Sur l'introduction d'espèces méridionales dans la faune malacologique des encirons de Paris
La présence d'espèces malacologiques faisant normalement parte de la faune méditerranéenne a déjà été signalée plusieurs fois en divers points de la France, et notamment aux environs de Paris', de Lyon° et d'Angers’. Jamais cependant ces introductions n’ont pris, à notre connaissance du moins, un développement aussi considérable que celui dont nous avons été témoins, depuis quelques années, aux environs de Paris. Estimant qu'il serait intéressant pour l’histoire malacologique du Bassin parisien de signaler des faits aussi curieux, nous nous proposons dans ce travail, de relever la liste déjà assez longue de ces espèces, d'étudier les modifications qu'elles ont pu subir sous l'influence de milieux nouveaux, enfin de rechercher les causes qui ont pu présider à leur mouvement migratoire.
! Locard (A.), 1895. Notices conchyl., XXXV. Une nouvelle station d'espèces méridionales dans le Nord de la France, in L'Echange, XI, p. 121-122,
? Locard (A.), 1878, Nole sur migrations malacol. env. Lyon, Lyon, gr. in-8, 28 p. — Locard (A.), 1882. Contrib., IV. Sur la présence espèce méridionale faune malacol. Lyon, gr. in-8, 24 p.
3 Germain (L.), 1903, Etude Mollusques Maine-et-Loire, Nantes, Introd. VI, p. 36-42.
A In 1
6 FAUNE MALACOLOGIQUE
CATALOGUE DES ESPÈCES Groupe de l’H. Pisana.
Helix Pisana, Müzzer.
Helix Pisana, Müller, 1774. Verm. Hist., I, p. 60. — Locard, 1882. Prodr., p. 118. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 80, fig. 93.
Une colonie populeuse de l'Helix Pisana habite les bords de la Marne, à Charenton. La coquille, bien typique, comme galbe et comme taille (elle atteint 18 millimètres de hauteur pour 23 millimètres de diamètre), présente, dans le test et l'ornementation de très notables différences avec les échantillons de l'Algérie et du Midi. Le test, plus mince, est monochrome, blanc brillant, rosé à l'intérieur, orné d’un bourrelet rose bien apparent, absolument semblable à celui des {lelix Carpiensis, Let. et Bourg.', et {. Bertini, Bourg. *, du Midi de la France. Nous verrons plus loin qu'il n'en a pas toujours été ainsi.
L'H. Pisana vit sur les bords de la Marne, le long des talus de la levée, sur un espace assez restreint, s'étendant depuis le pont de Charenton jusqu'aux îles qui encombrent, plus haut, le lit de la rivière. On le rencontre, grimpant sur les Liges sèches des arbustes et des hautes herbes. Pendant longtemps nous n'avions pu connaître le mode d’introdueüon de ce Mollusque, lorsque M. J. Mabille nous a donné le mot de l'énigme. L'histoire de l'introduction de l'A.
! Letourneux et Bourguignat, 1887. Prodr. malacol. Tunisie, p. 8o et p. 81. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 89, — L'H. Carpiensis, qui habite également le Portugal (Locard), la Tunisie (Letourneux), a été constaté jusqu'en Syrie aux environs de Beyrouth.
? Bourguignat, in Locard, 1882. Prodr., p. 103 et p. 329. — Locard, 1894. Coq. lerr., p. 89.
DES ENVIRONS DE PARIS 7 Pisana est, nous dit-il, bien simple : Un de mes amis, vers 1868, avait rapporté d'un voyage dans le Midi un grand panier de ces Helix dans le seul but de les manger ; il tomba malade et sa cuisinière incriminant les malheureux Helix, les jeta sur le talus de la Marne, devant le dépôt des omnibus où, rencontrant un terrain très propice, ils ont fort bien prospéré!. Dans les premiers temps, les individus étaient fasciés comme ceux du Midi, de grande taille et assez souvent déformés. Aujourd'hui, les individus fasciés ont entièrement disparu, quoique la colonie soit très prospère ; elle à pu supporter le terrible hiver de 1880 et multiplier beaucoup.
La présence de cette espèce à Charenton est des plus curieuses, l'A. Pisana s'acclimatant très difficilement dans les localités où l'influence maritime ne se fait pas sentir. Elle est très répandue dans toutes les régions méditerranéennes où nous la connaissons en Espagne, en Portugal *, en Algérie, en Tunisie, en Italie, en Syrie, etc... En France, elle remonte le long des côtes de l'Atlantique (Charente- Inférieure, Loire-Inférieure, Côtes-du-Nord). On l’a rencontrée accidentellement à Lyon.
Helix Pisanella, SERVAIN.
Helix Pisanella, Servain, 1880. Moll, Esp., Port., p. 113 (sine descr.). — Locard, 1894. Coq. terr., p. 88.
Cette espèce habite avec la précédente sur les bords de la
1 Le D' Jousseaume (Faune malacol. environs de Paris, in Bull. Soc. Zool. France, 1877, p. 217) signale le Theba Pisana dela façon suivante : « Cette remarquable espèce a été découverte, il y a quelques jours, à Charenton par M. Kopperhorn, qui nous en a rapporté plusieurs individus de différents âges ; il l'a rencontrée sur les bords du canal, à peu de distance de la station du tramway. Il n’est pas douteux que cette espèce, actuellement acclimatée aux environs de Paris, y ait été importée depuis très peu d’années. J'ai visité avant 1870, la localité où elle se trouve, et je puis certifier qu'elle n’y existait pas à cette époque. »
? On rencontre aux environs de Cascaès en Portugal, de Tozer en Tuni-
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Marne, à Charenton. Elle y est bien typique et possède le même test blanc jaunätre monochrome, un peu brillant. L’'Helix Pisanella à été introduit avec l'A. Pisana, mais il est moins commun.
L'I. Pisanella vil normalement sur tout le littoral méditerranéen; il remonte sur les côtes océaniques françaises, notamment dans le département de la Charente-Inférieure. En dehors de la France, nous le connaissons en Portugal (Locard), en Espagne (Servain), en Algérie et en Tunisie (Berthier, Letourneux et Bourguignat).
Helix Guttati, BourGuIGNar.
Helixæ Guttali, Bourguignat, in Letourneux et Bourguignat, 1887. Prodr. Malacol. Tunisie, p. 80 (sine descr.). — Locard, 1894. Coq. lerr., p. 88.
L'Helix Cuttati vit à Charenton, sur les bords de la Marne, en compagnie des JT. Pisana et H. Pisanella ; 11 présente le même test monochrome et le même modus vivendi que ces deux espèces avec lesquelles il a été introduit.
Une forme minor, ne dépassant pas 15 millimètres de diamètre pour 12 millimètres de hauteur, habite sur le tronc des arbres, dans la petite île des Cygnes, à Grenelle, dans Paris même. Cette coquille, qui est évidemment une forme dégénérée, a pu être amenée par les bateaux marchands qui font le service entre le Havre et Paris. LH. Cuttati est, en elfel, une forme du itloral méditerranéen qui remonte volontiers le long des côtes de l'Océan Atlantique ; nous le connaissons également du Portugal (Locard), de l'Espagne (Bourguignat) et de la Sicile.
sie et de Beyrouth en Syrie, une variété à laquelle Bourguignat a donné le nom de var. Thusurosi (Letourneux et Bourguignat, 1887. Prodr. malacol. Tunisie, p. 81).
Groupe de l’H,. limbala.
Helix limbata, DraparNauD.
Helix limbata, Draparnaud, 1805. Hist. Moll., p. 100, pl. 6, fig. 29. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 105, fig. 122-123.
Forme typique, d’un galbe assez constant; outre le type, avec un test assez solide, mince, d'un blanc jaunâtre, orné d'une bande blanche sur la carène, on rencontre fréquemment la var. Sarralina, Moq.-Tand., de couleur fauve, plus ou moins foncé.
Très répandu dans le bois de Clamart, le long du mur du parc aérostatique de Meudon, entre la fontaine Sainte-Marie et l'étang de Trivaux, presque exclusivement sous les feuilles de Aiubus. Cette espèce, qui a été introduite vers 1872 par M. Arthon, s’est très rapidement développée dans toute celte région où elle semble définitivement acclimatée.
Cette forme d’origine méridionale se retrouve aujourd’hui dans presque toute la France littorale et centrale, depuis la région pyrénéenne jusque dans le Calvados où elle aurait été introduite par de l'Hopital ; on l’a signalée dans le Maine-et- Loire, la Sarthe, l'Allier, la Mayenne, les Deux-Sèvres, la Vienne et, plus au sud, dans l'Ariège, le Gers et la Haute- Garonne.
Groupe de l’Æ. Tervert.
Helix Augustiniana, BourGuIGnar.
Heliæ Augustiniana, Bourguignat, in Servain, 1880. Moll, Esp. Port., p. 73. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 208, fig. 269-270.
