‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 48 sur 101 · MELZI, Il · texte numérisé non relu

MELZI, Il

2. On trouvera un récit détaillé de ses obsèques dans une lettre d’Antonelli à Consalvi (8 mars 1805) reproduite par THEINER, Histoire des Deux Concordats, I, 263. L'inscription de Foscolo est reproduite par ZANOLI, Sulla Milizia cisalpino-italiana, II, 424.

autres (1° mai 1802), pour assurer l'application des lois ecclésiastiques adoptées à Lyon, devait être particulièrement difficile à pourvoir. Il représentait en effet, au moins pour tous les pays en dehors de lancienne Lombardie, une innovation passionnément combattue par le clergé, rebelle à l'idée de voir assimiler l'exercice du Culte à un service public; il ne pouvait être confié qu’à un homme familier à la fois avec Îles questions canoniques et avec les affaires d'administration. Les anciens serviteurs de la politique laïque de Joseph IT présentaient seuls à cet égard les garanties nécessaires; ce fut sur l’un d'eux, Bovara, que tomba le choix du Vice-Président. Le ministre du Culte devait rester en place jusqu’à sa mort (1809), mais il vécut modeste et retiré, confiné dans ses fonctions spéciales ; les détails même de sa carrière et de sa vie seraient restés inconnus, si sa qualité de sénateur ne lui avait valu, comme à Lambertenghi, l'honneur d’un éloge funèbre, prononcé lors de ses obsèques par un de ses collègues et publié ensuite en brochure

Doyen des ministres de la République Italienne, Giovanni Bovara était né à Malgrate (Lombardie) le 30 septembre 1734, d’une famille modeste. Il entra d’abord au Séminaire, puis dans la Congrégation des Oblats, enseigna de 1769 à 1773 le droit canon à l’Université de Pavie et fut aussitôt après nommé l’un des trois membres de cette fameuse Giunta economale où Commission ecclésiastique qui prépara toutes les réformes de Joseph IT relatives à la réduction des couvents et à l’administration des biens du clergé. En 1773, il traça dans un mémoire détaillé tout le programme de ces mesures? et en 1777 il élabora également un plan de réforme de l’enseignement ecclésias-: tique.

I garda ses fonctions jusqu’à la période révolutionnaire, pen-

1. ÇElogio del fu conte senalore Giovanni Bovara ministro del Cullo…. recitato dal conte Senatore Cavriani nella paroccchiale di San Marco, Milan, De Stefanis, 1812: C’est de cette brochure, dont il existe un exemplaire à la Bibliothèque Nationale, dans la collection Custodi, que sont extraits la plupart des détails biographiques qui suivent.

2. On trouvera l'analyse de ce mémoire, ainsi que des détails sur les réformes qu'elles préconisaient, dans Cusani, Sioria di Milano, IV, 180 seq.

dant laquelle il semble s'être tenu complètement à l'écart de la vie publique ; son nom paraissait oublié quand Melzi dut chercher un ministre pour assurer l'application du régime religieux qu'avait approuvé la Consulte de Lyon. A qui confier ce poste délicat ? Bonaparte inclinait à choisir un évêque. Melzi réussit à lui démontrer qu'un membre de lépiscopat ne serait pas suffisamment indépendant vis-à-vis de Rome et qu'il valait mieux nommer un membre de l’ancienne Commission ecclésiastique. Malgré son grand âge et ses attaches avec le gouvernement autrichien, Bovara eut naturellement la préférence comme le plus capable des trois". « Giovanni Bovara, écrivait le Vice-Président pour justifier son choix, est un vétéran en matière ecclésiastique ; c’est un homme dont la réputation s'est soutenue pendant 24 années de carrière ; il‘est sans doute fatigué, mais non décrépit, et encore à la hauteur de la tâche à remplir ?. » — « Quant aux affaires ecclésiastiques, ajoutait encore Melzi, il est impossible de trouver un ministre ailleurs qu'en Lombardie, parce qu'ailleurs il n'existait pas d'économat (c'est-à-dire de système juridique de tutelle des biens du clergé) et que par suite on ne pouvait former d'hommes compétents sur ses questions ÿ. »

L'opinion publique parut approuver la nomination de Bovara comme celle d'un homme capable et expérimenté *. Bien qu'il montrât dans l'exercice de ses fonctions de la compétence et de la bonne volonté, il ne tarda pas à se ressentir des fatigues de l’âge. On l’accusa bientôt de craindre trop le travail et de se laisser mener par ses subalternes*. Il conserva néanmoins une charge que personne n'était en mesure de lui disputer, y ajouta les dignités accordées aux autres ministres : Couronne de Fer, titre de comte (1808) et de Sénateur (xo octobre 1809). Il mourut le 13 octobre 1812, en laissant

. Notes de Melzi sur les nouveaux ministres 26 avril 1802. Arch. Vienne, 17.

. Melzi à Marescalchi rer mars 1802. Arch. Vienne, 17.

. Melzi à Marescalchi 2 avril 1802. Arch. Vienne, 17.

. Dépêche de Taglioretti du 9 mai 1802. Arch. Berne, Corr. Milan, 3391.

. C’est du moins ce que rapporte le chroniqueur MANTOVANI, au 1er janvier 1804. Mais son témoignage est un peu suspect, comme venant d’un ultramontain hostile à l'institution d’un Ministère du Culte.

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