveur ces créations; c’est à ce sentiment louable que s’adresse le décret du h mars ; c’est en particulier l’intérêt incontestable qu’excite l’agriculturc, qui est mis en avant pour colorer la mesure. Il faut aller, nous dit-on, au secours de l’agriculture, «parce qu’elle est encore un art empiiique. « Nous pensons qu’il n’était pas besoin, pour lui imprimer de plus en plus le caractère scientir!(|ue vers le([uel elle tend visiblement depuis un certain nombre d’années, de la sui)erfétation d’un cours de physique végétale au Muséum , car nous ne doutons pas que les professeurs d’agriculture établis dans diverses écoles ne suivent pas à pas les découvertes en cliimie, en physique, qui se rattachent à l’objet de leurs cours.

Mais on ne se tient pas [)Our satisfait des progrès que font chaque jour les sciences, appelées à apporter incessamment leur tribut à l’agriculture. On reconnaît « qm; les cours existant dans les grands établissements scientirupiespourla botanique, la culture, la chimie agricole et la météorologie touchent chacun par (pielque côté au problème delà production végétale. » Apparemment tous non-seulement y louchent, mais en scrulcjit chacun, dans la mesure qui convient, la donnée complète. Ce n’est point encore

assez : 011 se plainUiiraiicim de ces cours ne «résout» ce grand problème « dans tous ses rajiports avec les nombreux agents qui s’y confondent. » Résoudre, l’expression est hardie. Unescieni'e quelcoiii pie est-elle aujourd’hui en mesure de le faire complètement et d’une manière satisfaisante? Nous en doutons, quel que soit le mérite du nouveau professeur et de ses expériences que l'exposé des motifs ajipclle « décisives. » On nous promet que l’agriculture va tout à coiq* sortir de sa routine quand « les (déments multiples que la végétation concentre en elle-même seront devenus dans leur ensemble l’objet d’un enseignement synthétique. » Nous ne demanderions pas mieux que de voir éclater ce prodige de la nouvelle synthèse; mais provisoirement nous ne (Comprenons pas qu’un si grand résultat puisse être obtenu par ('(da seul qu’un chimiste aura concentré dans son « laboratoire,» (jLielquc remarquable qu’il soit, l’examen des phénomènes qui sont du ressort de plusieurs sciences distinctes. Nous le déclarons humblement, il nous semble que la première condition, pour parler d’une manière pertinente des plantes et de leurs fonctions vitales, est d’être botaniste, de l’être un peu si l’on aborde ces questions dans un cours de chimie ou de physique, de l’être à unbaut degré si l’on est appelé à en résumerrensemble.

.Mais cette laineuse méthode synthétique qu’on met en avant n’est pas, que nous sachions, une découverte : elle a toujours, et né(‘cssairem(3nt, été pratiquée plus on moins; elle existe au xMuséum avecl’amjdeur que les découvertes successives lui ont donnée (d l’autorité ipii s’attache aux })rofesseurs qui en sont les interprètes. Rien n’empêchait (pic les découvertes jiersonnelles an nouveau professeur ne vinssent y figurer à leur rang, après (pi(‘ les juges coin[)étcnts auront reconnn qu’idlcs sont réellement « décisives. »

(juni (pi’il ('n soit, une chaire spéciale de physiipie végétale* existe désormais : summum jus! mais il y a lieu de compléter le

brocard de droit : summa injuria; c’est ce que l’application de la mesure achève de démontrer. 11 tant faire une place au professeur aux dépens de ses collègues, il faut dresser tant bien ([ue mal un programme officiel, travail pénible à tous égards pour l’assemblée du Muséum.