Le type de cette espèce a été découvert en Algérie, près de Bône, sur les ruines de l’ancienne Hippone. Le seul échantillon de la plaine Saint-Denis que nous possédions est bien typique ; 1l porte, sur le milieu du dernier tour, une
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très étroite bande à peine colorée, peu distincte. Nous avons observé cette même var. zonala chez des échantillons de Menton (Alpes-Maritimes) et de Saint-Affrique (Aveyron).
En France, nous connaissons l'Helix Auqustiniana dans les départements des Alpes-Maritimes, du Var, des Bouchesdu-Rhône, du Gard et de l'Aveyron, où il vit en colonies assez populeuses, mais localisées ; il remonte, assez rarement, le long de l'Atlantique et de la Manche. M. le D' Servain a signalé, aux environs de Badajoz, en Espagne, une forme minor de cette espèce qui.habite également les environs de Bône, en Algérie (Westerlund).
Helix limbifera, Locarp.
Helix limbifera, Locard, 1894. Coq. terr., p. 209.
L'Helix limbifera possède, autour de Paris, un galbe un peu plus élevé et une taille un peu plus petite que le type du Midi de la France. Le test est assez brillant, blanchâtre ou jaunacé, un peu épais, crétacé, très généralement orné d'une seule bande carénale brune, brillante, étroite, avec quelquefois deux ou trois bandes infra-carénales peu apparentes. On rencontre également à Gentilly, une var. unicolor. Diam. : 14-17 millim. ; haut. : 9-12 millim.
Çà et là, sur les talus exposés au Midi; grimpe surle Centaurea calcitrapa, Lin. et le Carduus lenuiflorus, Lin. : champs près le fort de Bicêtre; sur les luzernes, dans les champs, près le fort de Montrouge; talus à Gentilly ; talus des fortifications, porte de Patay; bords de la Marne, entre le confluent et Charenton. Dans cette dernière localité, les échantillons sont plus typiques et ornés de bandes subtransparentes assez larges, parfois partiellement soudées; on y rencontre également une var. minor ne mesurant que 13- 14 millimètres de diamètre pour 9 millimètres de hauteur.
Nous connaissons l’/J. limbifera dans les départements des Alpes-Maritimes, du Var, des Bouches-du-Rhône, de Vaucluse, des Pyrénées-Orientales, des Basses-Pyrénées et de la Gironde. D'après la collection Bourguignat, cette espèce remonte le long des côtes océaniques de France. Elle se retrouve aussi en Portugal (Locard).
Helix terraria, Locarp.
Helix terraria, Locard, 1894. Coq. terr., p. 209.
Nous possédons deux échantillons de cette espèce, recueillis sur les luzernes, dans un champ, près le fort de Montrouge. Ils sont de petite taille, assez typiques, à spire très surbaissée: le test est blanchâtre; l’un des individus possède six bandes brunes : une bande supra-carénale, très large, continuée en dessus et cinq infra-carénales étroites; l'autre coquille n’a qu'une bande supra-carénale étroite, continuée en dessus. Diam.: 14-15 1/2 millim. ; haut. : 9 1/4-9 1/2 millim.
Nous avons recueilli récemment dans les carrières d’Arcueil, près l'Aqueduc, de magnifiques échantillons de cette espèce, mesurant 17 millimètres de diamètre pour 12 millimètres de hauteur, ornés de trois larges fascies brunes subtransparentes : une fascie supra-carénale continue en dessus et deux infra-carénales, plus développées, presque soudées aux environs de l'ouverture.
L'Helix terraria nous est connu dans les départements des Alpes-Maritimes, du Var, des Bouches-du-Rhône, de Vaucluse, du Gard et de l'Hérault; il habite également le Portugal (Locard).
Helix leviculina, Locarp.
Helix leviculina, Locard, 1894. Coq. lerr., p.210.
Le type de cette espèce, si reconnaissable à son galbe
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très déprimé, légèrement tectiforme, presque plan en dessus, habite sur les plantes sèches des bords de la mer, aux Catalans, à Marseille. La coquille des rives de la Marne, à Charenton, est une forme minor mesurant de g à 12 millimètres de diamètre pour 6 1/2 à 7 1/2 millimètres de hauteur. Elle est bien typique et présente un {est blanc crétacé, un peu épais, orné de deux à cinq bandes brunes étroites, la première, parfois continuée en dessus !. Nous connaissons cette forme minor, de Nice, d'Orgon, d'Arles.
Nous avons également recueilli à Arcueil, près de l’Aqueduc, un échantillon mesurant 15 millimètres de diamètre pour romillimètresetdemi de hauteur, au test blanc, finement strié, orné d’une bande marron clair, légèrement subcarénale et de deux bandes infra-carénales, très étroites, presque obsolètes aux environs de l'ouverture, qui se rapproche beaucoup plus du type de la station des Catalans, à Marselle.
Le type de l’Helix leviculina n’a encore été signalé que dans les Alpes-Maritimes, le Var, les Bouches-du-Rhône et le Lot-et-Garonne.
Groupe de l’/7, Justana.
Helix Jusiana, BourGuIGNar.
Helix Jusiana, Bourguignat, ap. Locard, 1885. In Bull. Soc, Malacol., II, p.76. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 210, fig. 271-272.
Cette espèce, si reconnaissable à son galbe globuleux, un peu conique en dessus et à son test blanc brillant porcelanisé, est très rare aux environs de Paris. Le seul échantillon que nous possédons est bien {ypique ; son test blanc un peu brillant, est très finement striolé, légèrement jaunâtre en
1 Chez la coquille du Midi, le nombre des bandes ornementales varie entre Get 8.
dessous et rosé aux environs de l'ouverture qui est garnie d’un fort bourrelet fauve, roux clair. Diam. : 10 millim.; haut. : 13 millim.
Buissons de clôture, en haut du talus du chemin de fer de Ceinture, rue Regnault à Paris même.
Nous connaissons cette coquille des départements du Var, des Bouches-du-Rhône, de Vaucluse, du Gard et de l'Hérault. Elle est également acclimatée à Lyon. M. Westerlund l'a retrouvée, en Algérie, à l’état fossile.
Helix Salentina, H. Bzaxc.
Helix Salentina, H. Blanc, in Locard, 1885, Zn Bull. Soc. Malacol., I, p.73. — Locard, 1894. Coq. lerr., p.211.
Nous en avons recueilli de magnifiques échantillons parfaitement adultes, à Choisy-le-Roi, rue de la Pépinière. Ces coquilles sont bien typiques, de taille petite ou moyenne; leur test est blanc jaunâtre brillant, agrémenté, sur le dernier tour, de zones fauves plus transparentes que le reste de la coquille, parallèles aux stries qui sont fines et assez régulières; l’ouverture présente un bourrelet interne brun-roux assez développé et bien coloré. Diam. : 15-18 mullim.; haut. : 12-14 millim, Comme dansles échantillons de Lyon’, nous avons observé fréquemment un double bourrelet interne.
Vit sous les touffes d'orties, en compagnie de l'Helix ericetorum, Müll., rare : Choisy-le-Roi, rue de la Pépinière, passage à niveau du chemin de fer du P.-L.-M., sur la route de Créteil; Arcueil, chemin près de l’aquedue, en allant vers les carrières.
L'H. Salentina est une forme méridionale répandue en Italie, en Sicile, en Espagne, en Grèce et en Algérie. En
1 Locard (A.), 1885, Matér. hist, Malacol., IV, in Bull, Soc. Malacol. France, IT, p. 76.
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France, nous la connaissons des départements des Alpes- Maritimes, des Bouches-du-Rhône, de Vaucluse, du Gard, de la Drôme, de la Corrèze, du Lot-et-Garonne et de la Vendée.
En 18/40, elle avait été observée par Terver à Lyon, dans la presqu'ile de Perrache et aux Étroits; il la désignait sous le nom d’/1. variabilis ; elle semblait disparue, mais à partir de 1870, elle s’est acclimatée définitivement dans un autre quartier, sur les lalus du cours Lafayette au voisinage du chemin de fer.
Helix calculina, Locanr».
Helix calculina, Locard, 1894. Coq. lerr., p. 211.
Le seul échantillon, de Gentilly, que nous possédons est bien typique; son test est blanc jaunâtre, un peu brillant, surtout en dessous, orné d’une vague bande supra-carénale blanchâtre, à peine sensible. Diam. : 14 millim.; haut. : 13 millim.
L'Helix calculina est une espèce peu commune, que l’on rencontre surtout dans les départements méridionaux (Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Gard, Lot-et-Garonne), mais qui remonte un peu le long des côtes de l'Atlantique (Charente-Inférieure, Vendée).
Helix acomptia, BourGuIGNAT.
Helix acomptia, Bourguignat, 1864. Malacol. Algérie, 1, p. 218, pl. 24, fig. 17-21. — Locard, 1894. Coq. lerr., p. 212.
