Sur l'origine du nom d'Amérique [microforme]
Amérique, Amerrique ou Amerie, est un nom de lieu dans le Nicaragua, qui désigne les hautes terres ou chaîne de montagnes entre Juigalpa et Libertad, province de Chontales; et qui se prolonge, d'un côté, dans le pays des Indiens Carcas, et de l’autre, dans celui des Indiens Ramas.
: Les rios Mico, Artigua, Carca, formant le rio Blewfields; le
rio Grande Matagalpa et les rios Rama et Indio, qui se jet-
tent directement dans l'Atlantique, ainsi que les rios Comoapa, Mayales, Acoyapa, Ajocuapa, Oyale et Terpenagualapa, qui se jettent dans le lac de Nicaragua, prennent tous leurs sources dans les montagnes d'Amérique (1).
La terminaison en ique ou ic se trouve souvent dans les noms de lieux des langues indiennes de l'Amérique centale. Elle paraît vouloir dire grande, élevée, proéminente, et elle s'applique toujours à des lignes de faîtes ou à des pays montagneux, élevés, mais sans volcans. Ainsi: Nique et Aglasinique, dans le Darien (Colombie); Tucarique et Amérique, dans le Nicaragua; Amatique, Manabique, Chapparristique, Lepaterique, Llotique et Ajuterique dans l'Honduras; Alenquique au Mexique; Tactic et Polochic dans le Guatémala; Tepic, Acatic et Mesquitic dans le Jalisco. On pourrait facilement donner une plus longue liste de noms de “. lieux ou autres indiens, qui se terminent en îque ou t&€, comme cacique ou grand chef.
Maintenant l’on sait par les nombreuses études d'érudition exécutées pendant ces dernières vingt-cinq années sur
l'origine des noms de lieux, qu'il n’y a rien de plus solide- ë, ment établi que les dénominations locales. Même les con-
(1) Voir : divers documents officiels du gouvernement de Nicaragua et The naturalist in Nicaragua, by Thomas Belt, 8 vol. London, 1873.
quêtes les plus absolues, si l’on ne parvient pas à exterminer entièrement la race aborigène qui habitait le pays, ne peuvent effacer entièrement les noms de localités, ou lieux-dits, suivant l'expression française, Ges noms peuvent être légèrement modifiés, en les épelant avec des variations, mais le son primilif reste, D'ailleurs, là même où la race aborigène disparait lolalement, on conserve souvent les noms de licux, au moins comme synonymes; ainsi qu'on en à de nombreux exemples au Canada, dans la Nouvelle-Angleterre et dans l’État de New-York,
La question est de savoir si ce mot Amérique où Amoerie, qui désigne une partie du pays de terre ferme, découverte par Cristoforo Colombo, pendant son quatrième et dernict voyage de découvertes dans le Nouveau Monde, a été connu du grand navigateur, et par suite a pu être répété par lui ou par ses compagnons de voyage. De certitude, il n'y en à pas, du moment que le mot ne se trouve pas dans le récit fort écourté d’ailleurs qu'il nous en a laissé. Mais comme l'apparition du mot Amérique est restée une énigme, malgré les interprétations et versions qu’on en a données; el comme pour une solution, on en est réduit à reconnaitre que Vespuchy n'est pour rien dans cetle dénominalion, inconnue de lui; et qu’un libraire d'une petite ville perdue dans les Vosges est Ie créateur du nom Americi, qui n'était nullement le véritable prénom de Vespucci ou Vespuchy; il n'est peut-être pas hors de propos de passer en revue les faits, et de montrer de quel côté sont les plus grandes pro babilités, pour arriver à connaître d'où nous vient ce grand nom d'Amérique, qui remplit à lui seul tout un hémisphère.
2ristoforo Colombo, dans sa lettera rarissüma où il décrit en abrégé son quatrième voyage, 4502 à 1503, dit qu'après avoir passé le cap Gracias a Dios sur la côte des Mosquitos, il arriva à la rivière du Désastre, qui est le rio Grande Matagalpa; puis, quelques jours après, il s'arrêta à un village
uù | tem!
Là, |
qui €
à un taien rent d’or, lieue Colo parn ensu breu eu à riui !
