‹ Sur la classification et la distribution des végétaux fossilesChapitre 2 sur 14 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Classification des végétaux fossiles.

TABLEAU des Classes et des Genres de j)lantes fossiles.

I. Classé x'*. Ti^es dont rorganisatian interne est reconnoissable.

is ExoGENiTE^ Bois foimé de oouches concentriques régulières. #

2. Endogenites. Bois composé de faisceaux de vaisseaux isolés plus nombreux .

à )a circonférence qu'au centre.

II. Classe 2*. Tiges dont rorgcmisatiortinteme n^est phts distincte, mais qui êônt ^ caractérisées p€ir leur forme extéHeure.

3. CuLXiTES. figes articulées iMses , impression unique à chaque articulation.

â'I. I, fig. I.)

4. Calamités. Stekrb. Schloth. Tiges articulées striée| régulièrement , impres-

sions arrondies , petites , nombreuses , formant uu/anneau autour de chaque articulation , ou quelquefois nulles. (PI. 1 , 6g. 2. )

5. Stringodendron. Sterub. Tiges cannelées , non articulées , impressions puac-'

tiformes ou linéaires disposées en quinconce. (P17I| fig. 3.)

6. SiGiLLARiA. {Lepidodendron ^ § 11 » SteAnb.) Tiges cannelées , non articulées,

impressions en forme de disques disposées en quinconce. (PI. I , fig. 4* )

7. Clatrrabia. Tiges ni cannelées , ni articulées , impressions en forme de

disques arron4js diy osées en quinconce. (PI. I , fig. 5. )

8. Sagexaria. {Lepidodendron y § i , STFRifB.)Tiges sans articulations ni cannelures ,

couvertes de tubercules rhomboïdauz , conflues , disposés en quinconce , portant k leur sommet une impression en forme de disque. (PI. I » fig. 6.

9. Stickaria. ( F'ariolaria , Sternb. ) Tiges sans articulations ni Cannelures ,

impressions arrondies, espacées, disposées en quinconce. (PI. I , fig. 7. )

m. Classe 3*. Tiges et feuilles réunies , ou feuilles isolé s,

1 o. Ltcôpodites. ( Lycopodiolithes , Scbloth. ) Feuilles linéaires ou selacées sans nervures^ ou traversées par une seule nervure insérées tout autour de la tige ou sur deux rangs. ( PI. II, fig. i . )

1 1. Filicites. Scbloth. Fronde disposée dans un même pla», symétrique, ner-

vures secondaires simples, dichotomes ou rarement anastomosées. ( PI. II , fig. 2, 3, 4, 5,6.)

12. Sphoenophyllites. Feuilles verticillées, cunéiformes, tronquées, a nervures

rayonnantes, dichotomes. (Pi. II, fig. 8.)

10 ' Végétaux fossiles.

Y3. AsTEROFBTLLiTES. ( Cosuarinites y ScHLOTH.) Feuilles yerticill^es , à une seule

nervure. (PL II, fig. 7.) 14. FucoïDES. Fronde non symétrique , souvent disposée dans un même plan , à

nervures , nulles ou mal limitées. ( PI. III , fîg. 3. ) i5. Phtllites. {^BibUoUthes , Schloth. ) Feuilles à nervures bien limitées, plusieurs

fois divisées ou anastomosées. (PI. III , fig. 40 x6. PoACiTES. Schloth. Feuilles linéaires , à nervures parallèles. (PI. III , fîg. 2, ) 17. Pàlmacites. {Palmacîtum spec. , Schloth.) Feuilles flabelliformes. (PI. III, f. i.)

Classe 4*« Organes de la fructification.

Omdbe I. Carpolithes. Schloth. Fruits ou semences. PI. III , fig. 5,6.) OxDRE n. Antholithes. Schlotu. Fleurs. (PI. III , fîg. 7.^

Après avoir exposé daus le tableau cî-joîaï l'ensemble de la classification des plantes fossiles et le caractère des genres que j'ai pu observ'er jusqu'à ce jour, en exceptant toutefois quelques espèces qui ne rentrent pas exactement dans les genres que j'ai indiqués mais que je ne connois pas assez parfaitement pour oser les en séparer et en faire de nouveaux genres, je vais revenir sur quelques-uns d'entre eux, soit pour donner plus de détail sur leurs caractères et leur structure , soit pour discuter leur analogie avec les végétaux vivans.

Les EXOGENiTES sout facilcs à reconnoitre aux couches concentriques dont ils sont composés et qui prouvent d'une manière évidente qu'ils ont appartenus à des arbres dicotylédons ; mais jusqu'à présent les différences spécifiques nous ont paru difficiles à établir , les caractères sur lesquels on pourroit les fonder ayant été en général peu étudiés dans les arbres vivans et l'importance qu'on doit leur attribuer dans la distinction des espèces n'étant pas bien déterminée.

Les £NDOG£NiT£S qui composent le genre suivant sont aisés à distinguer à leurs vaisseaux réunis en faisceaux plus serrés vers b circonférence qu'au centre et ne formant pas de cou-

Végétaux fossiles. ii

ches concentriques. La forme , la grandeur, et la disposition de ces faisceaux paroit donner de bons caractères pour distinguer les espèces, mais ces caractères n'ayant pas non plus été étudiés sur les végétaux vivans, et les sTrbres auxquels ces fo$siles paroissent appartenir étant presque tous exotiques, les comparaisons spécifiques sont peut-être encore plus difficiles à établir que dans le genre précédent.

L'organisation de ces tiges étant un des caractères essentiels des végétaux monocotylédons et les monocotylédons arborescens appartenant la plupart à la famillp des Palmiers, ces fossiles ont généralement été indiqués comme des bois de Palmiers, quoiqu'ils puissent également avoir fait partie de troncs de Dracena, de Yucca, de Pandanus ou d'autres arbres monocotylédoijs , car jusqu'à présent* je ne sache pas qu'on ait trouvé dans l'organisation des tiges des caVactères propres à distinguer les arbres de ces différentes familles. Deux sortes de corpç fossiles assee remarquables , mais sur les analogies desquels on n'avoh je crois avancé aucune opinion , nous paroissent pouvoir être rapportés à ce genre : ce sont des fibres distinctes cylindriques, simples et plus ou moins contournées, disposées parallèlement les un^s aux autres, observées à Liblar près Cologne, et à Horgen sur le bord du lac de Zurich. Nous les désignerons sous le nom dk Endogenite bacillaire.

Celles de Liblar forment des mass^ assez considérables ; ces sortes de baguettes ondulées sont ffistinctes les unes des autres , et leur intervalle est rempli par du lignite terreux.

Celles d'Horgen paroissent former un enduit sur des masses de lignite compacte, mais leur examen attentif démontre que cette partie compacte est elle-même composée de ces fibres

in VÉGÉTAUX FOSSILES.

dont lorganisation p^r une cause inconnue a presque entière ment disparu ; car ces fibres parfaitement distinctes et fa^ ciles à sépai^r à la surface des morceaux deviennent de plus en plus semblables' à la partie compacte du lignite , de sorte qu^on finit par ne plus les apercevoir.

Elles diffèrent de celles de Liblar par leur grosseur un peu moins considérable et surtout parce qu'elles sont beaucoup plus rapprochées les unes des autres; ces fibres dans les échantillons de Liblar et d'Horgen m'ont toujours paru simples.

Ces corps fossiles qui sont évidemment des débris organiques végétaux^ nous paroissent avoir beaucoup d'analogie avec les fibres centrales du tronc de plusieurs espèces de Palmiers^ qui presqu'endèrement libres au milieu d'un tissu celluleux ou médullaire très-làche^ sont, comme dans ces fossiles, contournées et ondulées, mais toujours à peu près parallèles entre elles. L'existence de troncs de Palmiers bien caractérisés dans le lignite de Liblar donne encore plus de probabilité à notre opinion , et quoiqu'on n'ait pas encore observé de restes dé Palmiers à Horgen, l'analogie des deux fossiles est trop évidente pour qu'on puisse les séparer.

Presque tous les fossiles qui font partie de notre seconde classe ou des tiges à organisation interne inconnue avoient été réunis par M. Steinhauer sous le nom de Phytolithes et par M. Schlotheim sous celui de Palmacites.

M. Schlotheim avoit en outre placé dans le genre Palmacites, sous le nom de P.Jlabellatus^ une véritable feuille de Palmier ; c'est à ces fossiles seuls que le nom de Palmacites nous paroit convenir, et nous le leur conserverons.

Végétaux FOSSILES.» i3

M. Steniberg Ife premier a emploi^é pour divisai ce groupe de vrais caractères botaniques, et nous avons vu avec plaisir que la plupart des 'genres que nous avions adoptés étoienl les mêmes que ceuK qu^il avoit établi^ ^ nous avons cependant quelques observations à ajouter sur les caractères et les analogies de ces végétaux , sujet qu'aucun auteur n^a, je crois, discuté jusqu'à présent avec iattention qu'il mérite^

Au lieu de quatre genres seulement établis par M. Stembcrg , nous avons cru devoir en distinguer sept , et l'importance des caractères joint au nombre des espèces que nous avons à y placer y nous paroissent autoriser ce plus grand nombre de divisions. Nous £vons été obligé à regret de changer quelques-uns des noms de genre donnés parM. de Sternberg; mais le nom de Fariolaria étant déjà employé en botanique , nous n'avons pas cru devoir l'appliquer à un autre objet. Deux causes nous ont aussi engagé à changer le nom de LepidodendTvn. i^. Il emb rassoit également nos deux genres SagenanaelSigillaria,sans correspondre exactement à aucun des deux. 2?; Le nom de Lepîdodendron .en^ traînoit l'idée que les tubercules rhomboïdaux que présentent ces tiges étoient produits par des écailles , tandis que ce sont des protubérances de la tige servant de base aux pétioles des feuilles.

Nous ferons précéder la discussion des analogies de ces diverses tiges fossiles de quelques considérations sur les plantes , en général avec lesquelles on peut les comparer , afin delimitei: autant que possible le vaste champ dans lequel nous devons chercher leurs analogues et d'éviter de répéter à chaque geqf e des choses qui s'appliquent à tous. Il nous paroît évi-

. i4 . Végétaux FOSSILES.

dent pour tQUte j^rsonne qui a étudie comparativement Torganisation des végétaux monocotylédons et dicotylédon$9 que les genres de végétaux fossiles que nous rangeons dans notre seconde classe doivent appartenir la plupart k des végétaux de la première de ces grandes divisions du règne végétal ; nous ne parlons pas en effet des acotylédons ^ parmi lesquels on ne rencontre aucun végétal arborescent comparable aux fossiles qui nous occupent.

Le caractère de tous les fossiles de cette classe est d'avoir une tige présentant à sa surface des impressions disposées régulièrement 'y ces impressions , quelle que soit leur cause , ne peuvent conserver leur régularité qu'autant que la tîge qui les offre ne changera pas de diamètre ; tout le monde sait en effet que les empreintes laissées par les feuilles après leur chute sur les rameaux de nos arbres dicotylédons ^ disparoissent bientôt par la formation successive de Técorce et Faugmentation du diamètre^ de sorte qu'il n'en existe plus aucune trace sur les troncs de ces arbres. Cette observation s'applique' à tous les arbres dicotylédons. La plupart des tiges fossiles qui présentent ces empreintes ayant un diamètre qui ne permet pas de penser que ce soient des pousses d'une année, on doit admettre que ces tiges ne changeoient pas de grosseur en avançant en âge î or cette manière de se développer est un des caractères propres aux monocotylédons , et nous comprenons ici sous le nom de monocotylédons, les Fougères, les Lycopodes et les Equisetum, dont le mode général de développement et d'accroissement est le même que celui des monocotylédons phanérogames j nous regardons aussi comme appartenans à cette division la famille des Cycadées, que toute son organisation

VÉGÉTAUX FOSSILE^. • • l5

nous paroît rapprocher beaucoup plus des plantes monoco* tylédones que des dicotylédones. * ^

Quelques végétaux dicoty lédons très-peu nombrqjix , ^ est vrai 9 peuvent pourtant atteindre une taille assez considérable, sans que les cicatrices laissées par la base des feuilles ou des épines sur leurs tiges disparoissent entièrement ou perdent leur position symétrique j ces exemples se présentent parmi les plantes à tiges charnues , tels que les cactus ou les euphorbes arborescentes qui atteignent en peu de temps un diamètre, assez considérable , et dont le tissu môu et charnu peut se développer sans se déformer,. et sans détruire par conséquent la disposition symétrique des bases des* feuilles ou des épines; mais ces cas sont très-peu nombreux, et ces tiges ne peuvent même pas atteindre un trè^grand diamètre , sans que ces impressions disparoissent.