Cette forme, si particulièrement globuleuse-conique, au test porcelanisé, a été signalée pour la première fois en Algérie par le regretté Bourguignat. Nos échantillons, trouvés à Lagny-Thorigny, sur les talus du chemin de fer, à
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environ 300 mètres à l’ouest de la gare, sont absolument conformes à d’autres individus de l'Hérault et de la Charente-Inférieure ; ils sont plus petits que ceux d'Algérie et ne dépassent pas 15 millim. de diamètre; sur l’un d’eux on distingue en dessous des traces apparentes de trois bandes roux-clair, les deux plus inférieures très étroites et continues, la supérieure plus large et plus confuse, s’atténuant complètement à partir du milieu du dernier tour. Nous désignerons celte variation de coloration sous le nom de var. zsonula. Cette variation n’est pas très rare chez l'Helix acomptia : c’est une des formes d'Aelix à test porcelanisé qui ont le plus de tendance à avoir des bandes colorées visibles seulement en dessous du dernier tour de la coquille ; nous l'avons observée sur des échantillons provenant d'Hyères, Palavas, Saint-Martin-de-Ré, Cabourg, mais uniquement chez la var. minor.
Cette espèce algérienne a été retrouvée en France dans plusieurs stations fort dispersées, où elle constitue des colonies peu populeuses : nous la connaissons dans les départements de Vaucluse, Aude, Hérault, Haute-Garonne, Aveyron, Lozère, Charente, Charente-Inférieure, Calvados, etc.
Helix acomptiella, Locanp.
Helix acomptiella, Locard, 1894. Coq. lerr., p. 212, fig. 275-276.
Cette espèce vit, aux environs de Paris, en colonies assez dispersées, médiocrement populeuses. Les échantillons, bien typiques, sont parfaitement conformes à la figuration citée dans notre synonymie. Comparés aux types algériens, ils présentent un test moins blanc, moins brillant, beaucoup moins épais et crétacé. l'Helix acomptiella atteint parfois, notamment à Charenton, une forte taille, son galbe restant
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d’ailleurs parfaitement typique, bien conique en dessus. Diam. : 13-16 1/2 millim. ; haut. : 12-14 millim. Nous avons recueilli, sur les Luzernes, près le fort de Montrouge, une variété minor presque un tiers plus petite (Diam. : 10-11 millim.; haut. : 8-10 millim.)
Peu commun ; de préférence sur les Ombellifères : Paris; Square Alboni à Passy; talus des fortifications près la gare d'Orléans; champs et talus à Gentilly; Montrouge ; Choisyle-Roiï, près du passage à niveau du P.-L.-M.; bords de la Marne à Charenton; la plaine Saint-Denis; Arcueil, carrières, près de l’aqueduc.
L'H. acomptiella est une forme ordinairement assez rare, mais qui remonte le long des côtes océaniques françaises. Elle nous est connue des départements de l'Aveyron, du Tarn-et-Garonne, de la Corrèze, de la Gironde, de la Charente-Inférieure et du Finistère. Elle habite également l'Algérie ( Westerlund) et le Portugal (Locard).
Helix suberis, BourGUIGNAT.
Ielix suberis, Bourguignat, in Locard, 1885, Bull. Soc. Malacol., IT, p. 54. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 213.
L'Helix suberis est une forme bien constante, rare aux environs de Paris, où les échantillons parfaitement typiques, d’un galbe relativement peu globuleux, subdéprimé, présentent comme dans le Midi « cette indication d’une fausse carène à peine sensible sur le profil du dernier tour, mais rendue apparente au regard par la présence d’une ligne blanchâtre un peu brillante qui règne sur ce point !. » Le test est roux sale, finement costulé; l'ouverture est garnie d'un bourrelet rosé. Diam. : 16-18 millim.; haut. : 10-13 1/2 millim.
1 Locard(A.), 1885, Matér, hist, Malacol. fr.,in Bull. Soc. Malacol, France, II, p. 56.
DES ENVIRONS DE PARIS xy7
Rare. Talus des fortifications : porte de Vitry; porte de Patay.
Cette espèce, peu répandue, n’a encore été signalée qu'aux environs d'Hyères (Var) et de Nimes (Gard). Elle s’est également naturalisée à Sainte-Catherine-le-Fierbois, dans le département de l’Indre-et-Loire.
Helix Evenosi, BourGUIGNAT.
Helix Evenosi, Bourguignat, ap. Locard, 1885. In Bull. Soc. Malacol., II, p. 96. — Locard, 1894. Coq. lerr., p. 213, fig. 277, 278.
Coquille d’un galbe voisin du type méridional, mais à dernier tour moins globuleux; le test est solide, un peu crétacé, blanc brillant, finement costulé, parfois légèrement malléé sur le dernier tour. L’ombilic très étroit, est plus recouvert par suite d’un épaississement plus accentué du bord columellaire ; la coquille passe ainsi à la var. subumbilicata Locardt, variété que nous connaissions déjà de Graveson (Bouches-du-Rhône) et de Port-Sainte-Marie (Lot-et- Garonne). Diam. : 18 nullim.; haut. : 12 millim.
Très rare, à Argenteuil et sur les Luzernes aux environs du fort de Montrouge où cette forme vit en eompagnie des Helix ademata, H. terraria et IH. limbifera.
Nous connaissons l'A. Evenosi dans le Var, les Bouchesdu-Rhône, Vaucluse, le Gard, l'Hérault, la Haute-Garonne, le Lot-et-Garonne, la Charente-Inférieure et, en dehors de
la France, en Portugal (Locard).
Helix ademata, BoureuiIcnar.
Helix ademata, Bourguignat, ap. Locard, 1885. In Bull. Soc. Malacol., IL, p.65. — Locard, 1894. Coq. lerr., p. 214,
Cette espèce, du groupe espagnol de l’Helix Castroiana,
{ Locard (A.), 1885. Matér. Malacol. française, in Bull. Soc, Malacol. France, Il, p.58.
Servain, est abondante à Choisy-le-Roi, près le passage à niveau du chemin de fer P.-L.-M. Nos échantillons présentent un assez grand polymorphisme portant sur le galbe qui est plus où moins globuleux et surtout sur la spire qui est plus ou moins haute tout en restant cependant, chez la grande majorité des individus, notablement plus basse que dans les colonies méridionales. Le test est d’un beau blanc brillant, parfois un peu jaunâtre, crélacé, solide, quoique notablement plus mince que chez les coquilles du Midi. La taille reste petite. Diam. : 14-16 millim. ; haut, : 10-12 mil.
L'H. ademata vit en très grande abondance à Choisy-le- Roi, près le passage à niveau du chemin de fer de P.-L.-M., sur les chardons, et l’on peut voir parfois des espaces de plusieurs mètres carrés presque disparaître sous une couche d’un beau blanc formée d'échantillons de cette espèce. On la rencontre encore, mais beaucoup moins commune, sur les Luzernes près le fort de Montrouge et dans la plaine Sant-Denis.
Nous connaissons cette même forme des Alpes-Maritimes, du Var, des Bouches-du-Rhône, du Gard, de la Haute- Garonne et de l'Ile-de-Ré. Bourguignat l’a également signalée en Algérie, à Oran.
Helix Kalona, BErTHIER.
Ilelix Kalona, Berthier, in Locard, 1894. Gog. terr., p. 214.
Cette forme provençale est assez bien caractérisée autour de Paris, mais présente un galbe plus globuleux quoique bien constant, ne permettant de constater que de légères variations dans l'allure de la spire qui est plus ou moins conique. Le test est un peu mince, subtransparent, blanc, subcrétacé, assez brillant, un peu roux clair en dessous. Diam. : 12-15 millim, ; haut. : 9-10 millim.
Rare : talus ombragés des fortifications entre la porte de Patay et le chemin de fer d'Orléans; Arcueil, chemin se dirigeant vers les carrières, près de l’Aqueduc.
L’/1. Kalona habite normalement les Bouches-du-Rhône, Vaucluse, le Gard et l'Hérault.
Helix limarella, HAGexmüzzer.
Helix limara, var. limarella, Hagenmüller, in Westerlund, 1889. Fauna palæar., 1, p. 178.
— limarella, Locard, 1894. Coq. lerr., p. 215.
Coquille de taille moyenne, généralement plus globuleuse que celle des Bouches du Rhône, à test notablement moins solide ; le bourrelet interne, peu coloré, n’est que faiblement indiqué. Diam. : 13-14 1/2 millim.; haut. : 9-11 millim. L'aspect déprimé de la spire provient surtout des trois premiers tours et du sommet qui sont comme écrasés. Nous possédons une var. major de Choisy-le-Roï, de même galbe, mais mesurant 18 millim. de diamètre maximum.
Rare : vit sur le gazon des talus exposés au Midi: à Genülly, à Choisy-le-Roi (route de Créteil) et à Paris (Portes de Vitry et de Patay.)
