‹ Sur la circulation dans les insectesChapitre 4 sur 4 · NU · texte numérisé non relu

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fère , ainsi que je l'ai constaté cent fois, il devrait ressortir par les stigmates. Mais , si M. Blanchard avait daigné me lire avec un peu d'altention , il se serait convaincu que dans mes expériences, j'ai incontestablement prouvé, qu'après la mort de l’insecte par une éthérisation prolongée, le liquide peut s'introduire par les sligmates seulement , et qu’il peut aussi ressortir par enex-ci. Quant aux rigoles latérales, que cet auteur dit exister à son vaisseau intermembranulaire lors de l’affaissement des parois trachéennes, M. Dujardin les explique par le dépôt du liquide coloré dans les fines rainures qui séparent à la face interne des trachées les tours du fil spiral. Ce sont-Ià, il faut en convenir , de ces subtiles constatations où l’œil et l'esprit peuvent bien prendre le change. — Que penser de cette assertion de M. Blanchard qui, après avoir habilement percé le cœur à un insecte vivant, cœur regardé comme un organe central d’impulsion circulatoire , après y avoir injecté une liqueur délétère, vient nous dire que les seuls mouvements de l’insecte poussent cette liqueur dans les vaisseaux sanguins !!!...

Les bornes d’une note tracée un peu à la hâte, me commandent d'arrêter ma plume et j'en appelle, pour d’autres réfutations, à mon mémoire,

Onsenvarions. — Je terminais ces lignes lorsque les professeur Dujardin et Joly, dont j'avais provoqué, sollicité le scalpel pour me venir en assistance dans la grave et difficile question en litige, m'ont transmis quelques documents épistolaîres à ce sujet, L'un et l’autre de ces habiles observateurs nient formellement l'existence ‘lu vaisseau intermembranulaire de M. Blanchard, et je supplie qu'on repousse bien loin l’idée qu’il pourrait y avoir de leur part la moindre concession d'amitié. Ainsi que moi, ils ont pour la science cet amour, ce respect qui lui défendent de l’offenser.

Je ne reviendrai pas sur l'opinion de M. Félix Dujardin relative à la structure des trachées ; opinion qu’il maintient de nouveau dans une note insérée dans le compte-rendu de l'institul du 9 du présent mois de Juillet, à la suite de son savant mémoire sur le prétendu système nerveux des Tænia. Je me contente de faire mes réserves sur ce qui concerne le fil spiral des trachées.

Est-il besoin de dire que M. Joly , de la Faculté des Sciences de Toulouse, est un savant haut placé par de nombreuses publications eu qu'il offre les plus positives garanties par son habitude des re-

(40) cherches anatomiques les plus subtiles ? M. Joly a étudié la composition intime des trachées sur un grand nombre d'espèces d’insectes et surtout dans la larve de l'Hydrophilus piceus où ces canaux sont énormes. Il a confirmé l'opinion généralement accréditée qu'il n’y existe que deux membranes, mais celles-ci sont contigues et organiquement adhérentes. — Il n’existe pas d'espace intermembra— nulaire.—Et quand bien même ce dernier existerait, la grosseur proportionnelle des globules sanguine ne leur permettrait pas d'y cir— culer.—Dans des injections bleues pratiquées sur des espèces ou vi vantes ou mortes, il a positivement constaté dans l’intérieur des trachées, la présence du liquide bleu et par une pression modérée, il l'en a vu sortir. — Ce liquide s'arrête lorsque l'air inclus lui fait obstacle. — Après la sortie du liquide par la pression, la trachée demeure ou incolore ou avec une légère teinte bleue. Dans ce dernier cas, les lois de la capillarité déterminent l’insinuation, l’infiltration du liquide dans les fines rainures des tours du fil spiral. — Dans de semblables injections l’endosmose et la capillarité jouent un grand rôle. — Cet ingénieux expérimentateur a plongé une Nepe cendrée vivante dans le-liquide bleu de manière à y faire immerger son tube respiratoire caudal; il a obtenu un système trachéen injecté. —Il est aussi parvenu à ce dernier résultat dans la Sauterelle verte en déposant une gouttelette du liquide bleu sur les stigmates.—J’explique le succès de ces injections par l'expiration préalable de l'air contenu dans les trachées. — M. Joly a plongé dans le liquide bleu une larve vivante d'Aeshna en laissant émergée l'ouverture de la branchie rectale. A l’autopsie, il n’a trouvé aucune trace d’injection trachéenne. Cette expérience confirme mes observations sur l'absence de stigmates en activité de service dans ces larves. — Ce professeur est parvenu à injecter complètement les trachées d’une cuisse postérieure de la Sauterelle verte en tenant simplement la base de ce membre plongée dans la solution du prussiate.

Ainsi de toutes parts, vous le voyez, la circulation intermembranulaire de M. Blanchard éprouve des répulsions , reçoit de formelles dénégations.

Saint-Sever ( Landes ), 26 Juillet 1849.

Lion DUFOUR.

Bordenux, — Imprimerie de Tin. Laranaur, libraire.

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