‹ Sur l'existence d'Affections artérielles simultanées à forme de spasmes multiplesChapitre 8 sur 10 · C. Berger · texte numérisé non relu

C. Berger

AO

Si nous avons songé à apporter notre modestecontribution à l'étude de ce sujet, c’est que nous avons eu l’occasion il y a peu de temps d’observer un cas très caractéristique dans le Service de notre Maître, M. le Professeur Richet, auquel nous devons l’obligeance de nous avoir montré tout l'intérêt de cette observation.

Nous envisagerons successivement dans cet ouvrage les points qui nous semblent les plus importants :

Après avoir donné un bref aperçu historique, nous entreprendrons essentiellement l’étude clinique des spasmes artériels : à savoir les principales manifestations qui en relèvent et les associations qui ont été décrites. Pour illustrer l’exposé théorique de notre sujet, nous résumerons notre observation personnelle ainsi que plusieurs autres que nous jugeons dignes d'intérêt.

Ensuite, pour bien comprendre la façon dont se: produisent les spasmes, nous envisageons le tonus artériel physiologique, puis la pathogénie des spasmes artériels, ainsi que le mécanisme des spasmes. multiples.

LU

Historique.

Nous ne nous attarderons pas, dans notre travail, à montrer comment les premiers physiologistes tels que CI. Bernard, Vulpian, Brown-Séquard, à la suite d'expériences mémorables, nous ont fait connaître l'existence des nerfs vaso-moteurs ; comment, plus près de nous, Héring, Heymans et leurs écoles ont démontré l’existence de zones vasculo-sensibles ; en même temps que d’autres auteurs reprenaient l'étude détaillée de la physiologie des artérioles (Lewis), des capillaires (Krogh) et du muscle artériel (Loeper, Lemaire et Mougeot).

Parallèlement s’établit la notion du spasme vasculaire, où à côté des phénomènes physiologiques, il faut laisser place à des phénomènes pathologiques, ainsi que l’a bien montré Laïgnel-Lavastine dans son traité sur le sympathique.

Bientôt Vaquez, Laubry et leurs écoles, précisent le rôle du spasme en pathologie cardiaque et insistent sur sa fréquence dans nombre d’affections cardiovasculaires ; tandis que Guillain, Foix et ses élèves, Riser montrent son importance en pathologie nerveuse.

Mais ce n’est que depuis peu que l’on relève la notion de spasmes multiples : Rosenranch, dans un

lo

article du Progrès Médical, attire l’attention sur les associations possibles de l’angor avec d’autres manifestations spasmodiques, Richet, Sourdel et Borgida, dans le Journal Médical Français, de février 1956, rapportent plusieurs cas des spasmes artériels mul-

tiples. Puis, on relève la thèse de Le Houeron qui entreprend la synthèse de la question.

Ensuite Warembourg, dans un article de l’Echo Médical du Nord du 30 juin 1938, nous présente une

observation de spasmes multiples accompagnés de fièvre.

Nos recherches ne nous ont pas permis de relever d’autres publications sur la question.

Les manifestations cliniques relevant de l'angiospasme.

Il ne s’agit pas, dans ce chapitre, de faire une description détaillée des symptômes si divers déterminés par les spasmes des différents segments vasculaires, mais nous essaierons de classer les faits et d'indiquer ce qui permet de reconnaître leur nature spasmodique.

On laissera de côté l’étude des spasmes généralisés à tout l’arbre artériel qui ne font pas partie de ce sujet, et on envisagera seulement les spasmes localisés, dont l’existence est possible du fait de l’autonomie considérable des divers territoires vasculaires, qui ont chacun leur réaction propre aux divers agents

vaso-moteurs.

— La circulation cérébrale est une des plus importantes à considérer ; on connaît en effet la fragilité particulière de la cellule nerveuse, et la rapidité avec laquelle le moindre trouble circulatoire entraîne des lésions irrémédiables. Mais à l’heure actuelle, tous les auteurs ne sont pas encore d’accord sur la physiologie de son système vaso-moteur. Les classiques avec Mosso admettent l'existence de cette vaso-motri-

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