Nous connaissons cette forme dans les départements des Alpes-Maritimes, du Var, des Bouches-du-Rhône, de Vaucluse, du Gard et de la Haute-Garonne.
Helix subtassyana, Locarn.
Helie Tassyana, Fagot, in Locard, 1885, Bull. Soc. Malacol., II, p. 70 (non Bourg.). — Helix sublassyana, Locard, 1894. Coq. terr., p. 215. Cette espèce, découverte au mont Alarie dans le département de l'Aude, par M. Paul Fagot, est rare dans la région parisienne. Les échantillons que nous avons récoltés à Arcueil, près de l’'Aqueduc, mesurent 13-14 millim. de
diamètre pour 10 millim. de hauteur; ils sont done de taille normale ; leur galbe est assez nettement déprimé, leur test est blanc, légérement brillant, sans traces de fascies, orné de stries longitudinales ondulées, très fines et très irrégulières.
L’Helix sublassyana est une forme rare, habitant les départements de l'Aude et de Vaucluse.
Helix Mendranôpsis, Locarp.
Helix Mendranopsis, Locard, 1894. Coq. lerr., p. 215.
L'Helix Mendranopsis est une des formes méridionales les plus répandues autour de Paris où elle vit en colonies populeuses dans un grand nombre de localités, en compagnie de l’/1. Cyzicensis, Gall. La coquille parisienne présente ce galbe un peu déprimé, quoique subglobuleuxconique dans son ensemble qui caractérise si bien cette espèce. Le test est blanc porcelanisé, un peu jaunâtre en dessous, brillant, assez épais. Diam.: 13 1/2-17 millim, ; haut. : 11-14 millim. On observe un polymorphisme portant sur le galbe qui est plus ou moins élevé, sur l'allure de la spire, ete... mais surtout sur la taille qui permet de dislinguer une var. major atteignant 20 millim. de diamètre pour 16 millim. de hauteur (Choisy-le-Roi, près le passage à niveau du P-L-M; Sennevières), et une var. minor un üers plus petite : diam. : 12-13 millim. ; haut, : 9 1/2-10 millim. (Boulevard Victor, à Paris; talus à Gentilly ; Choisyle-Roi, passage à niveau du P-L-M.)
Vit sur les talus exposés au soleil, parmi le gazon, sur les ombellifères, les chardons et les Centaurea calcitrapa, L. Très commun; souvent en colonies extrêmement populeuses : Paris, talus des fortifications ; boulevard Victor, porte
de Gentilly, porte de Patay, porte d'Austerlitz, près la gare d'Orléans, porte d'Arcueil ; Square Alboni, à Passy ; Champs près le fort de Montrouge ; près le fort de Bicètre; talus à Gentilly; Choisy-le-Roi, route de Créteil, près le passage à niveau du P-L-M ; bords de la Marne à Charenton ; Arcueil ; Asnières ; Courbevoie ; Argenteuil (Seine-et-Oise) ; Sennevières, près Nanteuil-le-Haudouin (Oise) ; Lagny (Seineet-Marne.)
L'H. Mendranopsis commun dans preque tout le Midi (Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales, Haute-Garonne, Lot-et-Garonne), remonte sur les côtes de l'Océan Atlantique et même de la Manche (Gironde, Charente-Inférieure, Ile de Ré, Belle- Isle, Vendée, Indre-et-Loire, Calvados, îles Chausey) ; on le trouve aussi accidentellement à Lyon.
Helix Nemausensis, BourGuIGNAr.
Helix Nemausensis, Bourguignat, in, Locard, 1894. Coq. terr., p. 216. fig. 279-280.
Comme l'espèce précédente, |’. Nemausensis est une forme très répandue autour de Paris. Elle y présente un galbe notablement plus élevé qu'en Provence; le test est blanc, porcelanisé, solide, assez épais, brillant et très finement striolé ; l'ouverture est garnie d’un bourrelet un peu saillant, rougeàtre, brillant. Diam. : 13-15 mullim. ; haut. : 10-12 millim.
Nous distinguerons chez celte espèce : une var. depressa caractérisée par un galbe très déprimé et une ouverture relativement plus grande {talus des fortifications, boulevard Victor, à Paris); une var. major très nette : diam. : 17 millim, ; haut. : 12 1/2 millim. (talus à Gentilly.)
LE
22 FAUNE MALACOLOGIQUE
Très commun, sur les talus exposés au soleil : Paris, talus des fortifications, boulevard Victor, porte de Vitry, porte de Gentilly, rue Regnault, talus du chemin de fer de Ceinture; Square Alboni, à Passy; champs près le fort de Montrouge; près le fort d'Ivry; près le fort de Bicètre ; talus à Gentilly; Choisy, route de Créteil près le passage à niveau du P.-L.-M; bords de la Marne à Charenton; Arcueil, chemin des carrières, etc.
L'H. Nemausensis nous est connu des départements du Var, des Bouches-du-Rhône, du Gard, de Vaucluse, de l'Hérault, du Lot-et-Garonne, de la Charente-Inférieure, de la Vendée et du Finistère.
Groupe de l'A. Avenionensis.
Helix Avenionensis, BourGuIGNAT.
Helix Avenionensis, Bourguignat, ap. Locard, 1885. In Bull. Soc. Malacol., IT, p. 65.— Locard, 1894. Coq. terr., p. 216, fig. 281-282.
Cette jolie petite forme, distinguée pour la première fois par Bourguignat, s’est largement répandue aux environs de Paris, particulièrement sur les talus des fortifications. Elle a conservé son galbe bien typique, mais le dernier tour est relativement moins développé et moins globuleux. Le test est blanc, assez brillant, peu épais. Diam. : 12-14 1/2 millim. ; haut, : 10 1/2-11 1/4 millim. Une var. minor de même galbe, à test plus mince et un tiers plus petite (Diam. : 9 1/2-10 1/2 millim.; haut. : 8-9 millim.), vit sur les planches de clôture des terrains vagues, rue Barrault à Paris.
Très commun sur les gazons des talus, etc. : Paris, talus des fortifications, près la gare d'Orléans, porte de Vitry, porte de Gentilly, rue Barrault; square Alboni, à Passy;
Gentilly, Arcueil; Montrouge; bords de la Marne à Charenton; Choisy-le-roi, route de Créteil près le passage à niveau du P.-L.-M.; le Vésinet.
L’Helix Avenionensis est une des formes de Variabiliana qui remontent le plus haut sur les côtes de la Manche. Nous connaissons en effet cette espèce de Boulogne dans le Pasde-Calais. Elle vit encore dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Var, de Vaucluse, du Gard, de l'Aveyron et remonte, le long des côtes océaniques, dans la Charente- Inférieure, la Loire-Inférieure et la Vendée.
Helix Guideloni, BourGUIGNAT.
Helix Guideloni, Bourguignat, in Locard, 1894. Coq. terr., p. 217.
Cette espèce, d’un galbe un peu haut, et dont le dernier tour est vaguement subcaréné à sa naissance, est bien conforme au type méridional; cependant son test est moins brillant ; il est blanc, très légèrement porcelanisé, rarement jaunâtre. Quelques rares échantillons sont ornés d’une vague bande supra-carénale brune, réduite à des points. Nous désignerons cette variété sous le nom de zonafa. Diam. : 10-12 millim.; hauteur : 7 1/2-10 1/2 millim.
Commun : Paris, talus des fortifications, près la gare d'Orléans, porte de Vitry, porte de Gentilly ; Square Alboni, à Passy ; Choisy-le-roi, près le passage à niveau du P.-L.-M.; champs près le fort de Montrouge ; talus à Gentilly.
Nous connaissons l’Æelix Guideloni dans les départements suivants : Bouches-du-Rhône, Hérault, Gers, Haute- Garonne, Lot-et-Garonne et Loire-Inférieure. Il se montre accidentellement à Lyon et se retrouve dans le Portugal
(Locard).
Helix ambielina, DE CHARPENTIER.
Helix ambielina, de Charpentier, in Paladilhe, 1867. Miscell, Malacol., p. 41 (sine descrip.).— Locard, 1894. Coq. lerr., p. 217.
Le seul échantillon que nous possédions de cette espèce a été recueilli vivant et bien adulte sur le talus des fortificaons, non loin de la gare d'Orléans. Il est parfaitement conforme, comme galbe et comme taille, au type méridional!; son test est notablement moins brillant, son ouverture est garnie d’un assez fort bourrelet rosé. Diam. : 13 nullim. ; haut. : 10 millim.
L’A. ambielina n’a pas encore été signalé sur les côtes de l'Atlantique ; nous ne le connaissons que sur le littoral méditerranéen, dans les départements des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, de l'Aude et de l'Hérault où il est assez rare.
Helix fera, Lerourveux et BourGurGxar.