Or, il existe quatre cours sur lesquels le même professeur est autorisé à prélever la matière de ses leçons. Ya-t-on interdire aux autres professeurs d’aborder les mêmes sujets; leurs cours en deviendraient ou trop incomplets ou impossibles. L’enchaînement des matières est tel , l’ordre des idées que le maître doit développer à ses auditeurs pour se bien tbire comprendre est si impérieux, que chacun d’eux devra continuer à faire à peu près ce qu’il faisait auparavant. 11 n’y aura rien de changé dans les leçons de M. Becquerel, professeur de physique appli- (|uée, et de M. Ghevreul, professeur de chimie appliquée aux corps organiques (ce sont les titres actuels de ces deux chaires). L’année dernière, M. Becquerel a traité de la physique appliquée à la météorologie, aux sciences naturelles et à l’agriculture (ce sont les termes de la dernière affiche) ; rien ne l’empêchera, pas plus que M. Ghevreul, à mesure que la série des phénomènes généraux l’y conduira, d’aborder les questions de la com[)osition de l’air et de sa décomposition dans les parlies vertes des plantes à la lumière ou à l’obscurité, de l’absorption de l’azote dans l’air, démontrée par M. Boussingault, de la nutrition, des sécrétions, de la composition des matières végétales, etc. Apparemment, tous ces phénomènes intéressent ce (pie le décret appelle le jihénomène de la « production végétale, » objet essentiel, dit-on, du nouveau cours. A plus forte raison n’ôlera-t-on pas la parole sur de pareils sujets ni à ÎM. De(?aisne, professeur de culture, obligé à serrer de plus pi‘ès le « phénomène de la production végétale, » et (pertes bien ca[)ablc de le faire, ni au professeur de botanhpie, celui de tous (jui

est le plus naturelh'iiieiil apjielé à résumer (eûtes ees eouiiaissaiiees. Cette dernière obsei’vation répond, selon nous, péremptoirement à l’assertion de l’exposé des motifs (pitM'liaeun des professeurs, retenu « dans les limites du pi-ogramme au(|uel il doit satisfaire, ne peut envisager la question (pie sous un aspeet particulier direct. » Et si cette assertion allait jusqu’à reproelier aux professeurs de passer légèrement sur des questions im[)ortantes, nous aurions quelque droit d’aftirmer, en notre ipialité d’habitué du Muséum depuis ])lus de quarante ans, que ces professeurs, pas plus que leurs devanciers, les Vauquelin, les Laugier, les Desfontaines, n’ont jamais rien omis de ce qu’il y a d’essentiel, de « décisif, » comme on dit, et de leur com|)étence, dans les notions admises de leur temps.

De compte fait, nous avions déjà quatre professeurs, dont deux, faisant ^au point de vue de la physique végétale une sorte d’analyse très suffisante des phénomènes, et deux groupaient ces phénomènes par voie de synthèse. A moins de prétendre (luc ees (piatrc professeurs sont au-dessous de leurs fonctions, on est forcé de reconnaître que le besoin d’une cinquième chaire ne se faisait [)as sentir.

Cependant, il y avait, comme ou disait jadis à la Chambre, (piclque chose à faire, et nous serons d’autant plus à l’aise pour le dire, que ce sera pour nous une occasion naturelle de rendre hommage au talent d’un de nos maîtres les plus célèbres, M. Brongniart. Nous aurions un j’e[)ro('Jie à adresser à son cours: c’est (pi’il est, si l’on peut s’ex[»rimer ainsi, tro[) bon, trop complet. L’enseignement, au lieu de rester sommaire et de se renfermer, eomme du temj)s de Desfontaincs , dans l’espace d’une année, s’est étendu d’abord à deux années, comprenant l’une la botanique pro[)rement dite, l’autre l’anatomie et la physiologie; aujourd’hui à trois, dont une spécialement consacrée à la cryptogamie et à la botaniipic fossile.

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Comme nous l’avions prédit, la eréatioii du cours de paléontologie lie jiouvait nous jiriver d’euteudre M. Brongniart sur la botanique fossile qui lui est redevable, [ilus qu’à personne en France, de son aeeroissemenl. D’autre pari, le [irofesseur introduit chaque année dans ses leçons des explications d’une admirable clarlé sur les idées nouvelles , sur les découvertes réelles dont la science s’est enrichie dans chacune des divisions de son programme. Le botaniste déjà exercé est sûr, avec IM. Brongniart, d’êire toujours au courant de ce qu’il est essentiel de savoir pour se perfectionner; les débutants, qui n’ont tout au plus qu’une saison à consacrer aux notions générales, sont moins attirés vers un cours qui, en effet, ne se trouve jilus assez accommodé à leur usage. Or, nous croyons être dans le vrai en soutenant que les deux cours de botanique, si longlenqis et si glorieusement personnifiés dans Desfontaines et .lussieu, sont essenliellement des cours qu’on pourrait ap[)eler d’initiation , et que leur première utilité a consisté à réjiandre dans le inonde le goût de la

science.