Hixé ; Cost des
que
Vera l'or
moi] ce q Grey c'est lield aur Indi non jour sur
devi Ran à t Fat
minci } peuc-(lils,
merie, verte ernicr a élé épété ide, il dans Mais igme, cs; el naitre ion, crduc 'élail uchy ; ue les s pro cran 1émi-
décrit après uitos, > Ma-
illage
u terre nommé Cariaï, ou Cariay, où il resta quelque temps pour réparer ses vaisseaux et faire reposer ses gens.
Là, les habitants lui parlèront beaucoup de mines d'or, ce qui était objet principal de ses recherches; on le conduisit à un autre village nommé Carambaru, où les indigènes portaient à leur cou des miroirs d’or. Ces Indiens lui nommèrent plusieurs lieux où se trouvaient beaucoup de mines d’or, l'endroit le dernier nommé était Veragua, à vingt-cinq lieues plus loin sur la côte. Les habitants de Cariaï ont frappé Colombo et les hommes de ses équipages, comme ayant parmi eux beaucoup de sorciers; et les matelots croyaient ensuite avoir été ensorcelés par eux, pendant les nombreuses tempêtes et contrariétés de toutes sortes qu'ils ont eu à supporter pendant le reste du voyage. Où étaient Cariai? Carambaru? et Veragua? Ce dernier point est bien fixé; c’est dans la grande baie de Chiriqui sur la côte de Costa-Rica; pays où l’on a trouvé dans ces dernières années des tombeaux d’aborigènes contenant de l’or comme Pindique Colombo dans son réeit : « Les grands du territoire de Veragua ont pour coutume de se faire enterrer avec tout l'or qu'ils possèdent.» Carambaru était à une distance d'au moins vingt-cinq lieues de Veragua, c’est-à-dire Chiriqui, ce qui nous ramène un peu au nord du rio San Juan et de Greytown. Cariaï devait être un peu plus loin vers le nord, c’est-à-dire dans le voisinage de l'embouchure du rio Blewlields, où se trouvent plusieurs peliles îles, ce qui correspond au récit de Colombo. Maintenant ce pays est habité par les Indiens Carcas, et l’une des branches du rio Blewtields se nomme rio Carca. Ces Indiens Carcas travaillent encore au-
jourd’hui aux mines d’or de Santo-Domingo et de Libertad
sur le rio Mico, un autre affluent du Blewtfields. Carambaru devait être près du rio Rama, et dans le pays des Indiens Ramas. Or ces Indiens Ramas et Carcas ont toujours résiste à toute espèce de civilisation, la plupart, surtout Îles sont tout à fait sauvages et ne hussent personne
Ratnas,
à SUR L'ORIGINE DU NOM D'AMÉRIQUE,
pénétrer dans leur pays; ils en sont restés absolument au
môme point que lorsque Colombo les visita en 1502, On
sait avec quelle ténacité, les Indiens se rattachent à tout ce
qui les environne. Eh bien, c’est parmi ces Indiens Carcas et Ramas que se trouve le lieu-dit Améric ou Amérique,
formant une chaîne de montagnes, la plus élevée (près de 3000 pieds) du pays, qui sert de ligne de séparation entre les eaux qui s’écoulent directement dans l'Atlantique, et celles qui vont dans le lac de Nicaragua. D'après ceux qui l'ont visitée en certains endroits, des environs de Libertad, Juigalpa et Acoyapo, cette chaîne de montagnes est des plus proéminentes ; elle s'aperçoit de loin, montrant des pics nus et rugueux, isolés, avec d'énormes abruptes ou fa: laises perpendiculaires de couleur blanche; de plus son élévation même divise le pays en deux parties tout à fait distinctes et totalement différentes par leurs climats ; à l'est sont des forêts impénétrables, à cause des pluies presque continuelles ; tandis qu’à l’ouest de cette ligne de faite, on a un pays aride et sec par suite de manque de pluie, les montagnes d'Amérique arrêtant totalement les vapeurs du côté de l'Atlantique. Elles courent du nord-nord-ouest au sudsud-est; et viennent aboutir à la côte Atlantique un peu au uord de Greytown; les dernières ramifications étant entièrement dans le pays de ces Indiens sauvages et inabordables, les Ramas. On sait que partout rien ne change