Après avoir ainsi limité les objets avec lesquels nous pou-» vous comparer ces tiges fossiles, nous allons examiner successivement chacun des genres que nous y avons établis, et chercher à déterniiner la famille ou les genres dont ils se rapprochent le plus.

Le genre Culmiïe n^avoît encore été indiqué par aucun auteur^ les espèces qui s'y rapportent appartiennent toutes au terrain de sédiment supérieur , et ont été trouvées aux environs de Paris. Il se rapproche par ses articulations du genre suivant ; mais il s'en distingue par sa tige toujours lis3e,* ou du moins sans stries régulières et présentant une large impression unilatérale à chaque articulation (i).

^ (i) •Culmites nodosuSi pi. I| fig. i.

l6 • • VÏGÉTAUi FOSSILES.

Ces impressions sont dîstiches y c'est-^înlire que celle fàe rarticulatioQ , placée immédiatement au-dessus, est sur le côtéjde I9 tige opposé à Celui- de l'impression inférieure.

Lorsque ces impressions manquent , on en voit ordinairement plusieurs placées dans Fintervalle d'un nœud à l'autre et disposées sans ordre. Ces fossiles me paroissent se rappro- ^er davantage des plantes de la famille des Graminées que de toute autre plante moûocotylédone , sans qu'on puisse, pourtant affirmer qu'ils lui appartiennent, puisque quelques autres familles présentent également des tiges articulées , et des rameauK axillaires distiches pouvant donner lieu aux impressions* placées au-dessus de ces articulations. C'est ce qu'on peut observer dans les tiges de calantus, et de plusieurs plantes de la famille des cannées.

Celles de ces tiges qui ne présentent pas d'impression unilatérale à l'articulation, mais plusieurs cicatrices sur la surface même de la tige , ressemblent beaucoup aux tiges rampantes et souterraines de plusieurs graminées, et surtout des espèces qui croissent dans les terrains humides ou dans les sables; ces cicatrices sont alors produites par la chute des radicules qui naissoient de la tige.

Le nom de Calamité ayant déjà été donné par MM. Schlotheim et Sternberg à ce genre, quoique ce nom nous paroisse indiquer une analogie fausse entre ces fossiles et les Calamus on Rotang, nous n'avons pas cru devoir le changer. Ce genre est caractérisé par ses tiges articulées , régulièrement striées, n'offrant jamais d'impressions unilatérales , mais présentant souvent tout autour de l'articulation une série de points saillans qui correspondent à l'extrémité de chaque stiie, chacune

de ces stries alternent avec celles qui sont au-dessus de l'articulation (i )• Ces végétaux ont été comparés , non-seulement à des Calamus, k des Bambous, etc. , mais même à des tiges de Palmiers ; il su£St d'un examen un peu attentif pour voir combien ces tiges diffèrent de celles de toutes ces plantes. Dans les Calamus, les Rotangs, les Bambous et toutes les Graminées, les tiges sont il est vrai articulées , mais elles présentent toujours à Taissell^Yle la feuille qui s^inséroit à l'articulation , ou un bourgeon qui en tombant laisse une cicatrice arrondie qu'on remarque sur beaucoup de Bambous, ou si le bourgeon ne s'est pas développé, ce qui est le cas de beaucoup de graminées^ on voit presque toujours une sorte de sillon ou de gouttière plus ou moins profonde qui marque le point où il auroit du être placé.

Lorsque ce sillon manque , comme on Tobserve dans quelques graminées , et particulièrement dans celles qui ' ,comme le blé^ le seigle, etc., ne se ramifient jamais h la partie supérieure^ on remarque que l'articulation forme toujours un nœud saillant , que la tige e^t plus mince au-dessus qu'audessous, et qu'elle n'est jamais régulièrement striée; enfin on n'y voit jamais ces impressions arrondies et nombreuses qui environnent l'articulation de nos plantes fossiles. Les Palmiers diffèrent encore plus des Calamités , car leurs tiges ne sont pas réellement articulées ; elles présentent seulement des lignes transversales, produites par la base amplexicaule des feuilles qui ne font jamais entièrement le tour de la tige. Ces lignes sont en général plus larges au point qui correspondoit au milieu du pétiole et s'amincissent à leurs deux extré-

(1) Calamités decoratus (an. C decoraius ? Scelotu. Petr. , p. 401 )•

l8 YéoÛTAVX FOSSILES.

mités ; on n'y remarque pas non plus cette ligne de points qui entoure les articulations des Calamités ; ces différences sont , je croîs , assez importantes pour prouver que les tîges fossiles qui nous occupent ne peuvent appartenir à aucune ' de ces plantes.

Le genre Equisetum me paroît présenter beaucoup plus d'analogie avec ces fossiles; je dois la première idée de ce rapprochement à M. Decandolle , Texamen comparatif que j'ai fait depuis des tîges de ces végétaux et de celles de nos plantes fossiles ne me laisse presque aucun doute sur sa justesse, et je pense que si les Calamités n'appartenoîent pas au genre Equisetum lui-même, ils dévoient se rapprocher par leur structure plus de ce genre que d'aucun autre connu.

La grande différence de taille entre les Equisetum de notre climat et ces fossiles n'est pas une objection suffisante ; car les fougères en arbre, qui manquent entièrement dans les régions tempérées , sont assez nombreuses dans la zone équi- Doxiale , et paroissent avoir été encore plus fréquentes aux époques les plus reculées de l'existence des végétaux sur la terre, époque à laquelle les terrains houillîers se sont formés, et à laquelle appartîennent les Calamités. D'ailleurs l'existence d'Equîsetum d'une taille très-supérieure à celle de nos climats dans la zone torride est déjà prouvée. Plumier en a décrit une espèce qui est mal connue jusqu'à présent il est vrai, et dont on ne possède que des portions incomplètes dans les collections. M. -de Humboldt en a rapporté une autre, qui n'est aussi connue qu'imparfaitement, et il est probable que lorsqu'on donnera plus d'attention aux espèces exotiques' de ce genre on en découvrira plusieurs dans les parties chaudes

Végétaux fossiles. 19

de r Amérique qui , comme les Equisetwn giganteian et Caracascaiuin{\) y surpasseront de beaucoup la taille des espèces d'Europe.

Ainsi 9 sans nous arrêter à cette différence de taille 9 nous devons comparer la structure de nos Equisetum avec celles des Calamités^ et nous pouvons prendre pour exemple rjË'^i/2setum UmosuTH y une des espèces les plus grandes de nos climats. ( PL IV, fig. 5. )

Cet Equisetum présente une tige cylindrique, d'un diamètre presque égale depuis la base jusqu'au sommet, articulée de distance en distance et régulièrement striée ; la surface de plusieurs espèces est tuberculeuse; une espèce de Calamité présente ce ménie caractère; enfin si on arrache soigneusement la gaine qui entoure chaque articulation^on verra que les stries qui sont au-dessus de l'articulation alternent avec celles qui sont au-dessous, et que ces dernières se terminent chacune par une cicatrice arrondie , formée par le faisceau de vaisseaux qui se portoit dans la gaine et qui coïncide avec chacune des dents de cette gaiue.

Cette structure est exactement celle des Calamités. Il suffit donc de supposer que les gaines qui entouroient les articulations des Calamités ont été détruites , ce qui est très-probable si ces gaines étoient membraneuses, comme celles de nosEquîsetum , et si , comme tout nous porte à le penser , ces végétaux étoient vivaces comme le sont les tiges souterraines des Equisetum. J'ajouterai à toutes ces preuves que dans un

(i) Cette espèce , désignée par Willdenow et par M. de Hum)>oldt sous le nom de ramosissimum , n'est pas la même que celle que M. Desfontaine avoit nommée ainsi. C'est ce qui a engagé M. Decandolle {fl^fr,, vol. VI,pag, 244* ) à changer son nom en Caracasanum.

échantillon fossile représenté tab. IV, fig. 4? j® crois avoir retrouvé la gaine d'un de ces Equisetum ; mais la portion de tige à laquelle elle doit s'insérer n étant pas visible , quoique tout me porte à penser qu'elle appartient à ce genre , je n'oserois pas Tassurer (i).

On pourroit enfin regarder comme analogue à Fépi des Ëquisetumun fossile figuré par M. Steinhauer dans les Transactions de la Sociétés philosophique d'Amérique, vol. I, tab. 5, fig. 1 , 2, sous le nom de PhytoUthus sulcatus ^ mais Téchantillon Ui'étant pas complet , et ne pouvant en parler que d'après la figure, je n'avance cette idée que comme im doute à vérifier (2).

Le genre Syringodendron (3) de M. Sternberg est un de ceux dont les analogues nous paroissent les plus difficiles à déterminer, il diffère de tous les monocotylédones phanérogames

(i) M. Decandolle m'écrit de Genève qu'ils possèdent, dans le Muséum d'IIis^ toîre Naturelle de cette ville, un échantillon de ce genre , qui présente d'une manière assez distincte, des rameaux verticillés , comme ceux des Eqnisetum. M. Yaucher , qui s'occupe d'un travail sur le genre Equisetum, partage la même opinion et pense que l'absence des gaines n'est pas un caractère très-important: ces parties étant caduques dans plusieurs espèces vivantes.

(2) L'analogie extérieure des jeunes rameaux des| Casuarina et des Equiselum pourrait induire quelques personnes à penser que nos Calamités pourroient être analogues aux tiges de ces grands arbres ; mais le mode d'accroissement des Casuarina produit, comme nous l'avons déjà fait remarquer , la destruction des articulations et des stries qu'on voit sur leurs rameaux , et sur les troncs on n'observe plus aucun indice ni d'articulation ni de gaîne , leur écorce devient semblable à celle des autres arbres dicotylédons.

Cette même observation s'applique aux autres Conifères , dont les jeunes rameaux présentent quelque analogie avec les tiges de nos Sagenaires ; ces apparences disparoissent promptement, et^il n'en reste plus de trace sur des pousses de quatre à cinq ans.

(3) Syringodendron striatum , pi. I^ fîg. 3.

Végétaux fossiles. 21

dont nous avons eu occasion d'examiner des troncs , et le nombre des arbres de cette grande division est assez limité pour qu'on puisse facilement les passer en revue. La plupart ayant des feuilles à base large et amplexicaule offrent sur leurs tiges des impressions transversales linéaires ou rhomboïdales, mais toujours plus larges que hautes ; tels sont les Palmiers, les Dracœna, les Yucca, TAletris fragrans, les Aloês, les Pandanus, etc. Les Aroïdes à tige arborescente , et les Cycadées sont presque les seules plantes monocotylédones phanérogames à tiges arborescentes, et à pétioles nonembrassants ; mais ces pétioles sont néanmoins plus larges que hauts. Enfin on doit remarquer qu aucuns n'ont la tige cannelée régulièrement comme les plantes fossiles de ce genre. Les fougères en arbres, qui présentent des pétioles souvent plus hauts que larges , laissent sur leur tige des impressions d'une forme très-différente, comme on le verra plus loin.

La forme arrondie ou allongée de haut en bas des cicatrices que portent ces tiges, leur disposition souvent géminée paroît distinguer ces plantes de tous les végétaux que nous connoissons, et nous porteroît à présumer cpie leurs analogues n'existent plus ou du moins n'ont pas encore été observés.