Ielix fera, Letourneux et Bourguignat, 1887. Prodr., Malacol. Tunisie, p. 50. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 217, fig. 283-284.
L'Helix fera, découvert d’abord en Tunisie aux environs de Tebourba (Berthier) et de Carthage (Hagenmüller), est une petite forme déprimée, convexe-tectiforme en dessus, surtout caractérisée par son dernier tour bien anguleux et comprimé sur les {rois quarts de sa longueur. Cette espèce,
{ Nous prenons pour type les échantillons adressés par de Charpentier lui-même à Bourguignat; ces échantillons sont aujourd'hui au musée de Genève; ce sont eux qui ont servi de terme de comparaison à Paladilhe. Quant aux échantillons de la collection de Charpentier au musée de Lausanne, ils sont, nous écrit M.le marquis de Monterosato, tout différents; mais la collection du savant malacologiste suisse avant d'être installée comme elle l’est aujourd’hui, a subi de telles viscissitudes, que nous croyons prudent de nous en tenir au type de la collection Bourguignat.
bien typique dans nos environs, y présente un test blanc porcelanisé, assez brillant, Diam.: 9-13 millim.; haut.: 6-8 1/2 millim. Nous signalerons une var. minor ne mesurant que 8-8 1/2 millim. de diamètre pour 6- 6 1/2 millim. de hauteur, mais néanmoins pourvue d'un fort bourrelet interne. (Planches de clôtures, rue Barrault à Paris ; talus à Gentilly.)
L'ZI. fera est une forme très robuste qui s’est rapidement acclimatée autour de Paris: c’est aujourd'hui l'espèce de ce groupe la plus répandue. Elle vit en colonies très populeuses sur les tiges sèches des grandes ombellifères et des chardons, plus rarement sur le gazon ou les orties. Nous l'avons recueillie abondamment dans les localités suivantes : Paris, talus des fortifications, près Orléans-Ceinture, porte de Vitry, porte de Gentilly, porte d'Auteuil, rue Barrault, square Alboni, à Passy, etc...; champs à Montrouge ; à Gentilly; à Choisy-le-Roï, route de Créteil; à Châtillon; bords de la Marne à Charenton, etc...
Nous connaissons l’/7. fera des départements des Alpes- Maritimes, des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, du Gard, du Lot-et-Garonne, de la Vendée, de l’Ille-et-Vilaine, de la Seine-Inférieure et des îles Chausey dans la Manche. Il remonte accidentellement jusqu'à Lyon.
Helix Grannonensis, BourGUIGNAT.
Helixæ Grannonensis, Bourguignat, in Servain, 1880, Moll. Esp., p. 104. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 218, fig. 285-286.
Cette forme beaucoup plus rare que la précédente reste bien typique; ce n’est que par exception que l’on remarque, chez quelques individus, un dernier tour très vaguement subcaréné aux environs immédiats de l'ouverture. Test blanc, quelquefois jaunacé, assez brillant, relativement mince. Diam. : 11-13 millim, ; haut. : 9-11 millim,
26 FAUNE MALACOLOGIQUE
Rare, en colonies peu populeuses : Paris, talus des fortifications, boulevard Victor, porte de Vitry; square Alboni, à Passy ; talus à Gentilly.
L'Helix Grannonensis est une forme méridionale assez commune, qui remonte volontiers le long des côtes de l'Atlantique. Nous en avons observé la présence dans les départements des Alpes-Maritimes, du Var, des Bouchesdu-Rhône, de Vaucluse, du Gard, des Pyrénées-Orientales, de la Haute-Garonne, de la Dordogne, de la Charente-Inférieure, de la Vendée, de la Loire-Inférieure, du Finistère et du Calvados. Cette même forme a été également retrouvée en Espagne, en Portugal, en Italie (Locard), en Algérie et en Tunisie, sur le littoral, près de Gabès (Letourneux).
Groupe de l'A. variabilis.
Helix variabilis, DRAPARNAUD.
Heliæ variabilis, Draparnaud, 1801. Tabl. Moll., p.73.— Draparnaud, 1805, Hist, Moll., p. 84, pl. 5, fig, 11-12. — Locard, 1894. Coq. lerr., p. 218, fig. 287-288.
On a confondu sous ce nom un grand nombre de formes absolument différentes, mais nous prendrons pour type la coquille figurée par Draparnaud'. À Sennevières, les échanüillons sont d’un galbe très nettement caractérisé, mesurant de 16 à 18 mullim. de diamètre pour 13 à 14 millim. de hauteur ; les bandes sont d'un brun clair. Les coquilles de Durtal, en Maine-et-Loire, ont 17 millim. de diamètre et 13 millim. de hauteur ; elles constituent donc une forme un peu plus surbaissée que le type, correspondant à une variété à laquelle l’un de nous a donné le nom de Durtalensis?.
1 Locard (A.), 1895. Ipsa Draparnaudi Conchylia, p. 108. ? Germain (L.), 1903. Ftude Moll. Maine-et-Loire, p. 124.
Nous connaissons cette même variété aux environs de La Rochellef.
L'Helix variabilis est une forme essentiellement méridionale (Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Hérault, Haute-Garonne, Lot-et-Garonne, etc...), que l'on retrouve en Portugal {(Locard), en Algérie et en Tunisie [environs de Tunis (Bourguignat), Menzel-Temen (Letourneux), ete... el qui remonte sur le littoral de l'Océan Atlantique au moins jusqu'à Cherbourg (Gironde, Charente-Inférieure, Maine-et-Loire, Vendée, Manche, Calvados).
Helix lutosinula, Locaro.
Helix luteala, Locard, 1894. Coq. terr., p. 219. (Non Parreys, in: Pfeiffer. 1857. Malack. Blälter, IV, p. 87).
— lutosinula, Locard, 1903. Mss.
Cette magnifique espèce, au galbe subglobuleux, un peu déprimé, et dontles tours, très peu convexes, presque plans en dessus, sont séparés par des sutures peu profondes, est très rare aux environs de Paris. Le seul échantillon que nous possédons vivait sur un talus bien exposé au midi, non loin de l'avenue Victor-Hugo, à Gentilly. Il est bien typi-
1 La présence de cette espèce a été déjà indiquée par M. le D' Jousseaume (Jousseaume, 1878. Faune malacologique des environs de Paris, huitième article, (Bull. Soc.Zool. France, p. 210) sous le nom de Theba virgata: «I est très abondant aux environs de Paris, et sa découverte en est facile, car il habite surtout les endroits secs et découverts. On le trouve souvent groupé le long des plantes ou des barreaux de clôture, qu'il recouvre quelquefois complètement. Il n’est pas rare de rencontrer des plantes sur les branches desquelles ils s’amassent en si grand nombre qu'ils forment des grappes dont le volume atteint souvent la grosseur d'un œuf. Il suffit de visiter les bords du canal à Saint-Denis ou les {alus du chemin de fer à Grenelle pour se le procurer. La présence du Theba virgala aux environs de Paris, où il est encore cantonné dens certaines localités, n'a été constatée que depuis quelques années; il a dû être importé depuis la création des chemins de fer, qui ont permis d'apporter des fourrages des localités où il se trouve. »
28 FAUNE MALACOLOGIQUE
que comme galbe et comme taille (diam. : 18 millim. ; haut. : 15 millim.). Son test, assez solide, blanchâtre en dessus, jaunacé en dessous, est brillant, orné d’une large fascie subcarénale brune et de cinq fascies infracarénales, plus étroites, également brunes. Toutes les bandes qui ornent le test de cette coquille s’élargissent aux environs de l'ouverture; la fascie supracarénale seule est continuée en dessus.
L'Helix lutosinula est une forme rare, que nous ne connaissons encore que dans les Alpes-Maritimes, le Var, les Bouches-du-Rhône, Vaucluse, le Gard et à l’île de Ré,
Groupe de l'A. Xalontea.
Helix Xalonica, SERVAIN.
Helix Xalonica, Servain, 1880. Moll, Esp. Port., p. 102. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 222, fig. 293-204.
Belle espèce, assez rare autour de Paris; de galbe et de taille normaux, les échantillons présentent un test mince, beaucoup moins chaudement coloré que dans le Midi; on observe une diminution très sensible dans la largeur des bandes brunes qui ornent le test; ces bandes ont évidemment tendance à disparaître. Diam. : 12-16 millim.; haut. : 9-12 millim.
Assez rare; en colonies peu populeuses sur les Composées ou les Ombellifères : Paris, talus des fortifications, porte de Vitry, porte de Gentilly ; square Alboni, à Passy; bords de la Marne à Charenton ; Montrouge, près le fort ; Gentilly ; Arcueil, chemin allant aux carrières, près de l'Aqueduc.
