TRAITEMENT
Des considérations qui précèdent découle une double indication thérapeutique :
1° Administrer à tous les infantiles l’iodothyrine, utile aussi dans Jes autres dystrophies ;
2° Combattre l'influence persistante de la tare étiologique par les moyens adéquats.
Il ne faut pas se dissimuler que le suc thyroïdien ne donne de succès éclatanis que dans les cas de myxæœdème, quelle que soit d’ailleurs leur intensité, et dans la polysar-
cie. Toujours utile, mais dans de plus faibles proportions, “il a rendu des services dans les arrêts de croissance attribués à l’hyperazoturie, à l’albuminurie post-scarlatineuse, à l’abus précoce du tabac. Chez des rachitiques, son action a été à peine marquée, parfois nulle. Il est clair que ses bienfaits sont d'autant plus marqués et certains qui est employé de bonne heure, et que le cartilage a plus d'aptitude à la prolifération.
Dans tous les cas, l’iodothyrine doït être administrée avec circonspection : il convient de ne pas se laisser entraîner par les améliorations si remarquables dont elle
est la cause. Le dépérissement, les perturbations cardia-
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ques que peuvent amener son emploi intempestif ou l’application de doses excessives, commande la prudence. Un sujet en traitement doit être surveillé de près, et au besoin visité chaque jour si le moindre trouble survient. L'examen quotidien du cœur et l’appréciation du poids du corps serviront de pierre de touche. Toutefois, il faut tenir compte que chez les mvxœdémateux caractérisés, le poids du corps commence par diminuer tandis que s'opère la dépurgation des déchets du téqument, pour se relever quand elle a cessé, proportionnellement avec la taille.
Une réserve s’impose en ce qui concerne les tuberculeux et ceux même qui paraissent promis à lä tuberculose par leur hérédité et Vexiquité de leurs artères pulmonaire et aortique. On s’expose à les voir réagir avec une extrême violence. Ils peuvent maigrir d’un kilogr. par jour. Get amaigrissement effrayant, l'intensité des troubles cardiaques que la thyroïdine provoque chez les phtisiques interdit d’en risquer lemploi. Cette réserve est unique, mais formelle. |
A dire vrai les anangioplasiques accentués n’y perdent guère, au moins quant aux bénéfices qu'ils pourraient en ticer pour la croissance. Leur ossification précoce, que l’on peut constater à l’aide de l’ingénieuse méthode d’exploration radiographique que Hertoghe a. imaginée pour pronostiquer la possibilité de la reprise de croissance (1),
les met dans les conditions les plus défvorables. Quand
4. Hertoghe. De l'influence des produits thyroïdiens sur la croissance. Bull. de l’'Acad. roy. de mid.de Belgique, 1895, p. 897.
Ce yes
leurs artères permettent l’ingestion de suc thyroïdien, 1l faut, en tout cas, agir de bonne heure si on veut que l’intervention ne soit pas inutile. |
Le traitement thyroïdien de la croissance s’administre soit sous forme de glande de mouton, soit en pastilles enfermant le principe actif, l’iodothyrine, A la dose de 1 gr. de glande par jour pendant la première semaine, et de -deux grammes quotidiens dans la suite, il peut être généralement continué sans danger pendant plusieurs mois.
Les étiologies différentes et leurs conséquences commandent des. prescriptions appropriées.
On opposera les préparations ferrugineuses aux altéra tions hématiques, les iodures à la stéatose des parois vasculaires.
Le traitement spécifique fait parfois merveille chez les hérédo-syphilitiques ; M. Fournier lui attribue des transformations inespérées.
De même M. Lancereaux a vu le régime lacté et les iodures produire les meilleures effets chez des infan tiles paludéens.
L’arsenic est naturellement indiqué pour les scrofuleux : on devra en même temps les suralimenter adroitement comme les tuberculeux, etc.
De même que pour les états morbides que nous ne nommons pas, nous ne prétendons pas indiquer le traitement spécial qui est dans toutes les mémoires : ces quelques exemples donnés n’ont d’autre but que de montrer
leur association possible avec la médication thyroïdienne.
sd mie. d'octobre