moins que les noms de montagnes, de vallées, de lacs, de rivières, en un mot que les hieux-dits; les peuples disparaissent, cl ces noms restent. Il est de la plus grande évidence que celle dénomination de la chaine et des rochers d'Amérique ou Amerie est un nom indigène, dont la terminaison en ique ou ic, est commune dans les noms de lieux de la langue des Indiens Lenca ou Chontales de l'Amérique centrale et d’une partie du Mexique; ce nom s'est perpétué depuis la découverte du Nouveau Monde, intact et sans altération, par suite de l'état de complet isolément dans lequel ont vécu les In-
diens en Î& mon auril berle des par mèm mèm nom dans de le que par Eurc chez prin leur (car où} veni nier part des Cia com AÏp D tera catl Col ten les dit de
ent au 2, On out ce Carcas rique, rès de entre ue, et IX qui ertad, st des nt des ou fa- 18 son y à fait à l’est resque e,On à s mon- Lu CÔLE u sudpeu au enlièbordamoins vières, ent, cb Le celle que ou en ique mue des t d’une découar suite les In-
diens de cette partie du continent, qui aujourd'hui comme en 1502, lorsque Colombo les visita, nomment encore leurs montagnes Amérique ou Americ. Or ces montagnes sont aurifères ; c'est à leur pied que sont les mines d'or de Liberlad et de Santo-Domingo, et de plus, l'or d’alluvions ou des placers y est tout à fait épuisé, ce qui ne s'explique que par une exploitation antérieure à celle des Indiens euxmèmes; on ne trouve de l'or que dans les veines de quartz mêmes. Colombo dit que les Indiens lui ont cité plusieurs noms de localités riches en or, noms qu'il ne donne pas dans son récit très-abrégé, se contentant de citer le nom de la province de Ciamba; mais il est des plus probables que ce nom d'Amérique ou Americ a été prononcé souvent par les Indiens, répondant aux demandes pressantes des Européens. L'avidilé pour se procurer de l'or était telle, chez ces premiers navigaleurs, que c'était partout leur principale préoccupation, et il est presque certain qu’à leurs demandes continuelles aux Indiens Cariaï ou Carcaï (car ce mot a pu être mal lu dans le manuscrit de Colombo, où l’on aurait pris un € Lour un i) et Carambaru, d’où provenait l'or qu'ils portaient comme ornements, — ces derniers auront répondu « de l’Americ », ce mot signifiant la partie la plus élevée et la plus proéminente de l'intérieur des terres, le haut pays, le Landmark de la province de Ciamba. Le nom Americ ou Amerrique était employé comme les Alleghanys, les Ozarks, les Vosges, le Jura, les Alpes. |
De ce que le nom Amérique ne se trouve pas dans la lettera rarissima ou récit de Cristoforo Colombo à Sa Majesté catholique le puissant roi d'Espagne, il ne s’en suit pas que Colombo ne l’a pas connu. Son indication même de l'existence de plusieurs noms de lieux non cités que lui ont dit les Indiens, où l'or se trouvait, montre assez qu'il n'a pas dit tout ce qu’il connaissait. D'ailleurs il ne faut pas perdre de vue dans quelle circonstance pénible el fâcheuse il a
rédigé et écrit sa lettera rarissima, étant prisonnier, chargé de fers par ordre du gouverneur Ovando, dans l’île de la Jamaïque (encore un nom de lieu en ique); vieux, infirme, dégoûté par toutes sortes de souffrances et d'injustices, Colombo n'était pas dans une position à faire un rapport bien complet. Aussi, de tous ses écrits, ce récit du quatrième voyage est-il le moins clair, le moins précis. Le style en est mélancolique, chagrin et assez confus. Il y a les plus grandes probabilités pour que ce nom d'Amérique ou Améric ait été souvent prononcé par les Indiens devant Colombo et ses compagnons de voyage; et ce nom sera resté parmi eux comme celui d’un El Dorado, non exploré, pas même entrevu, mais qui occupait l’intérieur des terres, dont ils avaient reconnu les contours des côtes dans la province de Ciamba.