Commun dans tout le Midi (Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Gard, Hérault, Ariège, Haute- Garonne, Lot-et-Garonne, Basses-Pyrénées), l'Æelix Xalonica remonte volontiers le long des côtes de l'Atlantique (Charente, Charente-Inférieure, île de Ré, Vendée, Finistère) et même de la Manche (Seine-Inférieure, Pas-de-Calais);
DES ENVIRONS DE PARIS 29 il s’est acclimaté à Lyon et dans l’Indre-et-Loire. Hors de France, cette espèce vit en Espagne (Servain), en Portugal (Locard) et en Autriche, Trieste (Westerlund).
Helix alluvionum, SERVAIN.
Helix alluvionum, Servain, 1880. Moll. Esp. Port., p. 102. — Locard, 1894. Coq. terr,, p. 222.
Le type de cette espèce a été découvert par le D' Servain aux environs de Pampelune en Espagne. La coquille du square Alboni est bien lypique; de taille un peu forte, son test est assez épais, blanc-roux, crétacé, peu brillant. Diam. : 19-16 1/2 millim.; haut. : 11 1/2-19 1/2 millim.
Nous n'avons recueilli que trois échantillons, parfaitement adultes, de cette espèce. Ils vivaient, au milieu d’une colonie populeuse de l'Helix Cyzicensis, l'un sur les luzernes près le fort de Montrouge, les deux autres dans le square Alboni, à Passy.
Cette Helice espagnole, qui habite aussi le Portugal, l'Algérie (alluvions de la Seybouse, près Guelma et de l'Oued- Sebaou, près Dellys), la Tunisie (ruines de Carthage) et l'Autriche à Trieste, nous est connue en France des départementssuivants: Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales, Lot-et-Garonne, Basses-Pyrénées, Charente-Inférieure, Loire-Inférieure, Vendée, Ille-et-Vilaine et Calvados. Cette espèce s’est acclimatée à Lyon depuis 187r.
Helix Cyzicensis, (GALLAND. Heliz Cysicensis, Galland, in Coutagne, 188r. Bassin Rhône, p. 13. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 224, fig. 295-296. Cette espèce, si bien caractérisée, est une des plus répandues autour de Paris ; c’est aussi une de celles qui conservent le mieux son galbe et son aspect méridional. De taille nor-
30 FAUNE MALACOLOGIQUE
male ou même grande, le test est jaunacé, peu brillant, orné de stries fines et serrées, et de bandes brun foncé continues ou non, subtransparentes. Diam.: 14-16 millim. ; haut. : 10-12 millim. Comparée aux échantillons de Beaulieu en Maine-et-Loire, où l'Æelix Cyzicensis est également acclimaté, la coquille parisienne présente, sur un fond moins brillant et plus jaunâtre, des bandes beaucoup moins chaudement colorées, ce qui lient à la différence de climat des deux stations. Nous signalerons une var. minor possédantle même galbe, le même test, mais au moins un tiers plus petite. Diam. : 10-11 millim. ; haut. : 8-9 millim.)
Très commun dans le square Alboni à Passy, où il vit dans tout le jardin, mais surtout sur les plantes odorantes de grande taille (Ombellifères, Fœniculum, grandes Composées, etc...) introduites dans un but ornemental, l'A. Cyzicensis ne se rencontre qu'exceptionnellement sur les talus des fortifications (porte de Vitry) qui ne lui offrent pas une végétation suffisante. Il faut le rechercher dans les champs, contre les talus ombreux bien exposés au soleil, etc...: Bicêtre, près le fort; Montrouge, près le fort ; Choisy-le-Roi, près le passage à niveau du P.-L.-M. ; Arcueil; bords de la Marne à Charenton ; Sennevières,près Nanteuil-le-Haudouin ; Lagny; Neuilly; parc du Vésinet.
L’A. Cyzicensis, répandu dans toute la Provence, remonte volontiers le long des côtes de l'Océan Atlantique et de la Manche. Nous le connaissons dans les département suivants: Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Gard, Pyrénées-Orientales, Lot-et-Garonne, Gironde, Charente-Inférieure, île de Ré, Vienne, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Vendée, Ille-et-Vilaine, Manche, îles Chausey, Calvados, Seine-Inférieure. Il s’est aussi acclimaté à Lyon. À l’étranger, nous le connaissons en Portugal (Locard) et à l'île Minorque (Westerlund).
Groupe de l’H. Mendranoi.
Helix Mendranoi, SERVAIN.
Helix Mendranoi, Servain, 1880. Moll. Esp. Port., p. 105, — Locard, 1894. Coq. terr., p, 226, fig. 297-298.
Cette Hélice espagnole, dont la présence a été constatée en Sicile, en Algérie et en Tunisie présente, autour de Paris, un galbe bien typique, mais un test moins brillant et surtout moins épais que dans les échantillons plus méridionaux. Une bande brune, étroite, souvent obsolète, parfois réduite à des points, orne presque toujours la coquille, qui est de taille normale. Diam. : 11-13 millim.; haut. : 9-11 millim. Une var. minor, ne dépassant pas 9 1/2 millimètres de diamètre pour 8 millimètres de hauteur, habite les planches de clôtures de la rue Barrault, dans Paris même.
Commun, sur les talus, parmi le gazon, grimpe sur le Carduus tenuiflorus, Lin. et y reste exposé à l’ardeur du soleil : Paris, talus des forüfications, porte de Vitry, porte de Gentilly, rue Barrault; champs, près le fort de Bicètre; talus à Gentilly ; bords de la Marne, à Charenton; bois de Meudon; Lagny.
Nous connaissons l'Helix Mendranoiï dans les départements des Alpes-Maritimes, du Var, des Bouches-du-Rhône, du Gard, de la Haute-Garonne, de la Gironde, de la Charente-Inférieure, de la Loire-Inférieure, la Vendée, et du Calvados. Cette même forme se retrouve aussi à l’île de Ré et dans les îles de Chausey.
Helix Canovasiana, SERVAIN.
Helix Canovasiana, Servain, 1880. Moll. Esp. Port., p. 106. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 227.
L'Helix Canovasiana est une forme hispanique qui a été
{ Sous le nom d’/. Manchanoi (per error.), Caziot, 1896. Faune malac. Vendée, in Feuille Jeunes-natur., 3e série, XVI, p. 11, 54 et 97.
32 FAUNE MALACOLOGIQUE
constatée en Portugal, en Algérie, en Tunisie et en Sicile. Nos échantillons sont de galbe identique, mais de taille plus petite ; ils présentent, en outre, une coloration plus jaunacée, moins brillante, et un test notablement moins épais-crétacé. Diam. : 11-12 millim. ; haut. : 83/4-9 1/4 millim.
Assez rare : Paris, rue Barrault; square Alboni, à Passy; talus à Gentilly; champs près le fort de Montrouge ; bords de la Marne, à Charenton.
L'H. Canovasiana est une forme assez rare dont nous avons observé la présence dans les départements des Alpes- Maritimes, du Var, des Bouches-du-Rhône, de Vaucluse, du Gard, de la Drôme, de la Haute-Garonne, de Maine-et- Loire, de la Vendée. Il est acclimaté à Lyon, depuis 1871 1.
Helix mucinica, BOoURGUIGNAT.
Helir mucinica, Bourguignat, in Locard, 1894. Coq. terr., p. 227, fig. 299-
Petite espèce au galbe conique un peu élevé, avec le [e] ,
{ Nous signalerons encore l'espèce suivante trouvée aux environs de Paris, mais sans indication de provenance précise.
Helix Mendozæ, SErRvAIN.
Helir Mendozæ, Servain, in Locard, 1882. Prodr., p. 115 et p. 343. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 227.
Cette espèce, découverte à la Barre-de-Mont, en Vendée, par M. le D' Servain, est assez répandue dans le département de Maine-et-Loire (Champtocé, ruines du vieux Château; Beaulieu, roche Servière; Chalonnes, etc.). La coquille de l’Anjou est de grande taille: 9-14 millim. de diamètre pour 8-12 millim. de hauteur, d'un galbe parfaitement typique; le test est assez épais, solide, très généralement unicolor, mais parfois orné de 1-5 bandes brunes étroites, interrompues ou non. Une variété minor à test orné de stries plus fortes, ne mesurant que 8-9 millim. de diamètre pour 7 1/2- 8 millim. de hauteur, habite la Roche Servière à Beaulieu.
L'H. Mendoz:æ n'est connu que dans les régions littorales de l'Atlantique et de la Manche, dans les départements de la Vendée, de la Loire-Inférieure, du Maine-et-Loire, du Morbihan, du Finistère et dela Manche. Letourneux et Bourguignat l'ont également signalé aux environs de Tebourba en Tunisie,
dernier tour subanguleux et un test subcrétacé roux clair, parfois flammulé dans le Midi, plus pâle et monochrome dans le Nord. Le type parisien est, en général, de taille assez grêle, et d’un galbe un peu plus surbaissé que les échantillons soumis à l'influence maritime, aussi bien dans le Midi que le long du littoral de la Manche.
