‹ Sur l'ontogénèse de l'insecteChapitre 8 sur 33 · NÉCESSITÉ DES MUES · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DES MUES

La présence d’une cuticule chitineuse inerte, peu susceptible de s'étendre, constitue un obstacle considérable à l’accroissement du corps, en surface et en volume.

En effet, si la cuticule peut, dans certains cas, comme on le voit chez les larves des Muscides qui grossissent très rapidement, et chez les Fourmis melligères dont l'abdomen peut se dilater considérablement, se prêter à un certain allongement, cela n’est possible que dans des limites relativement restreintes.

De plus, la cuticule fixe, dans une certaine mesure, la forme de l’épiderme qu’elle recouvre. Ce dernier ne peut donc subir les déformations qui accompagnent l’ontogénèse qu'après s'être décollé de sa cuticule. La forme de l’épiderme se trouve, de nouveau, fixée, dès qu'une nouvelle cuticule s’est formée.

Il en résulte que cette cuticule est nécessairement rejetée, à plusieurs reprises, au cours de l’ontogénèse, et remplacée, chaque fois, par une cuticule nouvelle dont la forme et les dimensions sont différentes de celle de la cuticule ancienne.

Les accroissements de volume et les changements de la forme extérieure se font, ainsi, surtout par des sauts successifs, jusqu’à ce que, par l’acquisition de la cuticule définitive, qui est en général épaisse et presque inextensible, la forme imaginale se trouve définitivement fixée.

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