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connues sous le nom de Quarantaines ; si la Quarantaine s'appliquait au début à la durée de la séquestration, elle s'étendit rapidement à l'ensemble des mesures appliquées, quelle qu'en fut leur durée.
Tout bâtiment venant du Levant était assujetti à une période d'attente au port de quarantaine, destinée à déceler les foyers suspects, et dont la durée variait suivant Ta provenance, la patente délivrée au port d'embarquement, l’état sanitaire à bord et la nature des marchandises transportées. Rien ne devait débarquer au port de quarantaine et l'autorité sanitaire pouvait exiger le sereinage, c’està-dire l'exposition à une ventilation aussi complète que possible et à la rosée de la nuit des marchandises et des bagages déposés sur le pont, pendant une période de deux à huit jours. Après la sereine, commençait la qua-
rantaine des passagers et des marchandises au lazaret de
terre ferme, Le lazaret était un établissement isolé, d'accès
aussi difficile que possible, n'ayant que deux portes, une d'entrée et une de sortie, et divisé en compartiments destinés à recevoir les arrivages successifs ; chaque compar-
timent pouvait également isoler les malades, les suspects
et les sujets sains d’une même quarantaine. La quaran-
taine pouvait durer jusqu'à 60 jours, et même recommencer une Ou plusieurs fois, si des cas de peste se déclaraient ; c'est ainsi que des passagers furent sequestrés plus de six mois dans un lazaret de la Méditerranée, Pendant ce temps, les marchandises et le bateau étaient soumis à des mesures de désinfection proportionnées à l'étendue présumée de l'infection, et consistant en l’action
{ de l’eau de mer, de vapeurs nitreuses ou de soufre, en
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parfums de formules compliquées. Après l'observation de toutes ces prescriptions, le capitaine obtenait enfin la libre pratique pour les passagers et les marchandises.
Ces mesures qui ne reposaient sur aucune connaissance scientifique et dont la durée compensait mal l'insuffisance, permirent cependant à Marseille de recevoir neuf fois, de 1720 à 1837, des importations de peste, qui toujours s'éteignit dans son lazaret sans gagner la ville ; la rigueur des mesures quarantenaires étouffait l'épidémie dans son foyer.
Au début du xix° siècle, le principe de la contagion et des quarantaines régnait sans partage ; il avait été question de fusiller Bonaparte, qui, à son retour d'Egypte, en 1799, avait refusé de s’astreindre aux prescriptions sanitaires; Alexandrie avait ouvert, en 1818, lè premier lazarel en pays musulman; la peste repoussée en Espagne (1818) et à Venise (1819), ne devait plus provoquer de grandes épidémies. L'apparition d’une nouvelle maladie, la fièvre jaune, devait être l'occasion de renforcer les mesures de protection. Importée de façon indiscutable par des navires américains à Cadix (1800) et à Barcelone (1821), la fièvre jaune s'était propagée à toute l'Espagne, faisant de nombreuses viclimes et menaçant les frontières de la France. Pariset et Mazet, envoyés en mission à Cadix, conclurent aux cordons sanitaires et aux quarantaines.
C'est alors que fut promulguée, en France, la loi du 3 mars 1622, suivie de: l'ordonnance du 7 août 1822, qui confirmait la plupart des mesures sanitaires en pratique et en étendait l'application aux ports de l'océan ; elle
reconnaissait aux autorités sanitaires locales un droit de
juridiction énorme. Toute infraction volontpire aux règlements était punie de mort, et l'on devait employer la force pour repousser, même en cas de péril, toute provenance suspecte ; il fut interdit de porter secours aux naufragés partis de lieux mis à l'index par l'autorité sanilaire avant d'y avoir été autorisé par elle.
La loi de 1822, consécration officielle des théories sur lesquelles reposaient les quarantaines, fut le premier règlement sanitaire national, applicable à toute l'étendue du territoire ; elle eut pour conséquence l'application de quarantaines rigoureuses et la création de nouveaux lazarets ; elle fut imitée par les différents Etats européens, qui croyaient assurer, par l'observation de quarantaines,
leur sécurité sanitaire.