PATHOGÉNIE ET MORPHOLOGIE
Les influencés délétères, nombreuses et variées, qui déterminent l’infantilisme, on£ toutes pour effet de vicier et d’appauvrir les échanges nutritifs, mais elles n’y parviennent pas par les mêmes moyens. Les unes portent de préférence leur effort sur les conduits nourriciers, les autres fruppent les glandes vasculo-sanguines, relais des centres trophiques, stimulants et régulateurs de la faim des éléments protoplasmiques. Ces procédés aboutissent à la formation de deux types principaux, ayant leurs caractères propres, et auxquels on peut ramener tous les infantiles. Le poison héréditaire qui fait les mauvaises artères modèle ceux que M. Brissaud a baptisées les anangtoplasiques. Le reste se groupe sous l'étiquette de dysthyroïdiens, les altérations du corps thyroïde étant la cause prépondérante et constante de leurs troubles évolutifs. |
Les anangioplasiques. — La diminution de la lumière des artères rénales, pulmonaires, dé l’aorte que nous avons signalées, quand elles sont congénitales, ne sont pas un phénomène isolé. Elles sont les marques plus
évidentes d’une angustie qui s'étend à tout le système
artériel. Dans langiosténose primitive, le rétrécissement se complique toujours de l’amincissement des parois dont l’altération se traduit en outre par la présence de plaques de stéatose. « Cette disposition anatomique coïncide ordinairement, dit M. Lancereaux (1), avec un développement imparfait, lié à l’état du système circulatoire, et une atrophie des organes génitaux qui donne ‘aux adultes un certain degré de ressemblance avec l’enfant ».
Le diagnostic se fait grâce aux signes suivants : hypertrophie du ventricule gauche, petitesse et haute tension des artères, absence de pulsations aortiques au cou, température habituellement inférieure à la normale, diminution des produits de désassimilation. Il est souvent d’ailleurs indiqué par l’apparence de Pindividu. « II existe, dit Bezançon (2), un aspect corporel spécial des
gens à artères étroites. « Cet aspect n’est pas celui de
Pinfantilisme », il s’en rapproche par quelques traits et y ressemble de plus ou moins loin selon les sujets. Lorsqu'un malade d'apparence chlorotique a la face, jes aisselles et le pubis glabres, que sa verge et ses testicules sont infantiles, qu’il est pâle, maigre, qu’il a le squelette mince, le thorax étroit, grêle, le coulong et menu, ou encore les seins et l’utérus très petits, on peut affirmer presque à coup sur que ses artères sont hypoplasiées.
La proposition inverse est inexacte ». En effet l’angustie
1. Lancereaux. Traile d'anatomie pathologique. Etroilesse con-
génitale des artères.
. 2, Bezançon. Th, Paris, 1889, D. 41, 50.
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primitive et généralisée des artères peut s'accompagner d’un déveloprement normal, et se rencontrer même chez des individus du type sanguin et athlétique. C’est le cœur qui décide, comme l’a sujgéré Virchow (1). Jusqu'à la puberté, l'organisme se maintient tant bien.que mal en équilibre ; mais à ce moment la canalisation n’est pas suffisante pour fournir au surcroît de besogne : la chlorose traduit cette insuffisance. Le cœur alors, obéissant à la stimulation de ses centres régulateurs, s’efforce de compenser : quand il y réussit, l’état des caractères sexuels est normal, parfois même lélan trophique dépasse la mesure et on se trouve en face de véritables hypertrophies. Ainsi l’aplasie artérielle n’entraîne pas nécessairement l'arrêt de développement qui est l’infantilisme, et quand elle le détermine, elle lui imprime des caractères qui appellent les réserves des auteurs.
M. Brissaud fait observer qu'il ne manque à ces infantiles, pour mériter leur nom: que les caractères de l’enfance : les joues rondes, le torse arrondi, les muscles potelés et surtout la grosseur de la tête par rapport au reste du corps. Dans leur état, ainsi décrit par Lorain, « débilité, gracilité et petitesse du corps, sorte d’arrêt de développement portant plutôt sur la masse de l'individu que sur un appareil spécial », les organes génitaux, minimes et la taille seuls sont d’un enfant. Ils sont proportionnés comme des adultes mais chétifs : s'ils ne paraissent pas leur âge, ils sont bien des adultes com-
me on le voit à leurs procédés d’ossification prématurée,
1, Virchow, cité par Mosgofian, Th. Paris, 1893, p. 43.
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à la soudure précoce des os du crâne et des épiphyses des os longs. Il semble que leur aptitude vitale étant di- minuée par l'insuffisance de nutrition qu’entraîne le défaut d’hématose, le développement n’est pas arrêté, mais réduit : la nature les coule « en un moule de petit calibre, le seul qui leur convient. > Le développement qui s'est fait en plus petites proportions, s’achève en un temps plus court. L'évolution est rapide et simplifiée, la vie brève chez ces déshérités voués à la mort prématurée. Les dysthyroïdiens.— Si la nutrition se fait mal, comme il va de soi, quand les aliments sont de mauvaise qualité (rach'tisme), ou sont en trop petite quantité par suite de l'insuffisance d’hématose qu'amène l’angustie des conduits nourriciers (anangioplasies), la condition des éléments protoplasmiques est pire encore, quand l’action apéritive et stimulante des centres trophiques fait défaut. Or ces centres né sont eux-mêmes que des stations dans les « arcs trophiques » par où l’excitation sensitive partie de la périphérie chemine pour aboutir aux éléments des tissus, transformée en énergie d’appétit. Sur cette route, qu’un des relais soit détruit ou désorganisé, la cellule n’a plus faim: les glandes vasculaires-sanguines sont le plus considérable et celui dont l’existence est la mieux démontrée, de ces relais entre les centres et les tissus. - Leur situalion privilégiée, leur extrême richesse en vaisseaux et en nerfs disent assez leur importance; l’atrophie qui les envahit tôt ou tard, mais toujours dés que le développement de l’individu est à son terme montre de même en quel étroit parallélisme elles sont avec lui. Par malheur,
si leur influence est indiscutable, la nature même de leur