‹ Sur l'équilibre d'oxydoréduction des oxypurinesChapitre 20 sur 21 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Les déterminations effectuées au cours de ce travail peuvent être examinées au double point de vue physicochimique et physiologique.

Il y a lieu tout d’abord de comparer.les variations d’énergie libre AF avec les chaleurs de réaction à pression constante AH déterminées par BERTHELOT, quoique celles-ci se rapportent à l’état solide.

On a pour l'oxydation de l’hypoxanthine en xanthine suivant l’équation :

CGHIN4O + H,0 —> CHN,O, + H, AFs1o — + 600 calories AH — + 5000 calories

et pour Poxydation de la xanthine en acide urique, suivant l’équation -:

CHNaO, + H,0 > GEN,O, + AFsrto — +- 5700 calories AH — + 12000 calories.

Dans son mémoire sur la thermochimie des oxypurines, BERTHELOT fait remarquer qu'il y a décroissance dans la chaleur dégagée par la combinaison successive des atomes d'oxygène et que ceci est conforme à une relation générale dans les combinaisons formées en proportions multiples, à savoir : que la chaleur dégagée par les combinaisons successives de deux éléments ou de deux corps déjà composés va en diminuant plus ou moins rapidement que l’un des éléments s’accumule.

On voit que la variation d’énergie libre correspondant à l’oxydation du groupement :

ed SAN RreE NH

ScH se N/ NH” “OH NH/

va aussi en croissant du premier au deuxième stade d’oxydation.

Il n’est pas possible de discerner si cette croissance est due à la différence de position du groupement qui cède l'hydrogène ou à une différence dans l'énergie de l’hydratation qui précède l’oxydation. |

En ce qui concerne la chimie des organismes, les résultats de ce travail permettent de considérer la synthèse des purines du point de vue énergétique. De la manière courante, les formations des divers constituants cellulaires sont simplement envisagées comme des réactions individuelles se faisant grâce à la

présence de catalyseurs spécifiques. WurmMsEer a cherché à établir une relation entre les synthèses multiples qui permettent aux cellules de conserver leur composition chimique. Dans cette théorie, certaines phases du métabolisme sont des oxydoréductions réversibles en équilibre entre elles et avec les systèmes électroactifs des cellules. Or le potentiel des milieux cellulaires a une valeur voisine de — 0,050 volt. Les potentiels normaux à 380 et à pH — 7 des systèmes hypoxanthine-xanthine et xanthine-acide urique sont respectivement — 0,407 volt et — 0,353 volt, c’est-à dire ont des valeurs négatives beaucoup plus grandes que le potentiel cellulaire. On doit done penser que l'oxydation des oxypurines ne constituë pas une phase réversible dans l’organisme.

On peut se demander toutefois si dans un territoire limité de la eellule où se ferait précisément une telle transformation, le potentiel n’est pas différent de la valeur admise pour l’ensemble du cytoplasme. Etant donné que les dérivés puriques entrent spécialement dans la constitution du matériel du noyau, il vient à l’idée que le potentiel du milieu nucléaire peut différer de celui du reste de la cellule. RaPpkine et WurmMser (?#) ont bien trouvé par micro-injection d'indicateurs dans les noyaux de certaines cellules que le potentiel est le même que celui du cytoplasme. Mais il s’agit ici du potentiel des systèmes électroactifs en équilibre rapide contenu dans les cellules et non du potententiel dû aux systèmes lents. Ce dernier est le potentiel vrai qu’il faut considérer pour ce qui nous occupe et on ne connaît pas sa valeur pour le noyau. Cependant, rien à la vérité ne permet de croire que ce potentiel diffère de celui du cytoplasme. En outre les travaux des physiologistes montrent que le passage de lPacide urique à la xanthine ou à lFhypoxanthine ne parait pas pouvoir se réaliser dans les tissus et l’on sait d’autre part, depuis KosseL, que les oxypurines ne sont que des produits secondaires formés aux dépens de ladénine et de la guanine : ils ne doivent donc pas participer à des équilibres cellulaires fondamentaux.

Il y a par conséquent un accord complet entre nos résultats et ce que Pon sait du comportement des oxypurines dans les organismes.

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