‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 32 sur 101 · CASINI, p · texte numérisé non relu

CASINI, p

tenait à une vieille famille de la Valteline; il fit ses débuts comme homme d'Etat en remplissant dans son pays quelques fonctions administratives et judiciaires, jusqu'à la plus élevée de toutes, celle de « Chancelier de la Vallée ».

Au moment de la Révolution, l'invasion française et les déplacements de territoires qui en résultérent lui fournirent l’occasion de s’essayer au rôle dans lequel il devait exceller par la suite. La Valteline, placée alors sous le protectorat des Grisons, en supportait assez impatiemment la suzeraineté. Après être allé à Vienne (1786) invoquer pour elle appui de la cour d'Autriche contre ses maîtres, Guicciardi fit partie de la délégation envoyée à Bonaparte (juillet 1797) pour lui demander, avec plus de succès, l’annexion à la Cisalpine récemment créée. Signalé aussitôt par son rôle en cette affaire, il en fut récompensé par un siège au Corps Législatif (9 nov. 1797) et bientôt par les fonctions, beaucoup plus importantes, de Ministre de la Police (13 avril-11 juillet 1798) et de Ministre de l'Intérieur (11 juillet 1798-1°* février 1799).

Lors de l'invasion de 1799, il se retira dans son pays, où son éloignement, peut-être aussi le souvenir de ses anciennes relations avec la cour de Vienne le préservèrent des représailles exercées contre la plupart des hommes d'Etat de la Cisalpine. Il ne reparut sur la scène politique qu’à la Consulte de Lyon où il fut envoyé comme notable du Lario. Par son adresse et son activité, il devait y jouer un rôle important ; nommé d'abord Vice-Président (pour les ex-Piémontais et les ex-Valtelins) de l’une des cinq sections géographiques entre lesquelles on avait au début distribué les députés, il fut ensuite (19 janvier) élu l’un des premiers membre du Comité des Trente’, sorte de commission électorale qui devait dresser des listes de candidatures pour les hautes charges de l'Etat, y compris la magistrature suprême; proposé par elle pour le Ministère de l'Intérieur et pour une place au « Grand Conseil ? », il obtint

1. Il obtint (20 janvier) 133 suffrages et venait ainsi immédiatement après Melzi et Aldini qui en avaient recueilli l’un 256 et l’autre 153. Procès-verbal de la réunion du Comité des Trente, 30 nivose, an X-20 janvier 1802. Arch. Vienne, 12.

2. CODRONCHI, op. cil., p. 734. Le Grand Conseil était le nom primitivement donné à la Consulte d'Etat.

de Bonaparte, dont il avait activement soutenu les prétentions à la Présidence, la Secrétairerie d'Etat (26 janvier).

Dans l'exercice de ces fonctions, qu'il ne devait remplir que cinq mois, il montra, au témoignage d’un contemporain, des connaissances administratives et des qualités de décision, mais prêta au reproche de trop favoriser ses compatriotes de la Valteline, dans la distribution des emplois publics". Lors de leur première réunion, les Collèges électoraux, chargés d’après la Constitution de pourvoir au recrutement des assemblées politiques, le désignèrent (31 mai 1802) pour remplacer à la Consulte d'Etat le duc Serbelloni décédé. Le Premier Consul lui-même lui notifia cette nomination par une lettre flatteuse, mais dont la conclusion dissimulait un avertissement sous la forme du conseil : « N'ayez jamais en vue que l'intérêt de la politique de la République entière ?. »

À la Consulte d'Etat, où il devait faire un plus long séjour, Guicciardi, auparavant chef de service, ne représentait plus qu'une unité dans un corps investi surtout d’une mission conservatrice. Faute de pouvoir agir, il ne cessa de s’agiter, de manière à provoquer les plus sévères appréciations de Melzi et de Marescalchi :

« Guicciardi, écrit le premier, se montre plus qu’indiscret dans son langage, et toujours guidé par des petites intrigues et des vues personnelles. Il soigne de son mieux le parti des prêtres et des nobles, et je ne suis pas éloigné de croire qu'il veuille exploiter la mauvaise humeur avec laquelle ils portent leurs chaines pour me remplacer à l’occasion 3. »

Le Vice-Président, dénoncera également chez Guicciardi, ses liaisons avec la « cabale de Rubicon », ses intrigues pour être nommé Ministre des Relations Extérieures à Paris, la rapidité avec laquelle il a su amasser 30.000 livres de rente sans

1. Dépêches de Taglioretti des 18 mai et 29 juin 1802 (Arch. Berne, Corr. Milan, 3391).

2,1Corr., Nil, n46.104:

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