Armée d'Italie. Correspondance, Années 1802 et
Le premier, qui date probablement des premières semaines de l’année 1803 ‘ contient un tableau de l'esprit public dans les divers départements de la République Italienne. Cette division par régions fait supposer qu'il a été composé en réunissant les renseignements adressés à Murat par ses généraux, auxquels il venait précisément de prescrire (1° décembre) la formation d'une police militaire secrète et l'envoi régulier à Milan de rapports sur les dispositions des populations vis-à-vis des Français ?. D'autre part l’incorrection de certaines tournures de phrases * donne à penser que la rédaction proprement dite est l’œuvre d’un Italien, peut-être de Paleari, chargé de centraliser à Milan les renseignements obtenus des généraux, ou encore de l'abbé Greati, bibliothécaire du Brera, devenu rapidement le favori et l’homme de plume du général en chef. Quel que soit l’auteur du rapport, on peut lui reprocher d’en avoir considéré l’objet d’un point de vue à la fois trop restreint et trop partial ; dans l'esprit public du pays, il ne veut voir que l’animosité de ses habitants à l'égard des Français, et il cherche visiblement à montrer que le gouvernement n’a pas combattu cette antipathie, dont il exagère d’ailleurs l'étendue etla profondeur. Ces réserves faites, on doit reconnaître à son œuvre le mérite de nous fournir des renseignements précis et parfois des impressions justes, soit sur les caractères particuliers qui distinguaient les diverses populations italiennes, soit sur certaines causes d’insuccès de la politique suivie par Melzi.