Quelques auteurs , et particulièrement MM. Rhode et Nau, ont rapporté ces tiges à des Cactus voisins du C Perupianus ; j'avoue que cette opinion ne me paroît pas probable, lo. Les Cactus sont toujours rameux, et jamais on n'a vu d'échantillons rameux de ces tiges ; 20. dans les Cactus , la tige est cannelée avec des crêtes saillantes qui portent des épines, tandis que dans les Syringodendron elle présente des côtes convexes portant des impressions et séparées par des

â3 VÉGÉTAUX FOSSILES.

sillons profonds ; 3». le nombre de ces côtes est beaucoup plus considérable dans ces tiges que dans aucun CSactus ; enfin , les Syringodendron sont souvent finement striés , ce qui ne s'observe jamais dans les plantes grasses^ telles que les Cactus 9 et ils ne !sont jamais déformés par la compression, comme cela auroit lieu dans une plante charnue.

Nous ferons remarquer en outre que les parties inférieures des Cactus , qui seules pourroient passer à Tétat fossile sans se déformer, parce qu elles ont pris une consistance plus so-* lide, ne conservent plus dans leur forme la régularité qu'on remarque dans les jeunes pousses de ces plantes et dans le genre fossile , tandis que les jeunes pousses dont la forme est très-régulière, ne seroient pas susceptibles de devenir fossiles sans se déformer entièrement à cause de leur structure molle et charnue.-

Les deux genres suivans, les Sigullaibes (i) et les Cla- THRAiKES (2) ne différant que par un caractère secondaire, la forme générale de la tige , mais se ressemblant par la forme des impressions laissées par la base des pétioles, ce que nous dirons de l'un s'appliquera également à l'autre; la seule différence consiste en effet dans la disposition des impressions des bases des pétioles , qui , dans les premiers , sont portées sur des côtes saillantes et longitudinales , tandis que dans les Clathraires elles sont placées sur le sommet de tubercules saillants séparés par des sillons en réseaux.

Ces impressions sont en forme de disques , rarement arrondies, souvent allongées ou pyriformes, quelquefois presque

(i) Sîgillaria scutellata, pi. I, fig. 4.

(a) Claihraria Brardii > pi. I > 6g. 5.

YéGÛTAVX FOSSILES. 23

rhomboïdales, généralement plus longues que larges dans les Sigillaires, plus larges au contraire que longues dans les Gla-^ thraires^ assez souvent échancrées au sommet dans ces derniéres y vers lé milieu de ce disque on voit ou un tubercule saillant 9 ou un cercle, ou plus souvent trois portions de cercles disposées de sorte que celle du milieu a la concavité tournée en haut et est embrassée par les deux latérales. Danalogie de ces tiges avec celles des Fougères en arbre (i) est frappante. Dans ces plantes on observe en effet que les bases des pétioles laissent après leur chute sur la tige des disques de forme très-régulière disposés en quinconce , et souvent placés sur des côtes plus saillantes. Ces disques sont plus hauts que larges, quelquefois échancrésàleur bord supérieur, ce qui dépend de la forme des pétioles des Fougères et du sillon qui parcourt souvent leur surface supérieure. Enfin les vaisseaux qui traversent les pétioles sont disposés en faisceaux très-réguliers peu nombreux, et toujours placés symétriquement par paires ou sur la ligne médiane (2). Ces vaisseaux , après la chute du pétiole , laissent sur les disques des points saillans disposés dans le même ordre qu eux. Ce caractère distingue les pétioles de ces plantes de ceux des Palmiers , dans lesquelles les vaisseaux sont réunis en petits faisceaux peu distincts et placés sans régularité. Les Palmiers en dîffèreiït

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(0 Voyez la fîg. 6, PI. IV, qui représeute une partie de l'ëcorce du Çjraiheq excelsa, Willd. , rapportée par M. Bory de Saint-Vincent.

(2) Nous avons figuré, PI. IV, fîg. 7 a 12 , la coupe de plusieurs pétioles de fougères des euTirons de Paris , pour montrer celte disposition des vaisseaux et ses diverses modifications : fîg. 7, Osmunda regalis ; fig 8, Athj-rium filix-fcemina ; fîg. 9, Poljrpodium vulgare; fîg. 10, Aspidium dilatation ; fig. 11, Aspidium JiUx^mas ; fig. 12, Asphnium Adianihumrjfigrum.

en outre par la base amplexicaule de leurs feuilles qui ne ' produit jamais d'impressions en forme de disque sur la tige. Dans les Cycas on rétrouve déjà la forme et la symétrie des pétioles des Fougères, mais les faisceaux de fibre sont beaucoup moins limités, et les feuilles en tombant ne laissent pas d'empreintes aussi nettes sur la lige ; sur les troncs de Cycas que j'ai eu occasion d'observer dans les serres, j'ai aussi remarqué que les pétioles n'étoient pas d'une grosseur aussi égale, et disposée aussi régulièrement que sur les tiges de Pour gères en arbre que j'ai pu voir dans les collections. On peut enfin remarquer que les pétioles des Cycas et des Zamia sont toujours plus larges que hauts, ce qui ne s'observe que dans quelques espèces de Clathraires , et que leur forme est ordinairement rhomboïdale, ce qui n'a lieu dans aucune de ces plantes fossiles. Toutes ces raisons nous semblent prouver évidemment l'analogie de ces liges avec celles des Fougères en arbre , et éloigner au contraire ces fossiles des Palmiers avec lesquels on les a, très-souvent, comparés. On doit cependant observer que la plupart des espèces vivantes de Fougères en arbre, autant du moins que je puis en juger d'après les troncs de quatre à cinq espèces que j'ai vus, présentent xm moins grand nombre de feuilles autour de leur tige que les plantes fossiles , et que les bases de ces feuilles ont un volume beaucoup plus grand que celui d'aucune des espèces fossiles.

Les Sagenaires (i), qui comprennent la première section des Lepidodendron de M. Sternberg , forment un genre très-

(i) Sagenaria ccclata 9 pi. I ^ fig* 6.

naturel et qui nous offre plus de moyens propres à reconnoître ses analogues qu aucun des genres précédens.

On a été assez heureux , en effet, pour trouver des échantillons de ce genre encore couverts de leurs feuilles , et pour en découvrir des individus d'une grande étendue qui ont montré la manière de se ramifier de ces plantes. C'est à M. Stemberg que nous devons en grande partie les connoissances que nous possédons sur ce genre intéressant. Tous les genres que nous avons déjà étudiés paroissent ne renfermer que des tiges simples. M. Léman m'a assuré avoir observé des rameaux naiss(ans de l'articulation des Calamités verticales de Saint-Etienne. Mais ce cas paroît néanmoins être fort rare, M. Sternberg, au contraire, a figuré la tige longue de plus de huit pieds d'une espèce de Sagenaire qu'il nomme Lepîdoden" dron dichotomuTn ^ qui est jusqu'à cinq ou six fois dichotome. J'ai eu occasion d'observer cette dichotomie sur un petit échantillon qui appartient peut-être à la même espèce, etdans quelques autres échantillons la tige paroîtroit émettre des rameaux latéraux , de manière à sembler pînnée. Cette tige est couverte sur toute la surface de mamelons rhomboïdaux séparés par des lignes en réseau , qui vers l'extrémité des rameaux donnent insertion à des feuilles linéaires ou setacées.

Si on examine la manière dont les feuilles s'insèrent sur la tige , on voit que chacune est placée sur le sommet et vers la partie supérieure d'un mamelon ou sorte de tubercule rhomboïdal qui est séparé des tubercules voisins par un sillon en réseau. L'impression laissée par la base de la feuille lors-* qu'elle est tombée, est un disque plat de forme demi-circulaire présentant vers son centre un ou trois points creux.

26 VÉoéTAUX FOSSILES.

Lorsqu'on a la tîge complète , on voit que ces disques et par conséquent les feuilles sont placées en spirales autour de la tige.

Le mode de division de ces tiges , la forme et l'insertion des feuilles paroissent établir un rapprochement remarquable entre ces fossiles et les végétaux de la famille des Lycopodes; en effet un grand nombre de Lycopodes sont régulièrement dichotomes; d'autres espèces sont à rameaux pinnés; et nous ferons observer ici que là division dichotome sans rameaux intermédiaires est très-rare dans le règne végétal , et que ce caractère qui se présente dans les Lycopodes et dans le genre fossile qui nous occupe, est déjà une forte présomption en faveur de leur analogie. La forme des feuilles des Lycopodes, et surtout de ceux de la section des Plilegmaria et des Selago y a la plus grande ressemblance avec celle de ces plantes fossiles; elles sont de même linéaires ou setacées, et leur base au lieu d'être plane est assez souvent triangulaire. Enfin, par rapport à la disposition de ces feuilles sur la tige , on remarque dans les Lycopodes vîvans deux dispositions qui passent de l'une à l'autre par des nuances insensibles presque dans la même espèce , et qui nous expliquent leur mode d'insertion dans les plantes fossiles.

Dans plusieurs espèces de Lycopodes, tels que les I/ycopodium Phlegmaria y LinifoUurriy etc., la tige est cannelée longitudinalement, et chacune de ces cannelures porte une série de feuilles qui alternent avec celles des cannelures voisines , de sorte que ces feuilles sont disposées en quinconce ; mais si la grosseur de la tige et le nombre des cannelures ou des rangs de feuilles restant le même, la largeur des bases de

ces feuilles augmente , chaque cannelure ou côte se trouvera dilatée au point où elle porte une feuille et resserrée dans Pespace intermédiaire par la dilatation des deux cannelures voisines j c'est ce qu'on observe dans plusieurs espèces de Lycopodes, ces cannelures ainsi rétrécies de distance en dis* tance, forment alors des tubercules ou mamelons presque rhomboïdaux qui portent les feuilles à leur partie moyenne et ressemblent parfaitement à ceux des Sagenaîres (i).

La petitesse d^s feuilles de nos Lycopodes , ne m'a pas permis de m'assurer si on voyoit dans leur base trois faisceaux de vaisseaux ; mai^'en ai souvent distingué un moyen, et je soupçonne que dans quelques espèces il y en a trois cbnmie dans plusieurs des espèces fossiles.

On peut ajouter à ces diverses preuves que quelques échantillons^ figurés par Parkinson (2) et par d'autres au* teurs , paroissent avoir une grande analogie avec les épis composés d'écailles imbriquées des Lycopodes vivans , et en diffèrent seulement par leur taille beaucoup plus considérable. N'ayant pu jusqu'à présent observer que des échantillons trèsincomplets de ces épis, je n'oserois rien affirmer à ce sujet, quoique ce fait me paroisse donner un nouveau poids au rapprochement que nous venons d'indiquer. La plus grande différence entre nos fossiles et les Lycopodes réside donc dans la taille ; mais cett^ grandeur ne peut être regardée que

— ^^— ^— ^-^^M i^—— — ^.i^^B^»^— — — ^^a^^^— < Il

(i) La fig. I de la pi. lY représente une espèce de sag^nsLire "{Saffcnaria Opkitf nts) encore couverte en partie de ses feailles. La %. a montre la disposition dék feuilles dans leLycopodium PUegmaria, La fîg. 3 fait voir le mode d'insertion de ces fenilles dans le Lycopodium verticiUatum , une des espèces gai préMnte le plus d'analogie avec les espèces fossiles.

' (a) Organic. remains 1 1. III | pi. IX| fig. i.

C4)mme un caractère spécifique , ou tout au plus générique y et de même que dans la famille des fougères , nous voyons des plantes telles que les Hymenophyllum , etc. , qui n'ont que quelques pouces de hauteur, et les Cyathea, les Dicksonia, etc., qui s'élèvent jusqu'à plusieurs toises, de même nous pouvons concevoir que la famille des Lycopodes a renfermé des plantes arborescentes, appartenant peut-être à des genres difierensde nos Lycopodes actuels, mais dont l'organisation devoit néanmoins avoir avec eux les plus grands rapports.

