INTRODUCTION
I i^ETUPE des anîmaux fossiles sous le double rapport de Texamen de leur organisation et des terrains dans le5;quels on les trouve en nous faisant connoître les êtres qui ont habité notre globe à diverses époques plus ou moins éloignées, a fourni aux savans qui se sont occupés spécialement de cet objet des résultats d'un grand intérêt.
La botanique unie à la géologie auroit pu dans beaucoup de cas conduire à des observations également intéressantes et p confirmer plusieurs des règles qu'on a remarquées dans la distribution des animaux fossiles, mais on doit Favouer , cette partie de Thistoire naturelle, quoiqu'elle ait été l'objet de plusieurs travaux importans, laisse encore beaucoup à désirer soit sous le rapport de la connoissance botanique de ces végétaux et de leur position dans le règne végétal, soit sous le
point de vue géologique de leur distribution dans les divers terrains. Ces deux manières d'étudier ces fossiles sont si étroitement liées entre elles, qu'on peut attribuer au défaut de déterminations botaniques Tabsence des considérations géologiques qu'on auroit pu déduire de Texamen de ces plantes. En effet, pour que le géologue puisse employer les végétaux fossiles comme caractère accessoire à la détermination des diflférens terrains, il faut qu'il puisse les désigner facilement par des noms linnéens tels que ceux dont on s'est servi jusqu'à ce jour dans le reste de l'histoire naturelle. 11 arrivera déjà par là à des généralités intéressantes en voyant que tels ou tels débris de végétaux ne se trouvent que dans certains terrains et manquent entièrement dans des terrains différons.
Mais si l'étude botanique de ces fossîles parvient à faire connoître les plantes auxquelles ces débris ont du appartenir, ces résultats deviendront d'un intérêt bien plus grand en nous indiquant la différence de la végétation qui a couvert la surface de la terre aux diverses époques auxquelles ces terrains se sont formés.
Si les végétaux fossiles pouvoient se rapporter à des genres connus ou former des genres évidemment distincts de ceux qui ont été établis parmi les plantes actuellement existantes, k marche à suivre dans l'étude et la classification de ces fossiles seroit parfaitement déterminée, et on se trouveroit dans le cas des zoologistes qui peuvent presque toujours dire avec certitude à quel genre appartient une portion même peu étendue d'un animal fossile.
Parmi les végétaux au contraire ce cas est extrêmement rare, car la fleuret le fruit sont les^ seules parties qui puissent,
VioiTAUX FOSSILES. 5
comme on le sait, servir à déterminer les genres, et ces organes ne se présentent presque jamais à Tétat fossile, ou sont tellement changés par la compression et la pétrification, qu'il est presque impossible de les reconnoître; tandis que les feuilles, les Ugeset les autres oi^anes de la végétation qui s'offrent plus souvent à Tétat fossile et qui sont ordinairement mieux conservés, ne suffisent pas en général pour déterminer les genréS dont ces fossiles ont fait partie.
Toutes ces circonstances s'opposant dans la plupart des cas à ce que nous puissions rapporter les plantes fossiles à des genres connus, et suivre par conséquent dans leur description Tordre établi parmi les plantes vivantes, ne permettant pas même souvent de les ranger avec certitude dans les familles naturelles, il falloit, après avoir mis de côlé le petit nombre d'espèces qu'on peut placer dans des genres connus, adopter pour les autres une classification artificielle fondée uniquement sur les caractères que nous présentent les fossiles, et qui nous permît de les subdiviser en classes et en genres bien caractérisés, de manière à pouvoir indiquer facilement les espèces et à donner aux géologues le moyen de déterminer exactement les plantes que chaque terrain renferme.
C'est le but que nous nous sommes proposé dans la classification que nous avons adoptée et que nous allons exposer. Mais il nous paroît utile de dire quelques mots auparavant des ouvrages les plus importans publiés sur ce sujet, sans avoir pourtant l'intention de remonter à tous les anciens ouvrages qui ont traité des plantes fossiles, et donffcxamen ne peut intéresser que sous le rapport de l'histoire de la science.
Les ouvrages de Scheuzer et de Knorr, les plus impor-
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tans parmi ceux de celte époque à cause de leur étendue et de Texécution plus parfaite des figures, ne contiennent que peu ou point de descriptions, et les objets y sont présentés sans aucun ordre. Les comparaisons qu'ils établissent avec les plantes connues alors se ressentent aussi de l'imperfection des connoissances botaniques dans ce temps et sont ou évidemment fausses ou au moins très-hasardées» Ces ouvrages , néanmoins, à cause de leurs figures assez exactes et des localités nombreuses qu'ils citent peuvent présenter quelque utilité à consulter.