Rare : Talus des fortifications, près la gare d'Orléans, à Paris; Lagny.
L'H. mucinica est une forme assez commune dans presque tout le Midi (Alpes-Maritimes, Var, Vaucluse, Gard, Aude, Haute-Garonne); elle remonte assez haut sur les côtes de l'Atlantique et de la Manche, où nous en avons constaté la présence à Dieppe, dans le département de la Seine-Inférieure {.
Helix papalis, Locarp.
Helix papalis, Locard, 1887. In Bull, Soc. Malacol. France, IV, p. 181. — Locard, 1894. Coq. terr., p. 228, fig. 301-302.
Cette petite forme, voisine de l’Æelix Mendozæ, dont elle se distingue à son galbe moins globuleux, à sa spire moins haute, à son ombilic un peu plus ouvert, etc... est rare dans la région parisienne. Nos échantillons sont parfaitement identiques, comme galbe et comme taille, à ceux du littoral océanique ; leur test assez mince, mais solide, est blanc jaunâtre, à peine brillant, orné de quatre, rarement de cinq bandes brunes bien apparentes,
Rare : Sur les tiges des grandes plantes garnissant les fossés des fortifications, près du chemin de fer de Limours
{ Signalons encore pour mémoire l’{elix peregrina, (Locard, 1894. Coq. lerr., p. 229) vivant normalement dans les Alpes-Maritimes, le Var, les Bouches-du-Rhône, la Haute-Garonne, et que l’on retrouve acclimaté en Vendée, à Simon-la-Vineuse (Rousseau, in coll.)
34 FAUNE MALACOLOGIQUE
et de l'entrée de l'Aqueduc des eaux de la Vanne, à la porte de Gentilly ; planches de clôture, rue Barrault, à Paris; Neuilly.
Nous connaissons cette espèce des environs d'Avignon (Vaucluse), de Saint-Jean-du-Mont (Vendée), d'Ouessant (Finistere) et de Granville, dans la Manche.
Helix Sylvæ, SERVAIN.
Helix da Sylvxæ, Servain, in Locard, 1882. Prodr., p. 115 et p. 342. — Sylvæ, Locard, 1894. Coq. terr., p. 228.
Cette espèce, dédiée par M. le D' Servain à M. José da Sylva e Castro, le savant naturaliste portugais, appartient encore au même groupe que l'espèce précédente. C’est une petite forme particulièrement maritime, très constante de galbe, d’allure et de coloration; nos échantillons sont parfaitement typiques. Nous ne l'avons encore rencontrée qu'à Neuilly.
Dans le Midi, nous ne connaissons cette Hélice qu'à Saint- Tropez, à Marseille et à Carcassonne où elle a dû être importée; elle est répandue sur tout le littoral de l'Océan Atlantique et jusque dans la Manche : Charente, Charente- Inférieure, île de Ré, Saint-Jean-du-Mont / Vendée), Nantes, Saint-Nazaire (Loire-Inférieure), Ouessant, Brest (Finistère), île de Cazambre, îles Chausey, Villers-sur-Mer, etc.
Helix pilula, Locaro.
Helix pilula, Locard, 1894. Coq. lerr., p. 229, fig. 303-304.
Petite forme assez répandue, bien caractérisée, mais de galbe plus globuleux que sur le littoral de l’Atlantique, à test blanchâtre ou jaunacé, rarement orné de plus de trois” bandes brunes, étroites, souvent avec une seule bande
légèrement supra-carénale. Diam. : 10-12 millim. ; haut. : 9-10 millim.
Rare: çà et là sur les talus ; Paris, talus des fortifications, porte de Gentilly, porte de Vitry, rue Barrault; square Alboni, à Passy; champs près le fort de Montrouge; Genülly ; Courbevoie.
L’/elix pilula est une des formes dont le domaine géographique est le plus étendu : Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Gard, Haute-Garonne, Lotet-Garonne, Gironde, Dordogne, Charente-Inférieure, Vendée, Maine-et-Loire, Ille-et-Vilaine, Finistère, Calvados, Seine-Inférieure, Pas-de-Calais.
Helix Ogiaca, SERVAIN.
Helix Ogiaca, Servain, in Locard, 1882. Prodr., p. 115 et p. 343. — Locard, 1894. Coq. lerr., p. 229.
Le type a été observé pour la première fois par M. le D' Servain à l'ile d'Yeu, vis à-vis les côtes vendéennes. Nous n'en avons récolté qu'un seul échantillon, recueilli il y a une dizaine d’années à Passy, échantillon bien conforme et comme taille et comme galbe à nos autres types, mais le test est un peu moins épais et les marbrures ont disparu; on ne distingue qu'une seule bande médiane étroite et continuée au-dessus. Nous observons la même décoloration chez un échantillon provenant du Var.
Nous connaissons aujourd'hui l’Æelix Ogiaca : à la Seyne dans le Var, aux environs de Marseille et de Toulon, ainsi qu'aux îles Chausey, dans la Manche. Bourguignat et Letourneux l'ont signalé, en 1887, aux environs de Gabès, en Tunisie.
36 FAUNE MALACOLOGIQUE
Helix Scicyca, BourGuIGNAT.
Helix Scicyca, Bourguignat, in Locard, 1894. Coq. lerr., p. 230.
L'Helix Scicyca est une espèce essentiellement maritime, dont nous avons déjà constaté l'introduction récente à Beaulieu, dans le département de Maine-et-Loire, où elle est bien typique. Le seul échantillon parisien que nouspossédions provient du square Alboni, à Passy ; il est de petite taille, peu typique, beaucoup plus globuleux que la coquille des iles Chausey et non adulte. Cette espèce ne semble pas acclimatée, car malgré nos actives recherches dans la même localité en septembre-octobre 1902 et pendant l'automne de 1903, nous n'avons pu en retrouver un second exemplaire.
L'Helix Scicyca n’a encore été signalé que dans les départements côtiers ou soumis à l'influence maritime comme : les Bouches-du-Rhône, le Gard, le Maine-et-Loire, l’Ille-et-Vilaine, la Manche. Nous le connaissons aussi de l’île de Ré et des îles Chausey ; enfin cette même espèce a été signalée en Portugal (Locard).
Groupe de l’/7. lineala.
Helix lineata, Orrvi.
Helix lineata, Olivi, 1799. Zool. Adriat., p. 77. — Locard, 1894. Coq. lerr., p. 230, fig. 305-306.
L’Helix lineata est une forme qui, actuellement, est assez répandue autour de Paris. Elle y est généralement peu typique, le galbe s'étant assez surbaissé pour donner à la coquille un aspect plus globuleux que réellement conique. Le test est moins épais, moins solide et moins brillant, les
bandes généralement plus étroites et moins chaudement
colorées que chez les échantillons de l'Ouest et du Midi. Diam. : 12-15 millim. ; haut. : 10 1/2 12 1/2 millim.
Cette espèce vit en colonies peu populeuses, sur les tiges, le long des talus des fortifications : boulevard Victor; square Alboni, à Passy; champs et talus à Gentilly et près le fort de Montrouge ; Charenton, bords de la Marne; Sennevières, près Nanteuil-le-Haudouin.
L'/. lineata est une forme répandue sur le littoral de la Méditerranée et de l'Océan Atlantique. Nous le connaissons dans les Alpes-Maritimes, à l'ile Sainte-Marguerite, dans le Var, les Bouches-du Rhône, le Gard, l'Hérault, la Haute- Garonne, le Gers, le Lot-et-Garonne, aux îles de Ré et d'Ouessant, dans les départements de la Vendée, d’Indreet-Loire, de la Gironde, de la Charente-Inférieure, de Maine-et-Loire, du Calvados, de la Seine-Inférieure, etc. Elle habite également l'Espagne (Servain, Westerlund), le Portugal (Locard), l'Algérie et la Sicile (Bourguignat, Westerlund).
Helix melantozona, Caricr.
Helix melantozona, Cafici, in Locard, 1894. Coq. terr., p. 231, fig. 307-308.
Cette belle espèce, au galbe si caractérisé, habite le Midi et le littoral océanique de la France. Le seul échantillon que nous possédions a été recueilli, il y a quelques années, sur les luzernes, aux environs du fort de Montrouge. Il est d'ailleurs parfaitement conforme, comme galbe et comme coloration, à d’autres individus de l'Ouest ou du Midi de la France. Depuis lors, nous l'avons récolté assez abondamment dans les carrières d’Arcueil; mais, en général, les échantillons sont de taille un peu faible, la spire tend à être moins conique, et les bandes décoratives sont moins chaudement colorées.
38 FAUNE MALACOLOGIQUE
L'Helix melantozona est une forme peu commune, habitant le Midi de la France, et remontant le long des côtes de l'Atlantique. Nous l'avons également signalé au pied de la Roche-Servière à Beaulieu, dans le département de Maine-et-Loire.