Le dernier genre de cette classe qui nous reste à examiner , est celui que. nous désignons sou$ le nom de Stigmaria. M. Sternberg l'avoit nommé Variolaria^ mais ce nom étant déjà donné à un genre de Lichens , nous n'avons pas cru devoir le conserver; il est caractérisé par une tige unie présentant des cicatrices rondes ou elliptiques disposées en quinconce et distantes les unes des autres. Chacune de ces cicatrices est déprimée , et présente en général à son centre un petit tubercule saillant (i).

M. Sternberg a figuré une espèce de ce genre dont il a vu les feuilles encore insérées à ces cicatrices , et je les ai aussi observées sur deux échantillons ; elles sont linéaires , assez larges et sans nervure médiane. Parmi les plantes monocotylédones , il en est très-peu dont les tiges offrent une structure semblable , les feuilles de ces végétaux étant en général amplexicaules. Quelques plantes pourtant de la famille des Aroïdes , dont les feuilles sont portées sur un pétiole arrondi, tels que les Dracontium, quelques Pothos,-etc., ont des tiges assez semblables à celles des plantes

(i) Stigmaria ficoîdes^ pi. I , fig. ^^Variolariaficoides, St£B5B.)

fossiles de ce genre. Mais les individus que j'ai eu occasion de voir dans les serres de Paris , n'avoient pas atteint une taille assez considérable pour que j'aie pu m'assurer si leur diamètre augmentoit sensiblement , et si les cicatrices produites par la chute des feuilles ne se détruisoicnt pas.

On doit aussi observer que la plupart des végétaux de cette famille diffèrent de presque toutes les monocotylédones par leurs feuilles à limbe dilaté, à nervures souvent anastomosées et par leur pétiole, arrondi , tandis que les fossiles paroissent avoir des feuilles- planes et linéaires (i). Il existe parmi les dicotylédones un genre qui, pac la forme de ses tiges et de ses feuilles, a beaucoup d'analogie avec nos Stigmaîres, ce sont les Euphorbes arborescentes; leurs feuilles sont très-souvent Jinéaires planes' et laissent une cicatrice elliptique transversale semblable k celle de quelques espèces de Stigmairesf La forme en général irrrégulière et comme ^bosselée des tiges des Stigmaires est aussi assez semblable à celle des tiges grasses de ces Euphorbes : cette analogie me paroît pourtant très-douleuse ; i». parce que les tiges des Stigmaires se sont toujours présentées simples, tandis que celles des Euphorbes arborescentes sont en général très-rameuses.

20. Parce que lorsque les tiges des Euphorbes atteignent un diamètre égal à celui que présentent les Stigmaires , les cicatrices -des bases dés feuilles sont effacées.

M. Nau , dans le mémoire déjà cité , rapporte que

(1) Il se trouve parmi des impressions de plantes du terrain houilller de Zanesyillei État de TOhio , que j'ai reçues de M. SîUîman , des portions de feuilles à limbe trës-grand , arrondi , déchire sur son bord , à nervures rayonnantes simples | qui pourroient peuf^tre provenir de plantes de la fiimille des Aroîdes.

3o YlÎGBTAUX FOSSILES.

M. Martîus, qui a va les figures de M. Sternberg, pense que les plantes de ce genre peuvent appartenir à la famille des Paliniers. J'avoue que, malgré tout le poids que Topinion d'un naturaliste qui arrive d'un pays aussi riche que le Brésil en plantes de cette famille peut avoir à mes yeux , j'ai de Ja peine k me ranger de son avis ; car d'après ce que nous connoissons des plantes de cette famille , toutes les espèces ont des feuilles amplexicaules produisant sur la tige de; impressions linéaires transversales^ tandis que les feuilles des Stigmaires sont rétrécieset arrondies à la base, ce dont il n'existe je crois aucun exemple dans la famille des Palmiers. L'analogie de ces fossiles avec quelques plantes monocotylédones de la famille des Aroïdes me paroit donc plus probable ; mais nous ne possédons pas encore, soit dans les ouvragés, soit., âans les collections , de matériaux propres à établir une comparaison rigoureuse entre ces végétaux et nos fossiles.

Les genres qui composent notre troisième classe , peuvent la plupart être considérés comme des familles quelquefois très-naturelles , mais dont les espèces peuvent rarement être groupées en sections fondées sur des caractères semblables à ceux employés dans les plantes vivantes pour distinguer les genres de ces familles^ tels sont particulièrement les Filicites et les Fucoïdes.

Nous avons donné le nom de Ltgopodites au premier genre de cette classe , afin de no«is éloigner le moins possible du nom de Lycopodioh't/ie que M. Schlotheim leur avoit donné et que nous n'avons fait qu'abréger, sans prétendre établir par là une affinité entre ces végétaux et les Lycopodes , affinité qui nous paroit très-douteuse pour beaucoup d'entre

Végétaux fossiles. 3^

eax , et qui nous eût fait préférer un nom moins significatif. Nous ferons en effet observer que ce genre ^ tel que nous Fâvons caractérisé , renferme des végétaux qui paroissent avoir appartenu à des genres trè^différens , et que des échantillons plus parfaits engageront peut-être un jour à séparer. On peut y établir quatre sections assez distinctes : lo. ceux dont les feuilles sont étroites, lancéolées , insérées régulièrement tout autour de la Uge , et qui par la forme de leur tige,appartien-« droient probablement au genre Sagenaria, comme on peut s'en assurer sur plusieurs espèces qui réunissent la tige des Sage^ naria aux feuilles de ces Lycopodites (i)} 20. ceux dont les feuilles sont setacçes , disposées sur deux rangs et ne paroissent pas laisser d'impressions réticulées j tel est le Jbycopo-diolithes piniformis de Schlotheim (3) et quelques autres espèces non figurées. Tel est encore le Ijycopodites Taxi^ f orrais (pî. II, fig. i ) (3); c'est à ce groupe que nous pensons qu'on, doit réserver particulièrement ce nom de Lyco* podites ; 3^. ceux dont les feuilles assez larges, sans nervure apparente, sont éparsês et insérées sans ordre tout autour de la tige. Toutes les espèces que je connois de cette section se trouvent dans les schistes bitumineux de Mansfeld, elles paroissent différer beaucoup des autres espèces de ce genre par la disposition irrégulière des feuilles, caractère qui les éloigne des Lycopodes. Enfin, dans une quatrième section, nous placerons le Lycopodites squamatus^ décrit dans la

(i)"Voyez le SagenariaOphiaras, pi. IV, fig. i.

(a) Petrefact^nkandè , lab. XXHI , fig. i , 6.

(3) M. Schlotheim réunit cette plante, qu'il a figarëe tab. XXIlli ilg. i| a, fig. a , «o Z^capodites piniforads } mais il nous in semble 4Ustinct par ses fenilUs plus longues setacëes et par sa Ugo toujouri plus forte.

32 Végétaux fossiles.

seconde partie de ce mémoire et qui diffère des autres espèces par ses feuilles obtuses j courtes , exactement appliquées contre la tige.

Telles sont les divisions qu'on peut jusqu'à présent établir dans ce genre , et qu'on regardera probablement par la suite comme des genres distincts ; mais pour le moment nous n'avons pas vu d'échantillons assez bien conservés de la plupart des espèces pour oser les séparer.

Le mot de Filigite avoit aussi été employé déjà par M. Schlotheim , et l'analogie qu'il indique entre les plantes de ce genre et les Fougères est si évidente, que nous l'avions déjà adopté long-temps avant la publication de l'ouvrage de ce naturaliste.

Ce genre , quoique extrêmement naturel , peut pourtant être divisé en cinq sections ou sous-genres fondés sur la disposition des nervures et la forme des pinnules; mais ces . caractères , dans les fougères vivantes , n'étant pas dans un rapport constant avec les caractères tirés des organes de la fructification , nous n'avons pas cru devoir regarder ces divisions comme des genres.

La première section que nous nommerons Glossopteris (i), a la fronde simple, entière, traversée par une seule nervure médiane sans nervures secondaires distinctes. Nous n'en connoissons qu'une espèce dont la feuille a quelque analogie avec " les feuilles des Ophioglossum , c'est ce qui nous a fait rapporter ce fossile au genre Filicite dont il diffère beaucoup par la forme de la fronde et surtout par l'absence des nervures secondaires.

(i) FiLiGiTEs (Glossopteris) dubios » pi. H, 6g. 4.

YÛGirkvx FOSSILES. 33

La seconde section ^ les pinnules cunéiformes , arrondies ou loliées à rextrémité , et les nervures palmées ou rayonnantes de la base de la'^innuk. Nous lui donnerons le nom de Sphenopteris{i).\jdi forme fles feuilles de ces fougères est analogue à celles de beaucoup d'espèces des genres Asplenium /P^vallia ^ Dicksonia, Adianthum, Gheilanthe?, etc., sans que nous ayons pu jusqu'à présent les rapporter à aucune des espèces connues.

La troisième section a les pinnules arrondies, jamais lobées, non. adhérentes au rachis, par leur base; Ies.nervures s'épanouissent du point d'ipsertion de la pinnule , et sont en général très-distinctes et dicjiiotomes : nous nommerons cette section Nepropteris (2). *

La quatrième section^ à laquelle nous donnerons le nom db Peoipteris{3), comprend les espèces dont la frolfde est piimatinde à pinnujes adhérentes par leur base au rachis, traversée paf une. nervure médiane et à nervures secondaires pennées.

Cette division est la plus nombreuse en espèces , et £elle daQS laquelle les caraqjtères distinctifs sont les plus difficiles à établir; c[est aus^ dans Çjgtte division qu'on trouve quelques plantesi, dont les caractères se rapprochent beaucoup de ceuxd^espèces vivantes ; mais comme ces plantes ont des formes qui se Représentent souvent dans plusieurs fougèrts de genres différens , et que les caractères des genres ne '%ont pas visibles , il Vist^difficile et même presque impossible d'affirmer s'il*y a une identité parfaite.

" ■ ' W I — ^i.— — — ■— — w^— — pi^

(0* FiLiGiTES ( Sphenopteris ) elegans , pi. II , fig^ a. (^ FiLiciTEs (Neyropteris)heteropli7llnSy.pT. II , fig. 6. (3) BiLiGiTEs fPecopt^ ) ynnaBforAiii^^l. U j fig. 3.

Nous noi^p^erons la cinquième seotiou Odontopteris (i) , elle rcpferme quelques pjantçs dont les pinnules so^tf adhérentes ^n rachîs par toute leur b1ts# sans nervure médiane, e^ dont les pervures secondaires partent toutes perpend|cu«liûf emeiit ^e ce rachis,

Jud^ fflpnde de ces espaces est très-mince^ et sa structt'K trèsdélicate ressemble un peu à celle des Hymenophyllum, etc. dont elle diffère pourtant beaucoup ^ar sa forme.

U ^st probable que de nouvellesi découvertes y et sijrtout dès fossiles de pays étrangers nous fourniront de nouvelles subdivisions , car plusieurs forn^çs assez répandues djans le$ fougères vivantiës nef se trouveut pas classées dans ces cinq sections.