M. Schlotheim, en i8o4j a fait faire de nouveaux progrès à cette partie de la botanique géologique, en décrivant et figurant dans un ouvrage intitulé, Flora der P^orfpelt , ouFlore de l'ancien monde, un assez grand nombre de plantes fossiles; mais ^absence de toute classification, soit botanique soit géologique, sa méthode de description, sa manière même de figurer les végétaux fossiles, et le but qu'il se proposoit étant en tout différent du nôtre, ce travail loin de nous détourner du plan que nous nous étions tracé , nous a plutôt aidé et encouragé à le suivre.
Le premier ouvrage à ma connoissance dans lequel on trouve une division des plantes fossiles en genres et en espèces, est un mémoire de M. Steinhauer, inséré dans les Transactions de la société philosophique d'Amérique , tom. i^r. Quoiqu'on ne puisse regarder cette classification que comme une ébauche encore imparfaite, on doit cependant reconnoître que M. Steihhauer est le -premier qui ait donné des noms d'espèces aux différens fossiles qu'il a décrits et figurés.
Depuis cette époque, en 1820 il a paru deux ouvrages sur
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ce même sujet, Tun de M. Schlotheim, l'autre de M. Stemberg. Leur plan se rapproche beaucoup plus de celui que nous avions adopté et auroît pu nous détourner de poursuivre notre travail, mais nous avons espéré rendre encore quelques services à Thistoire naturelle par la manière dont nous avions envisagé notre sujet, et pouvoir donner sur cet objet quelque chose de plus parfait à Taide des secours dont nous sommes entourés, des collections que nous avonspu consulter, et en profitant 3es observations renfermées dans ces mêmes ouvrages. Le nouveau travail de M. Schlotheim. intitulé, Histoire des Pétrifications (i), réunissant Tensemble de tous les corps organisés fossiles. Fauteur n'a pas pu, dans un ouvrage aussi étendu, donner aux végétaux tous les soins qu'exigeoît une partie encore entièrement nouvelle sous le rapport de la classification; aussi plusieurs des divisions qu'il a établies nous ont paru fondées sur des caracières moitié botaniques et moitié géologiques que nous n'avons pas cru devoir admettre, ou sur des analogies avec des plantes vivantes qui dans plusieurs cas nous ont paru trop incertaines pour fonder nos genres sur ces ressemblances seules. L'ouvrage de M. Sternberg est intitulé. Essai botanique et géognostique sur la Flore de l'ancien monde (2), Le cahier qui a paru ne contient que l'histoire d'une petite partie des végétaux fossiles^ des tiges du tertain
(i) Die Petrefactenkunde auf ihrem jetzigen Stadtpunkte I von £. F. Baron von Scblotbeîm. Gotha 1820.
(2) Versuch einer gcognostîscli-bolanîsclieii Darstellang dcr Flora der Vor— welt| Toa GrafeaGasp. Sternberg. Leipzig 1820. Je viens d'apprendre que depuis M. Sternberg a publié deux autres cahiers de cet ouvrage , mais je n'ai pat encore pu me les procurer.
s Végétaux fossiles.
houillier ; mais dans cette dlvi^on, les genres que M. Sternberg a établis nous paroissent fondés la plupart sur des caractères pariaitement tranchés^ et les espèces sont figurées et décrites avec soin ; nous espérons pourtant pouvoir ajouter quelques observations nouvelles et un assez grand nombre d'espèces à celles qu il a décrites y et étendre ce même travail aux. autres végétaux fossiles. Depuis la publication de ces ouvrages il a encore paru en Allemagne deux dissertations ^ • l'une de M. Rhode (i), l'autre de M- Nau (2), sur quelques fossiles du terrain houillier j nous aurons occasion de discuter quelques-unes des opinions qu'elles renferment dans le courant de ce mémoire. Tels sont les seuls ouvrages importans que je connoîsse sur les végétaux fossiles , les autres sont ou des mémoires spéciaux sur quelque fossile en particulier ou des résumés d'observations répandus dans divers auteurs^ mais toujours présentés sans aucune classification botanique.
Je vais actuellement faire connoître la classification et le plan que je compte suivre dans la description de ces plantes, travail dans lequel j'ai été beaucoup aidé par les conseils de M. DecandoUe pour la botanique et de mon père pour la géologie. J'indiquerai en même temps les rapports et les différences qu'il y a entre cette classification et celles de MM. Schlotheim et Sternberg, et les raisons qui m'ont cou'duit à adopter quelquefois des divisions et des noms de genres autres que ceux qui ont été proposés par ces savans naturalistes.
(i) Rhode, Bejtrage zur PfUnzenkunde der Yorwelt , i*'. fasc. fol. Breslau. (a) NaU| Pflanzenabdrucke und Yersteîaerungen aus dem Kohienwerke sa St.-Ingbert , 4^. Munich.