INTRODUCTION
A l’époque où les connaissances étiologiques sur la plupart des maladies étaient à peu près inexistantes, on attribuait généralement un rôle très important au traumatisme dans la genèse des états morbides les plus variés. Depuis le moment où la doctrine pastorienne a permis de reconnaître la véritable cause d’un certain nombre de maladies, leur origine traumatique est apparue de plus en plus douteuse. Ainsi, avant l’époque où VILLEMIN ait découvert la nature infectieuse de la tuberculose, on pouvait fort bien admettre qu’un traumatisme puisse donner naissance au processus tuberculeux. Depuis que nous savons que la tuberculose ne peut exister sans l’intervention du bacille de Koch ou tout au moins de sa forme filtrante, nous comprenons mal comment le traumatisme pourrait intervenir dans la naissance de la maladie.
Il existe néanmoins des observations cliniques et des données expérimentales qui ne laissent pas de
doute sur la possibilité du rôle d’un traumatisme en
SAR ren
tant que facteur déclenchant. De tels faits ont été relatés depuis les temps les plus anciens de la médecine. TRAMINI a trouvé les traces de cette conception chez les auteurs de l’antiquité grecque.
En France, dès la fin du xvur siècle, PoRTAL a publié plusieurs observations de phtisie pulmonaire succédant à des traumatismes thoraciques. Plus tard, LaRREY, puis NÉLATON insistèrent sur le rôle du traumatisme dans la genèse des diverses localisations tuberculeuses. Notons néanmoins que des cliniciens tels que LAENNEC et ANDRAL nièrent toute possibilité d’étiologie traumatique pour la tuberculose.
Pendant la deuxième moitié du xix° siècle les observations se multiplient en faveur du rôle possible du traumatisme. VERNEUIL et ses élèves (BoUVIER, ROQUES D’ORBCASTEL, TURQUET DE BEAUREGARD, etc.), publient de nombreuses observations. À Lyon, TEIs- SIER, puis PERROUD apportent de précieuses contributions à ce problème. Avec LÉBERT, le traumatisme passe pour être l’une des causes les plus fréquentes de la phtisie. Les faits les plus importants en France sont ensuite dus à CHAUFFARD et à Mosny. Les travaux de LANNELONGUE et ACHARD ont mis au point le côté expérimental du problème.
Les littératures médicales étrangères sont également très riches de données de valeurs diverses sur la question des rapports de la tuberculose avec le traumatisme. Les premières expériences sont dues à Max ScHüLLER en 1880. Les premières statistiques pa-
rurent également en Allemagne (HonsELL, Voss).
Le TE urnes
La question que nous nous proposons de résumer dans ce travail a donc fait l’objet de nombreux travaux. Elle a, en effet, à la fois un intérêt doctrinal et une importance pratique. Au point de vue théorique, il est intéressant de savoir dans quelle mesure une maladie incontestablement infectieuse, telle que la tuberculose, peut subir linfluence d’une cause aussi peu spécifique qu’un traumatisme.
Au point de vue pratique, l’appréciation du rôle exact du traumatisme a une importance considérable dans une expertise pour accident de travail. Ce problème pratique est essentiellement subordonné à la question théorique. Comme cette dernière n’a reçu jusqu'ici aucune solution satisfaisante, l’établissement d’une tuberculose traumatique ne se base aujourd’hui que sur des soupçons plus ou moins vagues,
CSL
nn de 2 2 | AA
ss di