# Le genre Sp£geNgPHY|.i.iT£s (2) est ua.des genres de plantes fossiles fond4^ sur Içs caractères les plus tranchés , et ^ont aucun analogue générique ne paroît exister actuellemeftt sur la terre. La forme de ses feuilles et la disposition des uervu^^es le rapprochent évidemment des fougères , et surtout dvi Marsilea, comme M- Slernberg^Ua déjà indiqué r3)j mais ses feuilles réunies six pqr six et verticillées , le distiu-* ^uent de joutes les espèces, de Marsupa dont les feiiflles sont quaternées à Textrén^ilié d'un, long pétiole. Cette différence , considérable dans la^ végétation , entratnoit probaUiement

iVX II

(i) FiLiciTEs (Odontopteris) Brardii, pî. H, fig. 5. Le genre odontopteris de Bemhardî est le même que le gepi^ Lygodîam de Swarts , Ugena xte CayaiMUsa ou Hydroglossum de Willdenow. Ce genre éi^pX gé^^Valemeat adopte SîQu%||li^ni 4^?. SSl ^J.^îs. ^PJ^Lx, ^2^ av ons cru pouvoir appliquer celui d'Odontoptcris àjtei plantes fossiles. * *

(2) Sphenophyllitcs ema^gini^t|ufy pHI , fig. 9- ^

(3) Mém. du Mus. , t. V, p. 168. • ^ *

\ des différences âA^ gi^«dfèa àStxiS la frafetificdtiow ^ dé i&ttè qu'il esC très^vraiséàiblable qtie }«â8pfllbophyIUte&foFmoiëirit voi gëOté vdbiù^ ma» lÛétlKliâliiiet d«$ Marsilea, et èompdi§ dé ptksieurs espècôs pftrfaiteKetit caractérisées. M. St^hlei^ the$tn avoit indiquée utie de ces espèces solls le nom de Paltndfiitei verfiùillatu^ ^ quoique ces plantes âe nous paroilsâil^nt pâ6 lÊKÀt là moindre anategîe avec Ites Paknieri (i). *

On' téftfa qae éetle dismnctièn «st de cjuélqtre împtWtancé

ponr la déterminàtf^' -eiatSte des plante^ proprés U dkéJcffiié

terrain; car, pour le dire eu passant^ les Sphénojlhyllftfei

'""^e troip^'ent exdbsivement dfans 16 tertaint hOuiDiféry tàiidis

qu'il paroît qtie ^ Palmiers lui s^nt^rsugers^.

L J gehre auquel nous avons donné le rfom d' Astié AopBmLi*ÉSf a^ comme le précédent, les feuilles ^erticHtées', mais cél feuilleà sont linéaires ou^' lancéolées, traveMéeS' par uû6 seule ttervure médiane (îî)* ^

M. SchlotheimJ'avoit désigné par le nom de Cdéuarlmtéé y

(i) On fiDurroit encore rapprocher <^e genre des Ceratopfylhm' t(nif coiaiin% où sait y présentent des^ feuilles ' vérticplées et profetidënitent ditisëes' en lobés dicholDme!; en supposant seulettient que ces'- lobes, qui indiquent le mode de diyisiin des nerynres , ont été réunis en un seul limbe , ce qui auroit lieu probablement ponr les Ceratophjllum s*ils croîssoient hors* de 1 eaii , côîmmë on le reÉiarque poui^^ les Renmcules aquatiques dont les fenilles* fulMnergée» èàHài divisées en lobes capillaires ^Mandis qne éeWés qiii sont b<»v de l'eau sont à peine divisées. On peut seulemenf objecter à cette supposition , i"*. que dans les' Ceratog^yllnm lés fenilles sont au nombre de 8 on lo au moins par yertidlles; 2*. <:qu'ayant trouvé dahs le terrain houilUer les analogues des FoùgëresV des LycopodeSy des E^uisetnm, il est plus probable que ces fossiles appartiennent à une famille voisine qu*à une- plante dicotylédone dont on a presque aucnn^ trace dans ce terrain. m

(a) AftteropbvUites radiatùs i pi. II , fig. f.

36 YéGlBTAUX FOSSILES.

mais le rapprochement que ce nom îndk^e nous paroit si peu probable que notiis n'avons pas pu le conserver; «Les plantes qui appartiennent à^ee genre ne nous paroissent pas pouvoir se rapporter eiLactement à aucun des Jinres connus. Les anciens auteurs, tels que Walch, Scheuzer, etc., ont rapproché ces plantes des Galium et autres Rubiacées à

^feuilles verticillées , mais^oiqp^elles aient quelques anatpg^es avec ces végétaux par la forme de leurs Feuilles et (itaiode de ramification de leurs tiges , elles <]ifierent de toutes les espaces connues de cette famille par leurs feuilles réunies en nombre beaucoup plus considérable de ^i^-huit à ^St à^* chaque verticille; elles diS^nt aussi évidemment des Hi^ puris connus, et des Eitjuisetum auxquels quelques auteuf s les ont rapportés ; des premiers par leur tige toujours régulièrement rameuse , et par leurs feuilles plus aiguës et plu^nom-*^ breuses à chaque verticale; des seconds par la présence de vraies feuilles , tandis que les Equisetum n^^ont pas d^ véritables feuilles, mais seulement des rameaux articulés réunis en verticilles. Toutes les autres plantes à feuilles vej^ticillées qu'on connoît présentent aussi^ un. nombre de feuilles beaucoup moins coi^sidérable à chaque verticille.

U pardtt donc que ces plantes appartenoîent à un genre qui n'existe plus maintenant , ou si la stiUcture 4e ses fleurs et de ses fruits permettoit de le rapportter à un genre connue ce que nous Ignorons , il est du moins, certain que toutes les. espèces alors existantes étoient différentes de celles qu'on connoît actuellement à la surfaee de la terre. Toutes les es-

"^pèces de ce genre se trouvent dans les terrains houilliers , Il Texception d'une seule que nous décrirons dans la seconde

Yé^iTJLVX FOSSILES. 3'J

partie^e ce mémoire sous le nora Ôl AsterophylUtes Fauja" sa 9 qui a été trouvée par M. Faujâl^ à Rochesauve dans le Yivarais et qui présente beaucoup d'analogie avec les plantei^du genre Ceratophyllum. »

Aucuns des auteurs qui ont écrit sur les planta fossiles n'a, je croîs, parlé des Fucus fossiles auxquels nous donndns le nom de Fucoïdes (i)>4 il n'y la^urtant pi6 le moindre doute sufifanàlogie de la plupart de ces plantes aveo^eltes de la famille des Algues j c'e^ cette analogie si évidente qiii nous a déterminé à réunir dans un même' ^nre tous les fossiles qui paroissent aiFoir appartenu à 1% famille^ des Â{gues non acculées, quoique les formes trâs^variées que présentent les plantes de cet ordre retident le caractère du genre' fossile dif- ' ficile à établir. L'ensemble dé ces caractère^donne pourtant à ces'Végétaux un aspeet assez^articulier pour empêcher de les confondre avec aucune autre planté fossile. * ^ *

Le genre que nous nommons Phtllites (2) avoit été indiqué par M. Sclilotheim sous le ncttn de Bibliolîtne y mais ce nom n'ayant été regardé par M. Scblotheim lui-même que comme • le titre, d'une section du genre ou plutôt de la classe qu'il

nomme DendroUthe ^ cet auteur n'd^ant décrit aucune espèce^ en se servant de ce nom^comme nom de genre, nous ne nous sommes pas crus obligés de l'adopter.

« La plupart des feuilles de ce genre doivent avoir fait partie

de végétAux dicotylédons. On peut pourtant en excepter

» ** Il ■■ — ^^" ■ ■ ^—1 ^— ^— — ^— ^^^

^(1) Facoîdes strictjps, AcA&DBy Ined., pi. HI , fig. 3. Ce fossile a été trouvé dans les Couches ge lignite, déconveries à Tile d'Aix prës La Rochelle , par M. Fleoriau de Belleyue. Ui^t partie d'un travail que M. Agardh a bien voula entreprendre avec moi snr les plantes fossiles de la famille des Algaes. (a) Phyllites po^iUinif y pi. III , fg. 4, trouvé à OEningen. ^

quelques espèces à plusieurs nervures confluent^, tel que le Phylliteê TnuUmervîa décrit dans la seconde partie de ce Mémoire, gui pourroient avoir appartenu à des plantes de la famille des Aroïdes , des Fluviales, des Piperacées, des Dioscorées , etc. , mais ces cas sont peu nombreux , s'ils se présentoient plus fréquemment ils pourroient engager à former de ces espèces un genre intenuédiaire aus Phyllites et auxPoacîtes.

Les PoAçiTEs (i), quoique appartenant évidemment à des plantes monocotyfédones , peuvent provenir de plantes de familles très-différentes. Les caractères qu'ils offrent nous ont paru jusqu^à présent trop peu tranchés pour que nous puissions fixer plus exactement leur position dans le règne végétal ; les Palhagites (2) au contraire ont évidemment appartenu à des plantes de la famille des Palmiers , du moins nous ne connoissons la forme de feuilles qui les caractérise que parmi les végétaux de cette famille.

Les deux derniers genres qui terminent la série des plantes fossiles, les Garpouthes et les ANTHOLrrBEs , doivent plutôt être considérés comme des ordres, à cause des différences considérables et très-importantes que présentent les espèces qu'ils renferment ; aussi lorsque deux ou plusieurs espèces offriront plusieurs caractères communs et nous paroitront avoir entre elles une analogie bien marquée , nous les réunirons sous un même corn de genre , et nous ne laisserons \t nom générique de CarpoUthes qu'aux espèces jusqu'à présent isolées parmi les fossiles.

(1) Poacitcfl cftrinata, pi. III, fig. a , KtronTe tlanilcterruaboaillier. [3) Pilinâcîte«Laiiiuioiiù,pl. tUt lig. i. VoTBi U description dant It aeconde partie de ce Mémoire.

* * VÉoiTAUX FOSSILES.

CHABÏTRE IL

iSkiT quelques végétaux fossiles du terrain de sédànefit

supérieur.

Nous allons actueltemeiit appliquer à la détermination des végétais fessiles du terrain de sédSment supérieur j la classification que nous venonsd'établir « et faire voiriin desesbutsen présentant rcmumératîon des genres et de quelques^fties des espèces de végétaux fossîlbs de ce terrain , en décrivant parlé* ciwèrèment celles guinoui j)aroitront les plus intéressantes et en ^di^ant quelques-uns des résultats généraux auxquels paroit conduire la comparaisoi^des végétaux propres à cW cune des grandes formations admises par les gçologues. ^ O» sait que dVès les limites étabKes par les géologues et ^ spécialement par M. Buckland et par mon père , 4es terrains de sédiment supérieur 9 connus aiMsT sous le nom de terr^iins tertiaires 9 s'étendent depuis rargi|e plastique et les lignites qui recouvrent la craie jusqu'à la surface de^lateq^e ou ailx ti^rr^iins de k formation la plos"" récente f on reconnoh dans les roches qui composent ces terrams^eux origines différentes, les unes sont; marines, les autres lacustres ou d'eau douce.

" Ces terrains 9 ^ue Ton a* regardés long-^temps comme des formations locale^, qui avoîent d'abord été observés aux environs de Paris ,, onib été reconnus par les auteurs que noiss avxms dépicilés, et par MM. Webster, Brocchi, Beudant^Pré^pst, La Jonkairë.> etc.^ dans l'Angleterre, l'Italie, l'Autriche, la Hongrie^ la Sit^e, diverses parties de l'Allemagne et de la

40 VÉGJÈTAUX FOSSILES. * ♦

France , et c'est d'après Tsaitorité de ces oélèbfes géologues que nous regardons comme appactenant à ces terrains les localités que nous aurons ocMSibn de citer dans ce mémoire.

Peut-être lorsqu'on aura déterminé plus exactement dajtfe chacuTie de ces localités quelle est la formation du terrain de sédiment supérieur dont elle fait partie , pôurra-Von encore établir quelques différences entre les végétalii qui se trouvent dans ces diverses formations ; mais pour le nî^ment ces divisions secondaires ont été reconnues dans trop {^eu d'endroits^ et kTs végétaut4bssiles né ^'y présentent pas en assez grand noQibre p#ur qu'on passe rien établir ae cëli^ |t cet« égard ; nous allons par cette raison examiner ea général les végétaux fossiles du terrain de sédiment ^périeur, en passant' ejQ cevuuJes gto'res dans l'ordre que nous aT4;^ns adopté dans leur exposition.

ExoGÉNiTES. -*- Les Exogénites ou bois dicot^^édons se trouèrent en quantité con^décable dans la plupart des formation^ de ce terrai» , et l'on peut dire que c'est leur gisement princîpal j^ais les différences spécifiques ne pourtant être fondées que sur la dispMition dej^ coucfies concentriques, et sur qifblques ^tres jcaractères également difficiles à étudier et dont l'importance n^06t pas bien détenninée^ l'exatnen de.cef espèces ne paroissant pas offrir jusqu'à présent des résultats d'un intérêt général, nous n'entrions pas dans leur détail

Les véritables bois fossiles exogénites se trouvent de deux manières différentes.

