‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 59 sur 101 · MELZI, I · texte numérisé non relu

MELZI, I

4. Lettre à Talleyrand du 18 mai 1805, citée par MARMOTTAN, op. cit., p. 346.

avoir rien vu ’. Il n’en fallut pas davantage pour attirer sur sa tête les foudres impériales car « ce n'était pas à lui, écrivait Napoléon, à rester neutre dans la circonstance où il s'agissait de la dignité de ma couronne » *.

Aussitôt destitué et invité à venir à Paris rendre compte de sa conduite, il obéit sans retard, mais sans rien négliger pour sa défense. Tandis qu’il se faisait donner par le Vice-Roi, lors de son passage à Milan, un certificat constituant un témoignage de satisfaction *, tandis que sa femme, plus sensible que lui à la perte de son traitement, rédigeait pour l'Empereur un long mémoire justificatif *, il multipliait à Paris des démarches que secondait la protection de son supérieur et ami le ministre Testi. Elles restèrent d’abord sans effet et même sans réponse, mais elles finirent par lui valoir, d'abord la promesse d’un poste de son grade à créer à Munich, puis la succession de Venturi, qui depuis longtemps demandait à être relevé de ses fonctions à Berne (mars 1813). En annonçant cette nomination à son gouvernement, Marcacci, chargé d’affaires suisse à Milan, représentait le nouveau ministre italien comme « réunissant à des talents beaucoup de douceur, d’amabilité et des manières agréables » et comme « fait pour se faire aimer ». De son côté Tassoni semblait, d’après le même témoignage, heureux d’occuper un poste en rapport avec la tranquillité de ses goûts ÿ.

La fatalité qui le poursuivait allait à Berne, comme à Naples ou à Florence, écourter sa mission. Après un séjour dans sa ville natale, 1] était parti pour son poste le 8 juillet 1813. Dès le mois de janvier 1814, les armées alliées envahissaient le territoire de la Confédération et Tassoni recevait du ministre d'Autriche

1. Cf. sur toute cette affaire MASsoN, Jadis, 2e série, pp. 216 à 235.

2. « Mon fils, j'ai destitué Tassoni, mon chargé d’affaires à Naples. Je donne ordre qu’il se rende à Paris pour rendre compte de sa conduite. S'il est aussi coupable que les apparences le font croire, jen ferai un exemple sévère pour apprendre à des ministres qu'ils ne doivent point se séparer de ma cause pour suivre leurs passions et leurs intérêts. » Napoléon au prince Eugène 26 janvier 1812. Corr. XXII, n° 17.007.

3. Lettre du prince Eugène à Marescalchi du $ mars 1812. Aff. Etr. Corr, Lomb., 63, fo 41.

4. Lettre de Jacob à Maret du 29 janvier 1813. Af. Etr. Corr. Lomb., 63, fo 195.

5. Dépêche de Marcacci du 17 avril 1813. Arch. Berne, Corr. Milan, 556.

à Berne l'ordre de le quitter pour aller exercer dans son pays les fonctions de diplomate in partibus*.

Sa carrière politique était encore interrompue, et cette fois pour toujours. Ne pouvant se résigner à cette idée, il eut la singulière inspiration de demander après 1814 du service au duc de Modène. Le sentiment de sa dignité et les souvenirs de 1796 lui déconseillaient pourtant une démarche vouée à un insuccès certain. Repoussé de ce côté, il obtint du moins du gouvernement autrichien une pension de retraite qu'il vint dépenser à Milan. Il devait mourir dans cette ville, le 14 décembre 1821, laissant à ceux qui l’avaient connu l'impression d’un homme doué de qualités aimables, mais dépourvu de fermeté d'âme et mal préparé par sa faiblesse de caractère à traverser les orages d’une révolution. Chevalier de la Couronne de Fer le 1 mai 1805, 1l avait été créé baron du Royaume en 1808.

SCARABELLI-PEDOCCA

Si la carrière de Scarabelli-Pedocca a été longue et fournie, l'histoire de ses services extérieurs tient en quelques mots: soldat de métier, savant de vocation, diplomate d'occasion, il ne devait occuper à l'étranger qu'un seul poste, d'importance secondaire.

Né à Mirandola (duché de Modène) le 23 octobre 1742, d'une famille noble, Angelo Scarabelli-Pedocca entra en 1761 dans la petite armée modénaise et y acquit comme ingénieur militaire, pour la construction des fortifications et des routes, une réputation qui lui valut un rapide avancement. En 1783 il était général-major, en 1788 conseiller d'état, en 1791 gouverneur de Carpi ?. Il occupait ce poste lors de l'invasion française et dut à une circonstance fortuite l’occasion de se faire remarquer de Bonaparte. Celui-ci descendit chez lui en venant de Livourne pour se diriger vers Mantoue, qu'il allait assiéger. Ses

1. Dépêche de Marcacci du 12 janvier 1814. Arch. Berne, Corr. Milan, 1926. 2. Rapport de Marescalchi à Napoléon, mai 1805, AF 1v 1709.

veux furent attirés dans la maison de Scarabelli par un magnifique plan de cette place, aux fortifications de laquelle son hôte avait été autrefois appelé à travailler. Il demanda et obtint la permission d’emporter un document aussi précieux pour ses opérations futures et en récompensa le possesseur en lui accordant le commandement de la première Légion cispadane, puis le grade de chef de brigade d'artillerie et enfin un siège au Corps Législatif cisalpin (1797). Scarabelli exerça même un instant la présidence de cette assemblée. Après la réaction, il fut envoyé comme « député » de la République à Parme, où il devait rester après la mort du duc (1803) mais où sa présence n'avait plus de raison d’être après la réunion à la France (1807). La ville lui plut assez pour qu'il y fixât sa résidence après sa retraite ;1l y occupa ses vieux jours des études d'architecture militaire qui avaient absorbé sa jeunesse et mourut le 1° mai Te à

COMETTI

De tous les diplomates italiens, c’est celui dont la vie et la carrière nous sont le plus imparfaitement connues. On sait seulement que Gregorio Cometti était originaire de Bergame, où il vivait en simple particulier au moment de l'invasion française, et qu'il prit à la révolte de sa ville natale contre la domination vénitienne (1797) une part dont il fut récompensé par un poste à l'extérieur. D'abord secrétaire de la Légation, puis chargé d’affaires cisalpin à Berne en 1798, ensuite transféré à Paris (février 1799) ? avec le premier de ces titres, puis à Gênes avec le second (octobre 1801), qu'il échangea en 180$ contre celui de Consul. Il devait rester dans la même résidence jusqu'en 1814 et rentrer ensuite dans la vie privée (1814). Dans

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