Helix Germaini, Locarp.
Heliz Germaini, Locard, 1902. Mss.
Cette espèce, qui se rapproche de l'Helix agna, Hagenmüller ‘, habite les talus des fortifications, près la gare d'Auteuil à Paris, et un champ près le fort de Bicêtre. Elle est très peu abondante.? Quoiqu'elle n'ait pas été signalée
1 Hagenmüller, in Locard, 1882. Prodr., p. 116 et 344. — Locard, 1894. Cog. terr., p. 232.
2 Helix Germaini, Locard, mss., 1902. « Coquille d’un galbe globuleuxconique, plus large que haut, bombé en dessous, conique légèrement tectiforme en dessus; spire à tours très faiblement convexes, à croissance un peu lente, progressive, le dernier très notablement plus grand, bien arrondi, s'ovalisant à peine à l'extrémité, très faiblement déclive vers l’ouverture; suture très peu accusée; ombilic petit, profond, à peine évasé à sa naissance; ouverture oblique, assez échancrée par l’avant-dernier tour, presque circulaire ou à peine ovalaire-transverse; péristome droit, très faiblement réfléchi vers l'ombilic, aigu, avec un double bourrelet interne, passant du roux carnéolé au brun; test solide, un peu aminci, subcrétacé, d’un blanc grisâtre peu brillant, muni de une à trois bande brunes étroites, infra-médianes, la bande supérieure parfois continuée en-dessus vers la suture, orné de stries fines, serrées, un peu irrégulières; sommet brunâtre. — Hauteur : 9-9 1/2 millim.; diam. : 11-18 millim.
« Cette élégante espèce doit prendre place à la suite l'. agna, Hagenmüller, dans le groupe de l'A. lineala. Elle diffère de l'A. agna par son galbe moins conique, plus globuleux dans son ensemble, avec la spire moins haute, moins étagée, faisant par conséquent paraître la suture moins profonde ; par son dernier tour plus haut et bien arrondi; par son ouver-
dans la faune méridionale, son faciès général est tel qu'il se rapproche indubitablement des formes que nous signalons et qu'il nous semble intéressant de lui faire prendre place ici, mais il nous est impossible de dire si c'est une espèce normalement méridionale acchimatée dans le bassin parisien, ou si c'est une modification profonde d’une espèce déjà existante, comme l'Helix agna par exemple. L'Helix agna n’a pas encore été signalé dans le bassin de Paris; mais nous le connaissons dans les départements du Var, des Bouches-du-Rhône, de l'Hérault, du Gard, de la Haute- Garonne, de la Vendée, en Algérie, en Tunisie et en Sicile.
Helix fœdata, HAGENmüLLer.
Helix fœdata, Hagenmüller, in Locard, 1882. Prodr., p. 116 et 341, — Locard, 1894. Coq. lerr., p. 232.
Nous ne possédions, jusqu'en ces derniers temps, qu'un seul échantillon de cette espèce, recueilli mort en 1898, aux environs du fort de Montrouge. Il est de belle taille (diam. : 18 millim. ; haut. : 15 millim.), bien adulte et absolument conforme à d’autres types du Midi. Nous en avons récolté tout récemment de beaux spécimens à Arcueil, près de l'Aqueduc, de très belle taille, mais avec une tendance à avoir la spire un peu moins haute, un peu moins conique que les échantillons du Midi de la France et de l'Algérie.
Nous connaissons l’Helix fœdata dans les départements du Var, des Bouches-du-Rhône, du Gard, de l’Aude, de la Haute-Garonne, des Pyrénées-Orientales et, sur le littoral océanique, de la Loire-Inférieure. Cette même espèce est
ture plus circulaire et plus encochée par l'avant-dernier tour; par son péristome avec ses bourrelets internes multiples et distincts; par son test un peu moins épais avec des stries plus fines et plus rapprochées; etc. »
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également très répandue en Algérie (Bône, La Calle, Bougie, etc...) et en Tunisie! (Feriana, Tebessa, etc...) [Letourneux et Bourguignat|.
Helix fodatina, Locarp.
Helix fœdalina, Locard, 1892. Coq. terr., 1894, p. 232.
Une colonie populeuse de cette espèce habite sur les chardons, au bord de la route de Choisy-le-Roi à Créteil, tout contre le passage à niveau du P-L-M. Les individus de taille moyenne (haut. :10 1/2-12 millim. ; diam. : 12 1/2- 15 milim.), sont bien typiques comme galbe; leur test blanc, opaque, monochrome, subcrétacé, est beaucoup moins brillant et moins solide que chez les coquilles méridionales.
Outre la station de Choisy-le-Roï, nous signalerons encore le Bois de Meudon.
L'Helix fœdalina nous est connu dans les départements des Alpes-Maritimes, du Var, de Vaucluse, du Gard, de l'Aveyron, de la Gironde, de la Charente-Inférieure, de la Loire-Inférieure, de la Manche et du Pas-de-Calais. Il vit également en Algérie et en Tunisie.
Helix Tabarkana, LErourneux et BourGuIGnar.
Helix Tabarkana, Letourneux et Bourguignat, 1887. Prodr. Malacol, Tunisie, p. 51.— Locard, 1894. Coq. lerr., p. 233.
Le type à été découvert dans l’île de Tabarka, en Tunisie,
par M. le Conseiller Letourneux. Nos échantillons du
square Alboni, à Passy, sont de petite taille, assez voisins
‘ Letourneux et Bourguignat ont signalé, en Tunisie, une var. major à Béjà (Hagenm.) et au Djebel Reças (Letourn.) et une var. minor à Tebourba (Letourn.) de cette espèce [Letourneux et Bourguignat, 1887. Prodr. Malacol, Tunisie, p. 54].
du type, quoique d’un galbe plus globuleux, à test mince, blanc jaunacé, peu brillant, orné de 1-4 bandes brunes pâles et étroites.
L'Helix Tabarkana ne nous est connu que du square Alboni, où il formait, en 1898, une colonie peu populeuse sur une touffle de Fœniculum officinale, L. Depuis, les travaux entrepris pour la construction du Métropolitain ayant modifié considérablement cette station, l'espèce a entièrement disparu.
Cette Hélice ne s'éloigne que difficilement des côtes. Nous la connaissons sur le littoral miditerranéen (Alpes-Maritimes, Var), et dans le département de la Haute-Garonne, d'où elle remonte sur les côtes de l'Océan Atlantique (Vendée, Loire-Inférieure, Finistère) et même de la Manche (Ille-et-Vilaine, Manche.)
Helix Trapanica, BEerTHIER.
Helix Trapanica, Berthier, in Locard, 1894. Coq. terr., p. 234.
Nous ne possédons qu'un seul échantillon de cette espèce, recueilli vivant, sur la tige d'une graminée, dans un champ près du viaduc d’Arcueil. C’est une coquille de grande taille, mesurant 17 1/2 millim. de diamètre pour 16 1/2 millim. de hauteur, au galbe conique-globuleux, très fortement conique en dessus et très bombé en dessous. Le test est blanc, brillant en dessus, jaunacé en dessous, finement et très irrégulièrement strié, orné de deux bandes brunes étroites, l’une supracarénale, l’autre très exactement carénale, toutes deux élargies au voisinage de l'ouverture.
Nous connaissons cette même forme dans les Bouches-du-
Rhône, le Gard, l'Hérault, et à l’île de Ré‘.
{ Une autre forme voisine, mais de taille plus petite, l'J. didymopsis, P. Fagot {in Locard, 1882. Prodr., p. 116 et 345. — Locard, 1894. Coq. terr.,
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Genre Cochlicella, Risso.
Cochlicella barbara, Lin.
Helixz barbara, Linné, 1798. Syst. Nal., éd. X, p. 773. Cochlicella acuta, Locard, 1894. Coq. terr., p. 238, fig. 32r.
Le Cochlicella barbara a été plusieurs fois recueilli aux environs de Paris. Bourguignat l’a autrefois récolté dans Paris même, au quai de Javel', et M. Mabille en a trouvé de très beaux échantillons dans les îles de la Seine, un peu au-dessous du viaduc d'Auteuil. Ce sont là des faits exceptionnels, et cette espèce, sans doute apportée avec les bateaux marchands faisant le service du Havre, n'a pu se maintenir. Elle a également disparu des environs de Lyon où l’un de nous l’avait récoltée en 1876?.
Le Cochlicella barbara est une coquille essentiellement maritime et subcosmopolite que l’on rencontre aujourd'hui sur tout le littoral maritime français.
p- 234, fig. 309, 310) a été récemment observée par M. Rousseau à Simonla-Vineuse en Vendée; on ne la connaissait que dans les Alpes-Maritimes, le Var, l'Aude, l'Hérault et la Dordogne.
1 Locard (A.), 1882, Contrib., IV, p. 14.
? Locard (A.), 1882. Loc. cit., p. 14.