Tantôt à l'état siliceux , tantôt à l'état de lignite, ou même à peine altérés; dans ce dernier cas, ils se trouvent^en grandes masses dans les couches inférieures au'cakaire grossier et supérieures à la craie. C'est ainsi qu'on les observe à Auteuil

' YiaÛTAVJ. FOSSILES. ♦ ifï

près de Paris^ dans la molasse de Suisse sur les bords des lacs de Zurich et de Genève ,^ au Meissner en Hesse , à LibTar près Cologne ^ etc.'

M. Beudant rapporte les lignites de Schemnitz en Hongrie, à la même formation que ceux de Suisse, et il croit que Ceux d^ Menât , également en Hongrie, et de Billing en Bohème, appartiepnent aussi à un terrain analogue aux couches infé*rîeures au calcaire grossier.

Les bois siliceux , résinites , ou holz-opals qui se trouvent dans beaucoupMe points de la Hongrie, sont aussi, d'après ce que M. Beudant a bien voulu me ^communiquer , dans un ' terrain de conglolnérats ponpeux ou de détritus du terrain de trachy te' placé immédiatement au-dessous de ces lignitœ %t souvent jnélangés avec eux. Il croit qu'on plut rapporter à des terrains analogues, les bois fossiles des* conglomérats ponceux des bords du Rhin , de l'Auvergne .etc*

Les bois que renferme le terrain gypseux sont également à Tétat siliceux. * ^

Dans les collines sub-Appennines de la Lombardie, qui, d'ar prè^'les observations de M* Prévost , paroissent être analo- ^ gués au terrain marin supérieur des environs de Paris , on a aussi trouvé des Exogénites cËangésiii^n charbon , mais épars et non pas réunis en bancs considérables comme au-dessous du calcaire grossier. M. Prévost en a observé dans un terqiin analogue à c%s derniers , bjA environs de Vienne. Enfin dans les terrains regardés comme les plus recensa dans le terrain d'eau 3ouce supérieur des envirdns de Paris , et spédalemenyï Lonjumeau, on a également rencontré des troncs considéra^ blés de bois dicotyl^dons siliceux. * •

4^ * VÉ'aitAtri possïlês. *

J\ seroit ftcile d'iéténdre beatfcûup l'énuméiiatioh desdivier- Bés localités où ces fossiles se sont présentés dans les terrains (jle sédiment supérieur, mais ces exemples su£5bent pouf prpuver que ces débris de végétaux se trouv^^nt depuis les terrains inférieurs au calcaire grossier jusqu'aux teiTains<i*eau • douce supérieurs, et p^ar conséquent dans toutes les diverses formations du terrain tertiaire.

ËNnoGÉNiTES. — Les Endogénites, quûiqueinoîns nombreuses -et se présentant en masses moins grandes que les Ëxogénites , sont peut-être plus intéressantes en ce qu'elles ne peuvent se rapport^ qu'à un nombre beaucoup moins considérable de végétaux , la plupaM: d'une famille remarquable lïar'Bon port et par les climats qu'elle habite excluâvement.

Eh effet les Endogénites ne pouvant, comme leur^iom l'inilique, avoir âtoparteçu qu'à des arbres endogènes ou monocotylédons , et l^aàiîlle des Palmiers renfermant à elle seule presque tous les getires de plantes monocotylédones à tiges arborescentes, il est très - probable que ces troncs appartenoient à des plantes de cette famille ou à quelques «espèces * de Dracœna , de Yucca, ^eP^u^anus , etc. ,*1:ous v^étaui qui ne croissent actuellement qu^ dans la zone équiuQxiale.

Ces fossiles^, dont on^eut distinguer plusieurs espèces d'après la grosseur, la «Corme et la disposition des faiscea^ifx de vaisseaux de leur tige, présentent aussi quelquefois à leur sur- ' face la base des péti<^le&: des feuilles, qui dans ces v,égélaux persistent long-temps , en couvrant' le trofac de sortes d'écaillés l|tMit la dispositi<Hi et la forme peuvent fournir des caractères ■plus importans^our établir l'analogie de ces plantes avec celles qui existent actuellement; c'est le cas d'un tronc -d'arbre*

trouve dans les couches inférieures du calcaire grossier à

VaiUy près Soissons, et auquel je donnerai le %om d^Endo^ geniteè echinatus (iy

Les bases des feuilles sont tràs-dilatées, un peu triangulaires^ mais deviennent planes à quelque distance de leur insertion ^ elles forment des espèces d'écaillés qui sont redressées dans la partie supérieure du tronc, et ouvertes-ou presque rabattues dans la partie inférieure. Les plus supérieures paroissent avoir ^té rompues et ne pas s'être détruites lentement sur l'individu ^vant. Ces- diverses circonstances me -portent à regarder l'échantillon qui est dépojsé au Muséum d'histoire naturelle, comme la partie supérieure du tronc immédiatement aff dessous d# la naissance des feuilles.

La forme des bases des feuilles, leur tissu évidemment li* gneux dans lequel on distingue'^des faisceaux d^ âbres comme dans les tiges mêmes^ me font penser que ce tronc doit avoir appartenu à^ un arbre dont les feuilles sont portées sur un pétidie distinct^ tel que les Palmiers ^.plutôt qu'à nd arbre à feuilles simples comme les Yùçca y les Dracœna et la plupart des autres arbres monocdtylédons (2). Cette opinion nous pa^ roît d'autant plus probable que l'esListence des Palmiers dans des terrains analogues a été prouvée d'une mamère évidente.

Tous les fossiles du genre Ëndogéàite se sont présentés d^

«les mêmes circonstances que les Exogénites, mais en moins

(i) P1«.Y, fig. a y réduite au tiers.

(d) La disposition des feuilles a qylqoe analogie avec celles des Cycas ; mais .dans les plantèi de ce georé^ les pçtio^es sont beâocoaj^jnoins dilatés qne dans Tespëce fossile , et aucun Cjrcas n'a des feuilles aussi grandes çt aussi farges que* nndiqne la largeur du pétiole de là plante fossile* *

Ai?.-

44 YÛGtTkVX FOSSILES.

grande abondance et très-rarement réunis en grandes masses.

On les a trduvës à l'état de lignite , à Liblar près Cologne , où ils sont rapprochés en grande quantité dans une position verticale, mais dans un état d'altération qui les reud'indéter- # minables. '

Nous avons déjà dit que les fibres cylindriques contournées du lignite de Cologne^ et de Horgen sur le bord du lac de Zurich^ nous paroissoient appartenir à ce même genre et indiquer par conséquent la présence des Palmiers dans le lignite de la molasse de Suisse.

Mais c'est surtout à Tétat siliceux qu'on trouve les Endo- ^nites ,' en Hongrie avec les Exogénites , aux environs de Paris dans le calcaire grossier , et dans la formationgypseuse. Dans cette même formation k Aix en Provence , d'où M. Ménard-la*Groye en a rapporté des échantillons parfaitement caractérisés, qu'il a bien voulu me communiquer} M, Cortesi les indiqije également dans lé terrain marin des collines sub- Appenninesdu Plaisantin; enfin on lésa pbservéesdans beaucoup d'autres localités, en Afrique, dans l'Inde, etc. , où leur gisement n'a pas encore été bien étudié, mais paroît pourtant analogue à celui qu'elles présentent en Europe.

On voit que ces fossiles se trouvent -dans les mêmes positons que les Ejcogeniteâ, depuis les lignites qui couvrent la craie jusqu'au calcaire marîn^supécieur, car je ne sache pas^ qu'on en ait trouvé jusqu'à prjêsent dans le terrain d'eau douce supérieur.

GuLMiT£S; — Lcstiges articulé^ que nous avons désignées sous le nom dé £!tilmites, appartiennent également au terrain de sédimen}; supérieur^ et les espèces que je coûnois ont

toutes été trouvées aux environs de Paris dans le calcaire grossier j elles avoîent déjà été figurées dans l'Essai sur la * géographie minéralogique des environs de Paris.

Nous nommerons Tune Culndtes nodosus (i). ( Minéralogie géogr. des env. de Paris, pL H, fig. i , F. )*Cest cette espèce que nous regardons comme type du genre. L'autre qui s'en éloigne par quelques caractères pbrteraT le nom de Cuhrdtes ambiguus. ([Minéralogie géogr/ des env. de^ Paris, pi. II, fig. 6. )

])fon père, dans un mémoire sur les terrains d'eau douce inséré dans les Annales du Muséum, tom. iS, pag. 357, a figuré et décrit, pag. 882 , pi. XXIII , fig. 1 5 , unç tige que nous croyons devoir rapporter à ce genre quoiqu'elle en diffère un peu ; nous lui donnerons le nom de Cuhnites anomalus.

Quant aux six genres suivans, les Calamités , les Syringodendron, les Sigillaires, les Clathraires , les Sagenaires et les Stigmaireâ, aucun n'a été trouvé, à ma connoissance, dans de» terrains qu'on puisse rapporter aux terrains de sédiment supérieur, tous au contraire appartiennent exclusivement à des formations d'une époque beaucoup plus reculée, car ils n'ont été observés jusqu'à présent que dans les terrains de houille et d'anthracite , et ils paroissent depuis ou afoir disparu de la surface de la terre ou ne s'être plus trouvé dans des cir* constances semblables à celles qui dans ces terrains les ont fait pi^ser àl'état fossile.

Dans la troisième classe que nous avons établie parmi les

^) PI. I, fig. I. Nous ayons donne la description de ces di^rses espèces de Colmitesdansla nonvellie ëdilion de la Description gëologîqneda bassiade Paris , yr M&I« Garier et Alex. Brongniart.

végétaux fosHles^ les premiers genres ne nouspréseittefnt dans le terrain de sédiment supérieur que peu d'espèces ^ encore ces espèce&^nt* elles mal caractérisées^ et ce nW qu'avec doute que nous les rapportons à ces genres.

LycopoDrrEs. --^On peut^^^anger dans ce genre des tiges recouvertes d'écaillés imbriquées, très-réguliàrés, obtuses , presque deformfe rhomboïdale, qui ont déj.à été iîguréei dans 1% Mémoire sur les terrains d'eau- douce eité ci -dessus, pL XXIII, fig. i6. *

Mais cette plante diffère beaucoup , comme nous Parrons déjà observé, des espèces qu'on trouve dans des terrains plus anciens et quo nous regardons comme types de ce genre ; dans ces dernières, en^^effet , les feiulks sont longues , aiguës^ souvent étalées et non pas exactement imbriquées conmie dans l'espèce V des environs de Paris ; aussi sa position dans ce genre est^-elle encore douteuse, et des échantillons plus exacts nous obligeront >peut-être à Ten séparer. Nous proposerons néanmoins de lui donner lé nom de Lycopoêite^ squcanatus (i).

Ce fossile a été trouvé dans le terrain d'eau douce supérieur, àLonjumeau, et paroit, par la disposition de ses tiges et de %^ feuilles, se rapprocher de quelques espèces de mousses aquatiques , quoiqu'il qie semble différer de toutes les espèces connues par la forme obtuse et rfaomboïdale de ses feuilles et par la manière dont elles sont régulièreoMUt imbriquées.

