CHAPITRE IV
CONVENTIONS SANITAIRES INTERNATIONALES, de 1892 à 1897
Le choléra avait encore envahi l'Egypte en 1883, importé par un navire infecté, et fait plus de 50.000 victimes ; en 1884 il avait atteint Toulon et s'était répandu en Europe ; de 1881 à 1886 plus de 20 navires venant d'Extrême Orient en Europe avaient présenté des cas de choléra au départ où pendant la traversée, et même jusqu'en Méditerrannée (« Crocodil ») ; des petites épidémies s'étaient révélées dans le Finistère en 1890 et à Paris en 18g2 ; en 1891 une épidémie se déclara au lazaret de Camaran à l'entrée de la Mer Rouge et se répandit au Hedjaz malgré une quarantaine de un à dix jours; ces quelques exemples montrent que la défense de l'Europe était encore insuffisante : c’est que l'Angleterre délivrait des patentes nettes à ses navires partant de l'Inde quand l'état endémique ne se compliquait pas de poussées épidémiques ; au canal de Suez la surveillance élait défectueuse et faite par un personnel insuffisant ou même vénal ; des pélerins riches pouvaient éviter
les mesures sanitaires.
L'œuvre des Conférences suivantes fut de régler par des accords internationaux les mesures à opposer au choléra en faisant bénéficier la police sanitaire d’une acquisition récente : la découverte par Kocn, en 1883, de l'agent pathogène, le vibrion cholérique dans l'eau et dans les selles des malades, à Calcutta ; cette découverte confirmait l'importance de l’eau et des objets souil-
lés dans la transmission du choléra.