PRÉFACE IX
En même temps qu'un intérêt biographique, il peut présenter un intérêt documentaire. Les hommes d'état de l'Italie napoléonienne ont €té des témoins aussi bien que des acteurs dans Îles grands évènements dont elle a été le théâtre à partir de 1796. Quelques-uns ont consigné les souvenirs qu'ils en ont gardés dans des relations, officielles ou privées, restées pour la plupart inédites. — C'est ainsi que le Vice-Président Melzi à raconté, dans un fragment de journal intime, la première entrée des Français à Milan en 1796, et les conversations que lui-même eut à cette occasion avec Bonaparte : c'est là un document historique de première main, qui méritait d'être reproduit. — C'est ainsi que Marescalchi, représentant de la Cisalpine auprès du Premier Consul à partir de 1800, a retracé dans des rapports envoyés régulièrement à Milan les spectacles et les projets auxquels sa mission officielle le mettait à même d'assister à Paris : les passages les plus caractéristiques de sa correspondance diplomatique peuvent à la fois nous éclairer sur ses qualités d’informateur et nous apporter une version des évènements dont il était le témoin. — Quand l’occasion s’en est présentée, je n’ai donc pas craint de rattacher à ces notices biographiques la publication de textes intéressants qui s'y rapportent. J'y ai joint notamment celles de trois Français, Jacob, Murat et Méjan, parce que, sans faire partie du gouvernement italien, ils suivirent son œuvre de près et nous ont laissé de curieux témoignages sur les résultats de son action. Ainsi complété, ce recueil de & Nofices el documents » pourra représenter, je l'espère, une utile contribution à l'histoire de la domination napoléonienne en Italie.
Il m'est agréable, en le terminant d’adresser l'expression de ma gratitude à M. Aulard, qui a bien voulu m'encourager à le poursuivre, et me seconder de ses conseils pour le mener à bien.