Melzi à Marescalchi 29 déc. 1803. Arch. Milan
3. Marescalchi à Melzi 12 janv. et 3 fév. 1804. Arch. Vienne, 30. o 4. « C’est un des officiers de l’armée d’Italie qui donnent le plus d’espérances », écrira encore Eugène (Mémoires du prince Eugène, VI, 39).
sans se ralentir depuis huit ans le porte enfin jusqu’au sommet de la hiérarchie militaire. Le 10 août 1811, il reçoitle ministère de la Guerre, qu'il gardera jusqu’à la chute de la domination napoléonienne ‘. Il exerce ses fonctions dans des circonstances délicates et doit diriger d’abord, en 1812, les immenses préparatifs militaires nécessités par l'expédition de Russie, puis, en 1814, les efforts désespérés tentés pour tirer de l'Italie épuisée une nouvelle armée à opposer à l'invasion. Entre temps, il va commander, en Allemagne, une division italienne (maïinovembre 1813)et prendre à la campagne d'été une part assez brillante pour mériter, avec les éloges personnels de l'Empereur * la Grand’Croix de la Couronne de Fer.
Les évènements de 1814 vinrent interrompre sa carrière ; il n'avait que 39 ans. Après l'armistice de Schiarino Rizzino (16 avril) qui mit fin aux hostilités en Italie, il fut envoyé, avec Bertoletti, en mission à Paris, pour y demander, au nom de l’armée, le maintien du prince Eugène comme souverain indépendant, à la tête de l'Etat qu'il régissait en sous-ordre depuis 1805. On sait quel fut linsuccès de cette tentative. Revenu à Milan, Fontanelli se rallia à la domination autrichienne, accepta le grade de feld-maréchal-lieutenant, et se déroba aux instances d'anciens officiers de l’armée italienne qui voulaient le mettre à la tête d’une conjuration militaire contre le nouveau régime. Devenu néanmoins suspect à Bellegarde, il fut appelé à Vienne (décembre), sous le prétexte d'y élaborer un projet d'organisation militaire du royaume lombard-vénitien, mais obtint bientôt l'autorisation de rentrer dans ses foyers près de Modëne, où il séjourna quinze ans. Sa présence y ayant paru dangereuse après les mouvements révolutionnaires de 1831, il dut, par ordre du gouvernement autrichien, venir s'établir à Milan, théâtre de ses grandeurs passées. Il y finit tristement ses jours, en 1837, accompagné à sa dernière demeure par le feld-maré-
chal Radetzki.
1. Son œuvre comme administrateur est résumée dans l'ouvrage déjà cité de ZANOLI, Il, 335.
2. « Vous avez actuellement à la tête de la division italienne un excellent général de division, le général Fontanelli ». Corr. XXV, no 20.090.
Son principal biographe Jacopetti a tracé de lui le portrait suivant, dont la pompe un peu académique laisse pourtant apercevoir les principaux traits de la physionomie du modèle :
« Fontanelli avait une haute stature, un extérieur avantageux, une attitude pleine de dignité, un regard tranquille et pénétrant, le visage empreint d’une douce mélancolie. Il se distingnait encore par une parole rare et mesurée, un maintien réservé, des manières courtoises, une sobriété extrême, un tempérament calme, une magnificence touchant à la prodigalité, un esprit élevé et méditatif, une grande prudence, une modestie innée accompagnée du dédain de la louange, une parfaite intégrité, un cœur intrépide, mais ouvert aux affections de la famille et de Pamitié. »
La vie de Fontanelli a fait l’objet de trois ouvrages principaux : 1° Biografa del conte Achille Fontanelh…., scritta dal maggiore JACOPETTI (son ancien aide de camp}, Milan, Borroni e Scotti, 1843, qui constitue la principale source pour létude de sa vie; 2° Ælogio del Conte Achille Fontanelh dedicato à S. M. Vittorio-Emanuelle, Modène, Vincenzi, 1879 ; c'est le résumé en une centaine de pages de l'ouvrage de Jacopetti, 3° Vue campagne del generale Achille Fontanelli par Stefano MainoNrI : étude parue dans la Rivista militare italiana (année 1883, tome IT, pp. 247-305)’. On trouvera reproduits dans CoManpini le portrait (p. 497) et les armes (p. 698) de Fontanelli. Son fils aîné, dont la biographie a été écrite par RONCAGLIA, prit part au mouvement national de 1848 et commanda pendant la campagne de Novare (1849) un régiment de volontaires modénais, incorporé dans l’armée sarde.
1. Cf. également une notice détaillée sur Fontanelli dans l'ouvrage du commandant WEIL, Joachim Murat, roi de Naples, V, 504.