‹ Sur l'existence de races physiologiques dans les espèces végétales à l'étatChapitre 6 sur 8 · SOLANUM NIGRUM · texte numérisé non relu

SOLANUM NIGRUM

Les graines de Collioure ont levé beaucoup plus tôt (1 7 jours de différence) que celles de Munich. Mais la floraison a été presque simultanée (un jour plus tard seulement). Les premières graines ont mûri sept jours plus tard dans le lot de Collioure que dans celui de Munich.

Daucus Carota (sauvage).

Les graines de Collioure ont levé deux jours plus tard. Leurs individus se sont développés plus lentement. Ils ont commencé à fleurir beaucoup plus tard (21 jours), mais alors ils ont grandi notablement, et ont dépassé, de presque moitié, la taille des individus originaires de Munich.

En définitive, nos expériences réunies portent sur six espèces seulement, preuve bien évidente des difficultés que nous avons rencontrées dans le choix des plantes et dans les détails d'une culture qui soit vraiment comparative. Après avoir proposé la méthode, j'ai observé, d'une manière fructueuse, deux espèces, dont une pendant deux générations successives. MM. Naudin et Radlkofer ont ensuite observé, d'une manière fructueuse, quatre espèce! pendant une seule génération, mais avec cette supériorik

Nord Midi Nord Midi Nord Midi Nord Midi

= ss ss s=

h'. vig.

sa

=s = vig.

= c= vig.

S5S = 55 SSS

h. vig.

h. vig.

SSS

que deux des espèces ont été suivies à la fois à Munich et à Collioure.

Les résultats ont été si variés qu'il est nécessaire de les présenter sous la forme d'un tableau comparatif \

Germin. Croissance Florais. Maturité

dos des des des

pieds du pieds du pieds du pieds du

*ordMidi Nord Midi Senecio vulgaris, 1** génération ... = = = =

Id. 2 M »

Trifolium repens, 1" semis ....

Id. 2T* » ....

Calendula arvensis, à Collioure .

Id. A Munich . . .

Sonchug oleracens, à Collioure .

Id. à Munich . . .

Solanum nigruin

Daucus Carota h. vig. h.

La germination et la floraison sont tes phénomènes dans lesquels il s'est présenté le moins souvent des différences suivant l'origine des graines. La croissance n'a été bien différente, d'une manière suffisamment constatée, que dans une espèce, le Trifolium repens. Les Senecio originaires du nord ont fleuri plus tôt que ceux originaires du midi. Pour d'autres phénomènes et les autres espèces, en général, les faits sont obscurs ou contradictoires.

Malgré ces obscurités et ces contradictions, il est visible :

4 ° Que des graines d'une même espèce venant de pay $ éloignés, semées les unes à côté des autres, sous les mêmes influences, ne donnent pas des individus qui végètent d'une manière absolument semblable.

1 Le signe — indique la simultanéité des phénomènes dans les deux lots, h veut dire : plus hâtif, h' médiocrement plus hâtif, vig, : vigoureux.

2° Que dans certaines espèces, malgré la formes extérieures, la diversité de vegélatit origines est plus caractérisée que dam les a

D'après une des espèces (Senedo), les di' gétation paraissent héréditaires, au moins p dus originaires de deux des localités. Il sera faits fussent étudiés pendant plusieurs gêné que l'on sache de nos jours que les diversi dividuelles et de faible importance, sont p héréditaires '.

Au premier abord on est tenté d'atlrib sites à une influence prolongée des climats : danls des individus observés. Cependant i voir si des graines de plusieurs espèces et dans un même pays et semées les unes à ci leurs produits ne présenteraient pas quelq versilés analogues de végétation. Les influet croisements antérieurs, de luttes plus ou contre d'autres espèces, etc., paraissent, d'a[ valions de M. Darwin, pouvoir déterminer server des modifications héréditaires*. En

1 Les formes héréditaires asses voisines, pour pou mutuellement et donner des produits fertiles sont ce pelé espèces. M. Jordan les nomme espècet affines. 1 même je reçois le rapport 1res- intéressant fait à la S de France, dans la session de Lyon, sur les cultures ■ nais, rapport dont je me propose de parler dans Archives.