De retour en Europe, Colombo, etsurtout les hommes de ses équipages, en racontant leur voyage, se seront vantés de la découverte de mines d’or, très-riches, dont leur avaient parlé les Indiens de la côte du Nicaragua, en disant qu’elles étaient du côté de l'Amérique. De là une sorte de popularité donné au mot Amérique, comme nom vulgaire de la partie des Indes découverte par Cristoforo Colombo, dans son dernier voyage, où devaient exister les plus riches mines d’or du nouveau monde. Car il ne faut pas perdre de vue que toutes les expéditions de Colombo et des autres navigateurs de cette époque avaient surtout pour but principal et matériel l'acquisition de grandes richesses et la découverte de mines d’or. Ce nom d'Amérique, synonyme du pays de l'or par excellence, se sera répandu dans les ports de mer des Indes occidentales, puis de l'Europe; et petit à petit il aura pénétré dans l’intérieur du continent européen, et c’est ainsi que le professeur-libraire de Saint-Dié, au pied des Vosges, aura entendu ce nom d'Amérique, sans en connaître la valeur, zxcepté comme désignant un pays des nouvelles Indes très-riche en or. Comme ces découvertes
ren
faisa Hyla impr en la prén altér phin terre jusq Amé tortt Ame le pr d'ap d'Hy Amé nisé avai elle :
Ves] Colo le n ni d de t com c'es prol eu | à B:
Ami
, Chargé ile de la infirme, ces, Coort bien iatrième le en est grandes néric ait ombo et é parmi \1s même dont ils vince de
nmes de t vantés ravaient qu'elles pularité la partie ans son 5s mines e de vue es navirincipal décou- 1yme du les ports t petit à iropéen, Dié, au sans en pays des ouvertes
ous. en
faisaient alors l'objet des conversations de tout le monde; lylacomylus de Saint-Dié, ne connaissantaucunes relations imprimées autres que celles d'Albericus Vespucius, publiées en latin en 1505 et en allemand en 1506, crut voir dans ce prénom d'Albericus l'origine du nom pour lui corrompu et altéré d'Amérique où Améric ; renouvelant la fable du dauphin, il prit le Pirée pour un homme et dénomma celte terre d'après le seul nom des navigateurs qui fut venu jusqu'à lui, et qui présentât quelque analogie avec le mot Amérique ou Améric. Pour cela il lui fallut modifier et torturer le prénom de Vespucius : d'Albericus, Alberico, Amerigo et Morigo, qui sont les diverses manières d'épeler le prénom de Vespuzio ou Vespuchy, il fit Americus! Ainsi, d'après ma manière de voir, ce serait par suite d'une erreur d'Hylacomylus que le nom aborigène du nouveau monde Amérique, Amerrique ou Améric a été européanisé, latinisé et rapporté au fils d'Anastasio Vespucci. Si cette erreur avait été commise en Espagne, en Portugal où aux Indes, elle aurait été évidemment relevée, car alors vivaient encore Vespucci et beaucoup des compagnons de voyage do Colombo. Mais à Saint-Dié, petite ville inconnue, et dont le nom n’est même probablement arrivé à la connaissance ni de Cristeforo Colombo ni d’Alberico Vespuzio, éloignée de tous les ports ue mer, cet opuseule du libraire Hylacumylus est nécessairement resté limité à un petit cercle; c'est effectivement autour de ce petit cercle que l’erreur s'est prolongée et propagée par les publications, à Strasbourg en 1509, d’une nouvelle édition du livre d'Hylacomylus, et à Bale en 4522, de la première carte sur laquelle on lit : America provincia.
