PREMIÈRES MESURES DE PROPHYLAXIE MARITIME LES QUARANTAINES
L'Institution de Conventions sanitaires internationales établies en vue de la défense des nations contre les importations de maladies pestilentielles, peste, chcléra et fièvre jaune, fut une œuvre longue et laborieuse, dont le Gouvernement français prit l’initiative et dont les premières bases ne furent jetées que dans la seconde moitié du xiIx° siècle. Celte œuvre de coopération internationale, dirigée contre des fléaux communs, fut précédée pendant des siècles de règlements sanitaires très variables, suivant le lieu et l’époque.
De tout temps, en effet, les populations cherchèrent à se préserver des grandes épidémies qui ravagèrent l'humanité. La lèpre et la peste d’abord, la variole au Moyen-Age, la peste encore, dont la grande épidémie de 1348-1350, la. peste noire, ravagea l'Asie et l'Europe, faisant des millions de victimes, le choléra et la fièvre jaune enfin, furent l'occasion de mesures sanitaires appliquées
aux malades et à tout ce qui était considéré comme sus-
ceptible de propager la maladie.
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À ceux, en effet, qui attribuaient ces épidémies à une influence occulte inaccessible aux moyens naturels, à des principes mystérieux insaisigsables, à des phénomènes astronomiques, athmosphériques ou autres, ou à une réceplivité spéciale contre laquelle tout essai de défense était d'avance voué à l'échec, on opposait des faits précis mais inexplicables, comme l'apparition de cas successifs dans une même famille, une même rue, l'existence d’un foyer d’abord localisé, la dissémination à distance coïneidant avec le départ de ceux qui fuyaient l'épidémie, la protection d'îles isolées, faits que lon n'interprétait que par la transmission du mal par le malade où par lintermédiaire d'objets véhicules de contagion augmentant les occasions de dissémination et la tendance envahissante des épidémies, — Cette notion de contagion, si obscure fut-elle, et que Fracastor devait développer, en 1546, dans un livre (De contagionibus et conlagiosis morbis er. eéorum curalione), où il admettait l'existence d’un virus spécifique, capable de coritaminer des villes entières à des distances illimitées devait avoir pour conséquence pratique l'établissement de mesures de protection que réclamaient d'ailleurs les populations apeurées. L'isolement des lépreux était une coutume très ancienne déjà ordonnée par Moïse ; mais ce fut la peste dont la tendance à l'expansion était beaucoup plus grande, qui fut l’occasion des premiers règlements sanitaires.
Venise, que son commerce mettait en relation étroite avec le Levant, et qui subit 63 épidémies de go1 à 1500, prit l'initiative de ce mouvement : elle créa, en 1348, des
provédileurs de santé, puis un barreau de santé, chargés
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de préserver la ville de la peste, el en 1/03, le premier établissement d'isolement où élaient dirigés tous les bâtiments venant d'Alexandrie, établissement situé dans une île voisine, l'île de Sainte-Marie-de-Nazarelh, d'où le nom de Lazaret, donné depuis aux élablissements similaires. Les ports du bassin méditerranéen imitèrent l'exemple de Venise ; Gênes, en 1467, Marseille en 1526, transformèrent leur léproserie en hôpital spécial ; les municipalités créèrent les administrations sanitaires dont l'autorité grandit au point de dépasser celle des municipalités ellesmêmes ; l'Intendance de Marseille vit ses pouvoirs consacrés par des actes émanés des souverains : règlement sanitaire de 18638 signé de Louis XIV et de Colbert, déclaration de 1729, règlement de 1748.
L'épidémie de peste de 1720, qui fit plus de 50.000 victimes en Provence, justifia de nouveaux règlements établis par les villes de l’intérieur et inspirés par le désir d'une protection efficace et la crainte de tout contact suspect ; leur application ne recula devant aucun excès des villages furent brülés ,des pestiférés abandonnés sans soins ; l’un n'est vu que le sixième jour et avec des lunettes d'approche ; un autre resté trois jours sur le carreau est tiré sur le matelas à l’aide de crochets de fer ; à d’autres, on jette des bistouris pour qu'ils s'ouvrent euxmêmes leurs bubons (Marseille),
La défense sanitaire des côtes françaises de la Méditerranée fut confiée aux autorités sanitaires de Toulon et de Marseille ,qui possédaient leurs lazarels où devaient se rendre tous les navires venant du Levant, et leurs règle-
ments imposant aux provenances suspectes des mesures
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* 5 + Ut de OR 55
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