Faneau de la Cour. Th. de Paris
RM (à USE
par la persistance des caractères corporels et psychiques de l'enfance. » Le vague de cette définition permet plus d'une conjecture, car, ainsi que le fait remarquer M. Brissaud, « il y a bien des manières pour un adulte de rester enfant. » En fait on peu résoudre les formes bien nettes en deux types principaux que nous décrirons à l’occasion de leur pathogénie. La question est complexe, car les anthropologistes et les cliniciens ne sont pas toujours d'accord sur la valeur du mot et sur ses limites, et il semble que les choses gagneront en clarté à faire précéder, contre l'habitude, la- morphologie par l’étiologie.
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ÉTIOLOGIE
Elle est tout entière dans ces deux grands processus qui dominent la pathologie, l’intoxication et l'infection, entraînant un trouble profond des processus nutritifs, soit directement, soit par la voie de l’hérédité, car il y a un infantilisme congénital et un infantilisme acquis.
La déscendance des alcooliques est de piètre mine.
Déjà Magnus Huss en Suède avait attribué la diminution
de la force physique, l’abaissement de la taille, la stérilité
relative, à l’abus de l’eau-de-vie ; en France les pays où elle se fabrique exclusivement ont peine à fournir des conscrits. L’alcoolisme, dès la première jeunesse, arrête le développement du squelette et des muscles, les aptitudes génitales sont nulles ou languissantes. Les descendants des buveurs, grêles, à poitrine étroite, à poil rare, sont plus pitoyables encore. Tout se borne là le plus souvent, Un pas de plus, et il n’est pas rare qu’il soit franchi, et le tableau de l’infantilisme est complet. | On peut placer sur le même rang la postérité des saturnins, des morphinomanes. Le sulfure de carbone, le
mercure peuvent être incriminés également (Legendre) (1).
1. Legendre. Art. Hérédité in Trailé de pathologie générale de Bouchard. :
La lèpre (1), quand elle surprend Pindividu avant la puberté, la retarde indéfiniment.
L'influence de l’hérédo-syphilis est indiscutable et s’exerce avec fréquence. M. Fournier (2) assure qu’elle se traduit en maintes occasions par des retards ou des ar-rêts de développement : les enfants n’ont grandi que lentement et bien peu, ils ont marché tard, parlé tard. Tardive aussi l’évolution des dents. La croissance entravée par le vice organique ; s’est poursuivie passablement, - Sans élan. À vingt ans, la puberté n’a pas encore commencé chez ces êtres étriqués. Beaucoup demeurent toute leur vie grêles et comme atrophiés, paraissant beaucoup plus jeunes qu’ils ne sont, et « trompent sur leur âge ». Lewin, Klinck, Laschkewitz, Duncan, Bulkley, Hutchinson et Jackson, citent des cas de sujets en puissance de syphilis héréditaire, âgés de 18 à 23 ans et paraissant à peine avoir 12 ans. Parmi les exemples de ceux que poursuit l'influence héréditaire de la vérole, un cas de M. Lancereaux est particulièrement caractéristique : une femme de 40 ans, très petite, à seins de fillette, à pubis glabre, jamais menstruée, présentait des organes génitaux développés comme ceux d’une enfants de 8 à 10 ans. L'observation publiée par M. Cour-
tois-Suffit (3) n’est pas moins instructive. D’intéressantes
1. Janselme. La lèpre, Presse médic., 13-18 octobre 1897, p. 325. 2. Fournier. La syphilis héréditaire tardive, Paris, 1886, p.120: Influence dystrophique de l’hérédo-syphilis, méd. mod., 1890. Les
affections paralyliques, Paris, 1894, p. 296. 3. Courtois-Suffit. Sur un cas d'arrêt de SÉRIE Rev. de medecine, 1890, p. 558.
Per photographies font voir un garçon de 13 ans, délicat, qu'une attaque de syphilis cérébrale fige en cet état, de telle façon que dix ans plus tard rien n’est changé en lui. Avec la syphilis, c’est peut-être la {uberculose qui apporte le plus fort contingent à l’infantilisme. Dès 1836, Hirtz (1) a remarqué que la croissance de ceux que la tuberculose de leurs parents fait eux-mêmes candidats à la phtisie, s’arrête au milieu de l'adolescence. « Ils conservent dès lors jusqu’à la fin un aspect chétif, les muscles sont grêles, mous, les os plus longs, s’ossifiant de bonne heure, les dents apparaissent irrégulièrement... le pénis reste petit, les testicules paraissent atrophiés, la barbe pousse rare, en clairières ». C’est presque là tout le tableau de l’état que Lorain allait décrire sous le nom d’infantilisme, et dont Faneau de la Cour démontre les rapports avec la phtisie dans sa thèse (2), riche en documents. La tuberculose assure la perpétuité de son influence morbifique par des amoindrissements organiques à la fois témoins de l’infection ancestrale et conditions prédisposantes à la pullulation bacillaire. Comme l’alcool, comme la syphilis,elle altère la vitalité des protoplasmes en frappant les conduits nourriciers. Ici l’infantilisme se produit sous la même action dystrophiante qui fait la persistance
du trou de Botal,le rétrécissement mitral(P, Tessier) (3),