Lorsque cette carte avec le nom America parut et parvint en Espagne, Cristoforo Colombo était mort depuis Jongtemps (1506); ses compagnons de voyage, presque tous illettrés, étaient aussi ou morts, où retournés dans les Indes, et personne n'était plus là pour corriger l'erreur
d'Hylacomylus, en supposant que cette carte en fit mention, On avait entendu le nom d'Amérique, non comme le nom d'un homme, mais bien comme celui d'un pays, d'une partie indéterminée du nouveau monde; on l'accepta sans difficulté et sans faire attention à l'erreur du libraire de Saint-D'é, dont on ne connaissait probablement pas l'opuscule, I n'est guère douteux, en effet, que si le nom d'Amtrique n'eût été déjà un nom connu et ième jusqu'à un cerlain point assez populaire dans les ports de mer de l'Espagne, du Portugal et des Indes, on ne l'aurait pas accenté ainsi d'emblée et du premier coup sans discussions. Et cela d'autant plus qu'flylacomylus, en outre de la modification et de l'altération profondes qu'il faisait subir au prénom Alberico, s'éloignait des règles gé:éralement suivies dans les dénominations de pavs, en donnant le prénom au lieu du nom propre de son héros ; il aurait dù appeler l'Amérique Vespuccia où Vespuchia. Les têtes couronnées, rois, eMpereurs, reines ou princes, ont seuls le privilége que l'on se serve de leurs prénoms pour désigner de nouveaux pays. Ainsi on dit : Détroit de Magellan, île de Vancouver, Tasmanie, île van Diemen, etc, et tandis que l'on dit Louisiane, Caroline, Georgie, Maryland, Philippines, Victoria, elc., ele. Cette habitude de donner à de nouveaux pays les prénoms des découvreurs s'est d'ailleurs mainienue sans une scule exception même au sujet de Cristoforo Colombo; car personne n’a eu l’idée de donner le nom de Cristoforia ou Christophie à un pays, et celui de Cristoforo ou de Christophe à une ville; tandis qu'on a créé, à diverses époques. plusieurs Colombia, Colombie, Columbia, Columbus et Colon. Mais il y à plus : Hylacomyiu., en rapportant à Vespuchy l'honneur de nommer le nouveau continent, et se servant contre tous les précédents de son prénom plutôt que de son nom, aurait dû le nommer: Albericia où Amerigia, ou Amerigonia, où Morigia et non pas America. Et ce nom forgé péniblement ne devient
mention, ie le nom vs, d'une epla sans braire de 8 l'opusn d'Amé- ‘à un cerde l'Espas accenté is, Et cela dification 1 prénom 8 dans les u lieu du Amérique is, CMpeue l'on se aux pays.
ancouver, » l’on dit ines, Vicnouveaux irs main- . de Crisdonner le celui de S qu’on à Colombie, \comyiu., > nouveau its de son nommer :
ia et non e devient
SUR L'ONIGINE DU NOM L 4MËRIQUE, y
explicale qu'en admettant qu'Hyi .":vlus avait entendu auparavant prononcer le nom A) frique où Americ,
Amerigo Vespuchy, comme l'orthogruphie Cristoforo Colombo dans sa lettre datée de Séville le 5 février 1505, était mort en 1512, c'est-à-dire longtemps avant la publication de la carte de Bille, dans Mela cum commentario Vadi à; sans rien connaître de « la dangereuse , oire qu'on lui préparait à Saint-Dié », suivant l'expression de Humboldt, il crut jusqu’à son dernier jour que les côtes de l'Asie étaient le nouveau monde, et il mourut comme il avait vécu, püilolo mayor de Indias.
Cette croyance aux Indes, à l’arrivée prochaine aux embouchures du Gange, a été la cause principale qui a empêché Colomb, ses contemporains et ses successeurs de donner un nom collectif aux terres découvertes, Cette idée ne pouvait venir qu'à des gens de l'intérieur des terres, ne connaissant pas pratiquement la navigation de ces temps fiévreux d'enthousiasme de voyages; et qui, répétant les on-dit des marins, appliquèrent, sans trop savoir ce qu'ils faisaient, un nom déjà connu de ceux qui revenaient des Indes, mais sans position géographique précise, à tout un groupe de terres nouvelles alors à peine reconnues en bloc. Cette erreur des géographes théoriciens et de cabinet de Saint-Dié, de Strasbourg et de Bâle, ne pouvait être guère corrigée que par Colomb, qui n’était plus de ce monde, Puis les découvertes de Cortez, de Pizarre et autres vinrent changer la direction des idées sur les pays fabuleusemernt riches en or.
Le Nicaragua, quoique conquis en 1522 par Gil Gonzaics
d'Avida, resta en partie inconnu, surtout la région qui s'étend entre l'Atlantique et le lac Nicaragua, où se trouvent les montagnes d'Amérique. Gelte ignorance a été poussée si loin, que même l'émigration californienne à travers l'isthme de Nicaragua passa à côté de cette partie de l’Amcrique sans la connaître et la toucher en rien. On peut dire