Si tant est (pie iM. Brongniart ait encouru le reproche si rarement mérité de troj) bien faire, en est-il seul responsable? Non, sans doute. 11 faut s’en prendre aux mutilations que renseignement de la botanir[ue a subies. Lorsque la chaire d’Adrien de Jussieu à la Sorbonne était debout, deux professeurs de la Faculté s’y partageaient le haut eirscignement. Dès lors, celui du Muséum pouvait, sans détriment pour la botanique en général, rester plus élémentaire. Concluons de tout ceci que ce qu’il y avait à laire était de relever la (diaire supprimée de la Faculté.

Cependant, (pie se passe-t-il en même temps à la Sorbonne? Nous avons sous les yeux le programme de ce que, par synecdoche. on appelle le second semestre de la Faculté, qui a commencé le 16 mars pour s’interrompre aux vacances de Pâ-

ques et liiiira comme d’habitude en juillet; le premier, comme d’habitude aussi, aura duré à peine trois mois effectifs : le tout à deux leçons par semaine, quelquefoisune seule pour chaque prolesseur de la Faculté. Encore ne tenons-nous pas compte des fêtes dont le programme est surchargé et (pie la Faculté chôme scrupuleusement. Ces remarques, applicables dans une certaine mesure à la plupart de nos établissemenis d’instruction publiciue, ne sont pas déplacées, car elles nous ramènent à notre sujet, en ajoutant une cause fort simple à toutes celles /pii tendent à multiplier les chaires. Que les chaires actuelles soient plus assidûment occupées, et peut-être l’ardeur des candidats pour en faire ériger d’autres trouvera-t-elle moins d’appuis. Cet abus, aucun des professeurs n’en est plus responsable que son voisin, et plusieurs, nous le savons, s’en plaignent eux-mêmes; c’est aux doyens des diverses Facultés, au recteur et, en dernier ressort, au ministre, de tenir la main à ce que les programmes soient toujours sérieux.

Loi’squ’à la chaire d’Adrien de Jussieu, à la Sorbonne, il en fut substitué une dite de physiologie générale, on nous avait annoncé que celle-ci ferait une part à la botanique, et nous nous étions défiés de cette promesse dont l’exécution était remise à un savant éminent, sans doute, mais seulement zoologiste. Sans doute, il a fait mention des plantes, mais pas assez à notre gré. Nous en attesterons l’affiche du second semestre; le professeur en est encore aujourd’hui, comme en 1855, aux « phénomènes de la nutrition dans leurs rapports avec les phénomènes des développements, » Or, c’était bien de physiologie végétale que nous avions le droit d’entendre parler, avec quelque variété d’aperçus, dans un cours de physiologie générale; désintéressés (pie nous sommes d’ailleurs, ou à peu près, à l’égard du double emploi en zoologie , résultant de la physiologie comparée de M. Bernard et de celle que M. Geoffroy Saint-Hilaire est tenu

de professer aussi à lainêineFaciillé, chaire.

en conformité du titre de sa

Quant au cours de botanique à la Sorbonne, M. Payer traite, dans ce second semestre, de la classification naturelle et des principaux groupes de plantes; dans le semestre précédent, il avait, ce nous semble, développé une autre portion de ce vaste sujet. L’organographie végétale, dont il est aussi chargé, est forcément remise à une autre année; et il en sera toujours de même de deux en deux ans. C’est une situation presque semblable à celle qui est faite à M. Brongniart au Muséum; tous deux souffrent, et la botanique avec eux, de la suppression de la chaire de Jussieu à la Sorbonne en particulier, déviation fâcheuse du règlement d’études de 1810, lequel avait renfermé les cours de botanique en une année, pour la plus grande commodité des étudiants, le temps que la plupart d’entre eux peut consacrer aux sciences naturelles n’étant pas lui-même plus étendu.

