‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 61 sur 101 · VENTURI · texte numérisé non relu

VENTURI

Sujet du duc de Modène, comme Tassoni, Giambattista Venturi était né à Bibbiano près Reggio, en 1746, d’une famille d'ingénieurs. Destiné d'abord au sacerdoce, ordonné prêtre en 1769, signalé même par des succès comme prédicateur, il ne tarda pas à se consacrer tout entier aux études scientifiques dont il trouvait les traditions dans sa famille. Professeur de géomctrie à Reggio en 1772, puis de physique à l'Université de Modène en 1773, il devint en même temps inspecteur des monnaies et ingénieur en chef du duché. — La Révolution vint troubler la tranquillité de son existence en faisant de lui le secrétaire du comte de San-Romano, que le duc de Modène Hercule I, à la veille d’être détrôné, envoyait auprès du Directoire français pour plaider sa cause. La mission ne pouvait avoir ni succès ni durée, mais Venturi en profita pour prolonger son séjour à Paris, où il se créa des relations dans le monde savant et fit même des lectures à l’Institut. De retour dans son pays, il y trouva accomplis des changements politiques dont 1l accepta ce qu'ils présentaient de compatible avec ses idées modérées et ses convictions religieuses. Il figura même comme député au premier Corps législatif de la Cisalpine (1797), mais démissionna au bout d’un an (août 1798) pour échanger son mandat contre une chaire de physique à Modène, sans tirer d'autre profit de cette brève incursion dans la vie politique qu’un emprisonnement passager lors de la réaction de 1799. Nommé au retour des Français professeur à l'Université de Pavie, il n'eut pas le temps de prendre possession de son poste,

1. Notices personnelles sur les diplomates ou candidats diplomates italiens AF 1v 1708. Une autre note adressée par Marescalchi à Napoléon en mai 1805 (AF 1v 1709) contient les données biographiques qui précèdent sur la carrière de Cometti. On trouve dans CANTU, Diplomatici, pp. 208, 235-40, quelques extraits de sa correspondance diplomatique en 1802, 1803 et 1805.

s'étant vu aussitôt après nommer agent diplomatique de la Cisalpine, d'abord à Turin où il ne fit que passer, puis à Florence, d'où il fut transféré à Berne, prés de la République helvétique, dès 1801.

C'était sans doute le souvenir de son ancienne mission à Paris, joint à l'embarras de trouver des candidats plus qualifiés, qui l'avait fait introduire d'emblée dans une carrière pour laquelle il ne sentait pas plus de vocation qu’autrefois pour la vie religieuse. Le savant reparut toujours en lui dans le diplomate. Bien qu'il s'acquittât avec une extrême conscience des devoirs professionnels ou mondains de sa charge, bien qu'il envoyât à Milan une correspondance nourrie et intéressante, et qu'il eût réglé d’une façon satisfaisante des affaires assez délicates *, 1l était toujours ramené par ses goûts et même ses désirs à ses études favorites. Il ne lui suffisait pas de suivre avec attention le mouvement intellectuel de la Suisse ; lors de la première formation de l'Institut italien, il demanda avec instance à en faire partie comme membre résident, s’estimant heureux d'abandonner ses 12.000 livres de traitement contre la modeste indemnité de 1.500 livres qui l'aurait attendu à Bologne *. Il ne réussit qu'à se faire nommer membre honoraire (6 avril 1803) et reporta dès lors ses ambitions sur une chaire à l’Université de Pavie. Après avoir paru disposé à satisfaire à son désir 4, le Premier Consul se ravisa, le laissa à Berne, et n'utilisa ses connaissances spéciales que dans la commission réunie à Paris pour étudier les moyens d'établir en Italie l'unité des poids et des mesures. — En août 1813 enfin, Venturi, qui avait entre temps obtenu la Couronne de Fer (1 mai 1806) et la Légion d'honneur, obtint la retraite à laquelle son âge lui donnait droit et qui fut fixée à 6.000 francs.

1. Rapport de Marescalchi à l'Empereur sur les diplomates italiens (Mai 1805, AF 1v 1709).

2. On trouvera dans CANTU, Diplomatici, pp. 78-84, avec une brève notice biographique sur Venturi, des extraits de sa correspondance officielle et un résumé de ses services.

3. Le texte de sa demande, datée du 30 août 1802 et accompagnée de ses états de service, se trouve Arch. Vienne, 193.

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