Le genre suivant est aussi remarquable par son ^cm«* danoe dans les terrains anci^is que par sa rareté dans les terrains modernes,^! même on l'y a jamds Qbservé; ce sont les

(i) PL IVy fig. I : a de grandeur naturelle \ h vue à kionpe. ^

YàaiTJLVX fossiles. ^ 47

Filicites ou Fougères fossiles : toat le monde sait combien le ■terrain bouilli^ est riche en espèces de ce genre , leur exisé tence dans ce terrain , leui* analogie avec les plantes de cette famille a voit déjà été remarquée il y a plus^d'un siècle par Antoine de J^gssieu. Les cgiFactères que présentent toutes les parties de ces plantes sont trop tranchés psur qu'on puisse jai^ais les'^confondre avec des plantes d^aiitres familles; néan^;

moins sur la quantité ibrt considérable d'échantillons de fossiles du tearain de sédiment Supérieur que j'ai eu occasion d'examiner, €Oit des enviroife de P^ris, d'Œningen^ de Monte- Bolc^, de Ht>che^Sauve, etc. , 8oit<ies lignites d^ Suisse , de Hongrie, de Cologne et de France", tant^'dans les coUedtions cie Paris que dans celles de M. Gazola à Vérone, et dans celles de M. Lavater à Zurich 5 je n^ai vu qu'mi seul indice ^ de Fougère , encore si incomplet que ce n'est qu'avec doute que je le rapporte à cette famille :il avoit^^^té trouvé à Ro** diesauve par M. Faûjas. * " \

' La petitesse de l'^diaatillou, l'impossibilité de distinguer les nervures , ne permettent pas, jecrois, de décider s'il appar- 1 tient à cette famille.

Je jreviendrai à la fin de ce mémoire sur l'abseq^ce dans les teirains modernes de végétauxsi abondants à une époque antérieure, et encore i^j^ndus en si grande quantité dans la nature, et sur les causes auxquelles on peut attribuer cette différence. Pour le moment il me suffit de prouver , autant du moins qu'on peut prouver une vérité négative ,. que si le§ végétaux de la iamille des Fougères existent âans les terrains de sédiment sup^eur, ils doivent s'y présenter très^rarement, pd^pie parmi les nombreuses collections que j'ai pu visiter

48 VEGETAUX FOSSILES*

à Paris, en Italie et en Suisse , je n^en ai vu aucun exemple certain.

Le genre Sphenophyllite manque entièrement dans les>^ terrains de sédiment supérieur , et la seule espèce que nous rapportions au genre Astérophyllite 9 quoique présentant une partie des caractères «de ce genre, diffère assez des Âstéro-

^phyllites des terraids anciens , pour que nous puissions peutêtre im jour l'en séparer j elle présente même dans son- port et dans quelques-uns de ses caractères une si grande analogie avec un genre déplante vivante^ le genre Ceratophyllum , que nous aurions peut-être pu ^ si les échantillons étoient plus nets , la ranger parmi les plantes de genres connus ; mais jusqu'à ce que de nouveaux échantillons mieux caractérisés

^ nous permettent de la déterminer plus exactement , nous la laisserons dans le genre Astérophyllites , sous le nom ÔlAs" terophylUtes Faujasii.

Cette espèce a été rapportée par M. Faujas de Roche- Sauve dans le Yivarais, et figurée dans Jes Annales du Muséum, t. 11^ p. 3449 pl« ^7^ fîg* ?•

iJl. Faujas^ dans ce mémoire , l'indique conmie appartenant ait gense Chara; nous ne combattrons pas cette opinion, parce que M. Faujas lui-même , dans une note sur les fossiles de ce même endroit {Ann. du Muséum ^ t. i r ^ p. 4^6) l'a abandonnée d'aprè$ les avis de MM. de Jussieu et Desfontaines, pourjrapprocher aussi cette plante des CeratophjUian. ^ La plante fossile ne présente en effet aucun de^ caractères des Chara. TaidU que quelT.e^«nes de «s feuilles m'out paru se diviser à la manière des^ feuilles àes^iJeratophyllum, richantillon n'est pourtant pas assez net pour qu ob puisse

YBCiTAUX FOSSïl^ES. 49

assurer qtie cette apparenee ne soit pasr produite par des feuilles croisées, mais si des édiantillons pfus parfaits p|^é^ ^ «

seutoîèbt oette forme de feuille d'une manière plus évidente^ if *

n'y-auroit je pense plus de doute sur le rapprochemeut que nous indiquons, car le genre Ceratophyllum est, je crois ^ le 'seul oui ofire en même temps cette forme et cette disp<)pition de ferles. * . • ^

* Unr ^tre caracK^re qiû ,me paroit rapprocher cette plante' des Ceratophyllum et Téloiguer des Qiara , p'est FiodicatioiL peu nette il est vrai d'un fruit ovoîc^e placé à Ts^ssdle d«s ^

feuilles d'un des veiticilles, disposition analogue à celle 4^ * ^

Ceratophyllum. ' . ' • * .

Fucomss. — J^ n'entrerai pas ici dans le détail des espèces deFucoïdesduterrain de sédiment supérieur, j'en ferai l'objet ^ * d'un travail particulier, où* je comprendrai tous les Fucoïdes des diy ert terrains ; tr^aM dans lequel M. Âgardh a bîeif voulu m'ai<^ de ses conseUs, et auquel les connoissances profondes*» «

que ce céleuf^ bo|f^niste a des plantes de cette fanfiUe pourra - «

donner uiv plus grand degré d'exactitude .^

Je ne coiftenterai de dire ici, que les espèces peu nom* breusesr encore observées dans le terram de sédimeai . . ,.

supérieur, paroissent pouvoir se rapporter avec assez de % . .

cehitude aux genres étjdblis dws ceQ;e famille, et que ipieK » qùes espèces^même sellent très-voisines d'espèces encore existantes, f * ♦ ♦

•^ C'est principalement à Monte-Bolca près Vérone , que ces ^ fossiles ont été*trcgavés jusqu'à présent. *

Philiites. — Les Phyllites forment ua S^ei^e immej^ par l^quai^é des esp^6e% qu'il renferaieet dont Fexajnen offre

Yi^ÉTAtrx FOSSILES.

à» lai seul un travail considérable; je me bornerai pour le moment à présenter quelques résultats généraux ou quelques faits particuliers, que je crois plus remarquables et peu connus!. .

lol Presque toutes les Phyllites, peut-être même toutes, se trottvent dans le terrain de sédiment supérieur, nous n'en conAoissons aucunes de bien caractérisées dans des terrains évidemment plus anciens; elbs seprésent^pt dans ce'^terrain dans la plupart des localités où nous avons indiqué les Ëxogénites, depuis lès lignites inférieurs au calcaire grossier jusqu'au*^ terrain d'eau douce supérieur.

ao. On peut avancer presque avec certitude, que tous les végétaux qui font partie de ce genre^ appartiennent à des plantes dicotylédones ; on ne doit en excepter que quelques espèces à nervures confluentes au sommet qui parmi les monocotylédone§ pourroient se rapporter à des ^kntes de la filïnille des

♦Arpïdes, des Pipéracées, des Alismacées, des Hyd^pcha-

ridées, etc. Peut-être un jour, si ces espè^s devenoient plus nombreuses, pourf oit-on les séparer et en faire^ un. gedre intermédiaire entre les Phyllites et les Poacitèf.

Un échantillon malheureusement peu caractérisé^ trouvé'

i. 'il: ■ ■ *

aux environs de Paris par M. Prévost , dans le terrain d'eau douce inférieur au calcaire grossier , dans la plaine de Mont-Rouge , seroit peut-être 4ans qipcas, et ce n'est qu'avec (Ibute que je le rapporte au genre Phyllîte; èar sa forme oblongue ou arrondie, à nervures nombreuses simples, toutes confluentes, à nervures secondaires à peine distinctes, formant de p^tes stries transversales d'une nervure à l'autre , rap- *proche beaucoup cette feuille de celle# des Tota&oget^i^n

Vjégétaux fossiles. 5i

analogues au Potamogeton natafls^ et la placeroit par conséquent parmi les plantes monocotylédones. "

Nous Rappellerons PhylUtes mùltinervi^ (i) ,'en observant toutefois quelle est placée, pçur ainsi dire, en appendice à la suite de ce genre dont elle'diffèVe «ssentiellemedt par la disposition de ses nervures. ♦

3o. Parmi les espèces appartenant sans aucun doute au genre Phyllite et aux plantes dicotylédones ^ oii|[|)Qut observer qu'une grande partie ne peut se rapporter à aucun des végétaux qui croissent actuellement en Europe , on peut aussi aj^^uter que la plupart paroîtroient avoir appartenu à des arbres ou à des arbrisseaux plutôt qu'à des plantes herbacées, en^ que; pr^que aucunes de ces feuilles ne sont amplexicaules , soit par elles-mêmes , soit par la base de leur pétiole.

PoAcrrES. —Les Poacites paroissent se trouver dans tdlites les parties du terrain de sédiment supérieur comme les Phyllites, mais elles y sont plus rares et moins caractéristiques >« parce que des espèces peu difiérentes se trouvent aussi dans les terrains anciens. ^ ««.*«.

On Qp a.observé dans les environs d^ Paris , à Lonjumeau, à Angers, àRochesauve, à JV^Dute-Bolca, etci j quoique dans ce genre les caractères spécifiques soient très-difficiies à établir, o& peut pourtant ajQirmer presque ^avec certitude que les espèces de ces terrains sont différeittes de pelles du terrain houilKer. «• •

Nous avons déjà dit que ces végétaux ne pouvoient ^dir ^appartenu qu'à des plantes monocotylédones , maf^Jl nous

(lypi. r, fig.4. * i

S2 VlÊGéTAtrX FOSSILES.

paroit difficile pour le iribmeDt de fixer à quel genre et même à quelfe famille on doit les rapporter.

PjiLMAaTEs. -^U n'en est pés de même des Paktiacites, la famûle dont ils ont ^t partie est parfaitement déterminée* fies Palmiers à^feailles'^flab^formts sont en effet les seules plantes qui présentent cette fornie de feuilles, maïs il est je crois. impossibfe de pousser la*^étej:mination plus loin, car à moins d obie#éifune identité parfaite entre une espèce fos* sile et une espèce vivante, il ne pariât pas |Q$qu'à présent qi)iDQ puisse trouver dans la forme dé ces feuilles des caractère^ en rapport avec cejix qui ont Servi à flker les genres â% cette famille. »

. Quant à l'identité spéciffîque , «lie est difficile à édblir , et^ il es| pQttrtant impassible jusqu'à présent de prouver qu'il n'existe plus de Palmiers vivans «parfaitement semblables* aux espèces fossiles; j^. parce qfte les fdssiles.sont encore rares 9^ iqu'QU n'ep possède la plupart du temps que des fragmens incomplets ; a^. parce que»la âimilje des Painûers est un^ 4^s iv>in9 connues 9 et une de ceHes dont il est le plus difficile d'avoir des échanûUoIbs propres à établir la comparaison.^

Jefte connois en Palmacitesbim caractérisée^ que l'espèce trouvée d%iis les carrières de plâtres d'Aix ed^ Provence ^ dont je joins i€\ la figur^ et la description^ et à laquelle nofi» donnions le som de J^aànaciibs Lamanohà (i),- en la défliant à un des pilimiers auteurs qui aient bien fait»con*lAM^ les ibssiks de pe terrain; son pétiole est long de plus de 3 dédbiètres^ large de a5 à 5o millimèti^s, lisse sans épii^ ;^4

(1) FkHI, Bg. I.

VéGÉTÀUX FOSSIXES. 53

rextrémité qui donne insertion à la feuille est arrondie ou thi peu i|JI|p3gée j les lob^ de la feuille partent en divergeant du sdiqmet , paroisseat unis k leuj^ base et iin |)eu plissés ; ils se divisent à leur extrémité; leur largeur est alors dfein centimèlre , et ils ne gréseiHeQt aucune nervure sensible ; leur longueur totale est d'environ 7 déâmètres.

J'ai vu tr^iiis autres échantillons de PalÀacibes que je rapporte^ qooiqu^qgrec quelque doute^ à ^ette espèce, mais £[ui me 4>aroissent bien ceitainemeBl> appartenir tous les trois à une mèrae espèce. ^

Elle diffère de celle d'Aix,*en ce que toutes les divisions de la femlle , «auL lieu d'être ^ns ^mméme plan, sont fortement pUssees comme im ^véntail kviîoitié^ouvei^ Cette différence doit elle être attribuée à un degr^ différent décompression •u être regti^e comme \xti caractère spécifiqua^X^Silest Qè que je ne saureis déterminera

Le pétiole est en ouCfe «m peu plus large , et les divisions de la (ouille, autant qu'oqi|^ten juger d'après des échantillons inoomplets; pafoiâent moins lôngAs. « "^ ' *

L^chantillon le pl^s complet tl%ces Fossiles appartient à M. <}ordier; il a été trouvé à Vinac^urt , à deux Ueues au S. O! d'j^iipiieiis.