Voilà donc où nous en sommes au ùluséurn et à la Sorbonne. Au contraire, à la Faculté de médecine et à l’Ecole de pharmacie, l’enseignement de la botanique n’a souffert aucun dommage ; il s’est même agrandi et fortifié, grâces au zèle de M. le professeur Chatin, qui s’est porté bravement héritier d’Adrien de Jussieu dans les herborisations générales. I.e succès a couronné ses efforts.

Optimam pariem elegii, quæ non auferelur (1) ah eo.

Ce service signalé que M. Cbatin ajoute à ceux qu’il a déjà rendus à la science, lui sera certainement compté.

ICartoLit ailleurs les établissements scientifiques perdent les caractères distinctifs qui leur avaient été assignés à l’époque de leur fondation : les genres se confondent, signe certain de décadence

(1) Evang, Luc., XI, à‘2.

qui n’est pas applicable seulement à la littérature et en particulier à l’art dramatique, car l’esprit humain dans toutes ses visées est assujetti aux mêmes lois logiques. Sous prétexte de méthode, les formes vraiment didactiques s’altèrent et la fantaisie les remplace; l’enseignement est souvent insuffisant sur des points essentiels, et là où il surabonde, il est compromis par cela même. Ce serait un nouveau pas vers l’anarchie scientifique dont nous menacent quelques esprits chagrins, préoccupés surtout des symptômes que présente à cet égard la taxonomie , vivant dans l’attente de quelque grand législateur qui, sans doute, promulguera des tables nouvelles de la loi au milieu des éclairs du génie. S’il était vrai que le mouvement oscillatoire à longues périodes de l’esprit humain nous eût rapprochés aujourd’hui d’une telle extrémité et nous ménageât dans l’avenir de si glorieux retours, il ne faudrait pas du moins que l’administration publique, gardienne des principes de l’ordre, portât si souvent du mauvais côté le poids de son intluence.

La Société botanique de France ne pouvait rester indifférente à ens atteintes successives portées â la botanique. Aussi s’en est-elle émue. Elle remarque le découragement porté dans les rangs des jeunes savants, espoir de l’Institut, devant lesquels se ferment plusieurs des routes parcourues déjà par eux avec distinction, et qui devaient les conduire au but en leur assurant, avec des positions honorables, une juste rémunération de leurs travaux. Elle déplore le dépérissement des privilèges du Muséum; à mesure que nous voyons s’augmenter le nombre des professeurs, nous sentons se relâcher le lien qui les unit encore, s’affaiblir un esprit de corps qui, jusqu’à ce jour pourtant, n’a pas cessé de se manifester au profit de la science et de la dignité qui convient à son culte. Une administration collective, d’origine et de forme républicaines, se servant â elle-même de conseil de perfectionnement, pouvait avoir ses défauts comme la constitution

anglaise a les siens; mais on en pouvait dire aussi : U works well (elle tbnctionne bien). Aujourd’hui nous la voyons glisser sur la [)ente qui la conduira à subir le joug d’une direction permanente, tout au plus supportable dans un Buflbn, et que Cuvier n’aurait pas acceptée : Diiomenavertant!

Nous n’espérons pas que nos observations, quand même elles seraient appuyées par une démarche quelconque de la Société, ce que nous reconnaissons être en dehors de ses attributions et de ses habitudes, portent immédiatement leur fruit : mais il nous a semblé qu’en l’absence d’interventions plus autorisées et des recours que la constitution actuelle de l’Etat ne comporte plus, il convenait que le décret du li mars ne fût point passé sous silence dans cette enceinte. Bien que notre légitime attente ait déjà été trompée plus d’une fois, nous ne nous lassons })as d’en appeler au gouvernement lui-même, et nous croyons lui témoigner en cela notre respect.

Paris, — linprimarie de L. Martinet, rue Mignon , S,

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