* Lorsqu'une espèce n'a pas eu de concurrents pays, depuis un grand nombre de générations, elle c dividus moins vigoureux, toutes choses d'ailleurs ég expériences relatées dans l'ouvrage récent Cross and i| y a des diversités de force dans les lignées (stoi espèce, en raison des antécédents de parenté.

être constatés au moyen d'observations plus i prolongées que les nôtres, et les explicai un peu hypothétiques, viendraient peutiment.

,és selon l'origine des graines qui ressortent jnces, accusent des modes divers de devers offrir des formes nouvelles spécifiques des variétés. Ce sont des modifications de celles qu'on désigne comme pbysiologi- ,ut cependant pas se payer de mots. Tout lit avoir une cause '. Si la végétation est u plus vigoureuse chez certains individus que chez d'autres soumis aux mêmes inmt qu'il y ait dans l'organisation quelque chose de différent qu'on ne connaît pas, car une même cause ne peut pas produire des effets différents, à moins nn'elle ne s'applique à des corps d'une nature plus ou is dissemblable. Ainsi, lorsque la chaleur, la lumière, ;az, elç„ produisent sur des plantes de même forme rieure, cultivées les unes à côté des autres, des effets rents, il est nécessaire d'admettre que ces agents péent d'une manière différente, se propagent dans les is d'une manière différente, se transforment d'une mae différente, etc., ce qui suppose des diversités matées d'organisation qui nous échappent. Les formes viïs et connues, soit extérieures, soit intérieures, moti- ; nos classifications ordinaires; les formes invisibles au i-oscope à cause de leur petitesse extrême, et celles m pourrait voir, mais qu'on n'a pas observées jusqu'à

On dit ordinairement: • (ont effet a une cause, > mais comme le mot effet suppose par lui-même une cause, l'expression est un pléonasme presque aussi inutile que si l'on disait : un effet est un effet.

présent, motivent des diversités de végétation et ces « groupes physiologiques » dont je me suis occupé naguère 1 , qui reposent sur les effets connus de causes organiques encore inconnues.

Après avoir ainsi rapproché la nature 'des diversités physiologiques de celle des diversités de formes, il n'est pas superflu de constater que la science en est au même point sur les origines primitives ou successives de ces deux catégories. La naissance d'une modification physiologique est aussi obscure que celle d'une modification morphologique. Les causes déterminantes sont dans les deux cas trèsdifficiles à indiquer avec probabilité, et bien plus encore à démontrer d'une manière directe et positive. Il faut en convenir, dans la chaîne des êtres organisés qui se succèdent l'amplitude des diversités de toute nature, leurs dates, leurs causes surtout, sont d'une obscurité singulière. On comprend que la sélection agit nécessairement dans le sens d'exclure ou de conserver les modifications qui surviennent, mais cela n'explique pas l'origine de celles-ci.

Pour ce qui concerne les diversités physiologiques, une seule chose est positive, c'est qu'elles se sont succédé dans la série des temps. On ne peut nier, en effet, par des raisons soit astronomiques, soit physiques, le fait que la terre a été plus chaude à des époques anciennes pendant lesquelles il existait déjà des végétaux. Comme une plante, et surtout une plante d'une organisation compliquée, suppose une autre plante antérieure, il est clair que les espèces de nos régions froides ont eu des ancêtres vivant

1 Constitution dans le règne végétal de groupes physiologiques applicables à la géographie botanique ancienne et moderne. Arch es des Se. phys. et nat. y mai 1874, et 2 me édition dans la Revue scie\ ifique, 1875.

i LES ESPÈCES VÉGÉTALES. H

tures élevées qu'elles ne supportent pas

nt ce qu'on peut dire de la succession . ont varié d'âge en âge. Ceci n'est pas t un fait qui se prouve, dans tous les araison des fossiles. Mais, la succession itrée, le mode d'évolution et ses causes e domaine des probabilités et des bypoid je veux me représenter tel ou tel natraduit devant une réunion de malbémaens, de chimistes, etc., pour donner des

et directes de la transformation d'esm animales, assurément j'estime qu'il i. D'autres naturalistes, fidèles à d'aneraient une foule d'objections de détail, se verrait peut-être obligé d'avouer qu'il s pas de preuves absolument directes.

pourrait cependant réfléchir à la suc- )le des flores et des faunes dans toutes rre, et alors il lui serait bien permis de -'ii parlant de l'espèce :

< E pur bï muoTc. >

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