« L'autfe^ trouvé prè^u Mans, existe flans la-<;allectidn*de eette viUe; tnaJE^ j'en ai vu en plâtre très^net , chez M. Defrance ; le troisième qui n'est qu'un fragment très - petit et qui vient des enviroqp d'Angers, est aussi dans la collection de M. Defrance. Ces trois échantillons sont dans un grès qui paroit appartenir aux couches supérieures du terrain«de sédiment supérieur. - - ^ * «*

54 Végétaux fossiles.

Une espèce que je n'hésite pas à regarder comme différente , a été trouvée dans le calcaire grossier âi|iSaint-Nom près Versailles, et a été fig|iréedans l'E^ai sur la géologie des enviroMt de Paris, pL II, fig. j, E.

Mais l'échantillon est peu net e%rend cette espèce difficile à caractériser. Nous lui donnerons le nom de Palnuxcites Parùiensis (i); son pétiole étroit n ayant qu'un centimètre de large est sans épine ; il s'élargit un peu à soi^ extrémité supérieure et donne insertion à des feuilles linéaires étroit;ps» qui paroissent libres jusqu'à k base et qui divergent moins que dans l'espèce précédente.

. Ënfin^ on à trouvé un échantillon de ce genre d^s la mplasse .près de L^^usannç (^1/^^ ^* Schlotheim, sous le nom de Palmdcitesjlabelùatus^ en indique un autre dans le lignite de IJœring en Ty roL Nous avons par conséquent |ppt exemplci au moins bien certains de feuilles de Palmiers flabellifonnes , appartenant à plusieurs espèces différentes, tandis qu'aucun auteur, à ce que je crois, n'indiqu^ 4|^ feuilles pinnées faisant partieTdiSS végétaux de la ilkéme famille analfigu^s, par exemple, aux feuilles des Dattiers , ^e% Cocotiers , des Arecs, etc. , et mal- ^ gré les recherchés que j'ai Taites dans la plupart des collections de Paris, je n'ai vu aucun échantillon qui ait pu apparoir a«ix plantes de .celte trilfu, tandis que pajjpii les plantes 'vivantes le nombre des espèces à feuilles pinnées est "deux fois plus

(i)Pl. V,fig. I.

(2). Je présumerois , d'après ce que M. de Gandolle m'a dit de cette espèce , qu'elle se rapproche plus de celle d'Aîx que de celle de Paris; mais n'eo ayant encore yu aucuA écbanfillo'n , je ne pourrois assurer qu'elle diffère spéctfiqu|||F ment de lsr|>remière.

VÉGÉTAUX FOSSILESH 55

considérable que celui des espèces à feuilles flabelliformes.

Plusieurs personnes ont pu penser qu'on ne trouvoit que des feuilles flabelliformes , parce que le seul Palmier indigène d'Europe^ le Chàmœrops humiUs a des feuilles assez sem^ blables par leur forme à celles de nos Palmacites , et ils ont pu croire que ces fossiles appartenoient à la même espèce, cpi à cette époç[ue se seroit éténdfue seulen^nt de quelques de^és plu9 au Nord; par cette raisbn on indique *^ généra- If meilt ces feuilles conune des feuilles de»Ghamderopsj mais il est facife de prouver non-seulement que Ces feuillis.<ne peuvent pas appartenir ^xiiChamœrops humtUs , mais il paroîtroît même ^'elles diflfèrent de toutes les espèces bien connues de ^'smcien continent , et pour une telle comparaisGg;i,'je ne regarde comme suffisamment connues, que ceUes dont les ji feuilles ont été figurées exactement.

Les pétioles sans épines distinguent les deux espèces fossiles ^xi^Chamœrops hurniUs^ du ]3oum {HjphcBiie''Thebc(içà)y et de beaucoup d'aul^rà espèces ,^t la forme de ses feuille&ne permet pas de Tes confondre avec Jes espèces à pétiole jsans épines , tels que le Rhapis flaheUiforrnis , le Latania ru-drUy le Licuala spinosUy etc.

^ 11 est pourtant impossible d'établir, si ces débris de végétaux font partie de plantes qui n'existent p|us actuellement à cause de la quantité considérable d'espece!$*de celte famille gui ne sont encore connues que très-ipiparfaitement, ou qui n'ont même été qu^indiquées par les voyageurs, e^en second lieu , à cause du peu de caractères qa'on peut tirer uniquement de feuilles isolée?. ' ^

11^ me paroît par conséquent suffisant d'indiquer pour le

5Ç l^eéTAUX FOSSILES.

momefnt là différence qui exist€f entre cesplâMes^Mles^ Palmiers y qui habitant sur les côtes^ de^ 1q Méditerraoét ^ pourroient être reganïé» comme ^ant dotm4 iinumiee à ces 0$siles ^ en voulant a^ër plus^ loin «on rim&troit de déduire des résultats inexacts deconnoissancapseocoretropimparfiites.

Si nous examinons ensuite les fruits fossiles qui cmt été *

trouvés dans Ies#errains qui nous ^ oécupent| nous v^rron * que plusieurs appa^enneift évidemment ft la même famils des Falnfiers ; mais un des faits peu«-4tre leS plus extraltedig naires , 6^ est qu'aucun de ces frtiits ne parok pouvoir provew âb Palmiers. à feuilleâ^ flabelliformes, to«s g^iu& ai^^utnàre qui sont figurés d'tine maniérêMe^acte pqr les autaurs**au que j'ai pu wmr , yn8>lent Se rapportei^ii des ftprcs à feuilles ^ « pinnées. ^ • ^ .

' Dans Parkinson^ qui a figmré beaucoup de fruits de File de ^ *

Shepp'ey, plusieurs paroissent pouvoir être rapportés à la '^

famille des Palmiers, et des^chantillonê que j'ai reçus de c€^*. même localité confirment 4^élte Aialogte^nsi la ng. 9, pi. VI • de cet auteur, est certainement, comme Par&inson lui-même Findique, une amande du genre Dattier resseinblant ittépne • ,

beaucoup pour la proportion à Famande <fu Dattier ordî«^ • naire. La figure 4 appartient peut-être à mie autre espèce dl^ même genre. Les figurer i , 2 , 3 , 4 ^^ ^ <i^ 1^ planche VU , sont sans ^ucun 'doute du genre Cocos ^ et leur fruit les t '

rapproche beaucoup du Cocos lapidea de Gaertner. ^ ^

Parmi les autres figures, plusieurs poilrrokfnt appartenir aux mànve^Bactris y Areça, ou Euterpe^ tandis qu'aucune. ne ressemble aux fruits des Borassus^ des LontaruSy des Cha^ mœropsy des Coiypha, etc. , et autres Palmiers à le|;âlles flabelliformes. ^'

VéGÉTAirX FOSSILES. $7

M. Burdîn, dans son oryctognosie des environs de Bruxelles, a figuré aussi deux fruits qu'il rapporte au genre Cocos et qui en effet ont la plus grande analogie avec les fruits de ces Palmiers.

Le fruit trouvé à Liblar, près Cologne, par M. Faujas, et figuré dans les Annales du Muséum, tom. I, pi. 29, a été rapporté , par les professeurs du Jardin du Roi , au genre Areca; un autre échantillon qui venoit du même lieu^ et se trouvoit dans la collection de M. deFaujas, me paroît différer de celui qu'il a figuré par la présence de trois trous à sa base, caractère qui le rapprocheroit du genre Coûos.

Aucun des genres que nous venons d'indiquer n'a de feuilles flabelliformes , tous ont des feuilles penniformes , et jusqu'à présent on a observé, sans exception, que ces deux formes de feuilles ne se présentoient jamais dans le même genre. '

Ainsi ^ on trouve dans les terrains de sédiment supérieur des débris de végétaux , tiges , feuilles et fruits , qui ont bien certainement appartenu à des arbres de la famille des Pal- *miers. Les tiges indiquent plusieurs espèces très-distinctes. Les feuilles appartiennent tdtites à des Palmiers à feuilles âhbelli formes, et malgré leur ressemblance avec celles du Chamœrops humiUsy elles en sont- spécifiquement très-différentes. On ne connoît pas de feuilles de Palmiers penniformes , ni dans ces mêmes terrains , ni dSms aucun autre. Il n'est pas encore venu à notre connoissance , que les fruits et les feuilles de Palmiers se soient trouvées dans la même localité , en sorte que si cette association si naturelle a' lieu , elle doit être rare ^ enfin , les fruits appartiennent tous à des

58 YécéTAUX FOSSILES.

^nres de Palmiers à feuilles pennifonnes, dont on n'a pas eoeore trouvé de feuilles.

Les Palmiers à feuilles flabelliformes, qui à cette époque reculée couvroient FEurope dans des régions où aucune espèce ne pourroit croître actuellement ^ différoîent-ils des Palmiers à feuilles flabelliformes , maintenant existant nonsêulement spécifiquement mais encore génériquement, et présentoîent-ils des fruits semblables à ceux de$ Palmiers à feuilles pinnées , ou, ce qui est plus probable , les fruij^ appartienneoc-ils à des espèces dont les feuilles ne nous sont pas encore connues , tandis que nous n'avons pas trouvé les fruits des espèces dont nous connoissons les feuilles; c'est une question qui reste à résoudre et qui exigeroit des recherches attentives dans les lieux où on a trouvé des fruits ou des feuilles 9 pour tâcher de découvrir les autres parties de ces végétaux, et parvenir h réunir ainsi les divers débris d'une même espèce.

Plusieurs fruits d'espèce différente ont été trouvés dans la meulière qui fait partie du terrain d'eau douce supérieur des environs de Paris.

L'un a été déjà figuré dans le Mémoire que mon père a piiblié sur l^s terrains d'eau douce {^Arm.duMus. tom. XT, pl.XXni,fig.i7),et a été depuis retrouvé dans le terrain d'eau douce de l'ile de Wight. Aux environs de Paris, ces fruits n'ont laissé que leurs empreintes en creux, dans la meulière, et dans cette cavité on trouve quelquefois la graine transformée également en silex. Dans ceux de l'île de Wight, qui sont renfermés daas un terrain argileux , le péricarpe au contraTre est un peu diarbonné, mais s'est très-bien conservé, l'amande a 4té dé-

VÉGÉTAUX FOSSILES. Sg

truite et la cavité du péricarpe s'est remplie d'argile. Cas derniers échantillons permettent d'examiner ce fruit d'une manière beaucoup plus exacte extérieurement et intérieurement; on voit alors, lo. que c'est certainement un fruit et non une graine; 20. que ce fruit est monosperme et que la graine remplissoit entièr^nent sa cavité ; 3o. que le manque de symétrie autour de son axe ^ le léger renflement qu'il offre à sa base et l'isolement dans lequel on le trouve toujours du pédoncule^ paroissent indiquer qu'ils étoient réunis plusieurs sur un même réceptacle; 4^* qu'ils étoient très-probablement indéhiscens; 5^^ que ces fruits se terminent par une petite pointe indiquant la baseï du style , qui prouve que cjétoient autant d'ovaires distincts et. non les divisio^ d'un même ovaire : ces fruits sont allongés , un peu comprimés la^ téralemeut, et présentent des stries longitudinales très-pro-* fondes.

Les familles qui offrent tous ces caractères de la manière la plus marquée sont, les Alismacées, les Rosacées, les Magnoliacées , les Dilleniacées et les Ranunculacées.r

Parmi ces familles nos graines ne peuvent pas appartenir aux Alismacées, parce que dans les graines des plantes de cette famille, ou voit très-facilement sur la face interne du péricarpe l'impression de la forme de l'embryon recourbée en fer à cheval ; ce qu'on n'observe pas dans les graines fossiles. Dans les Rosacées à fruits aggrégés , telles que les vraies Rosacées et lesPotentillées^ dans les Dilleniacées et les Magnoliacées, les capsules sont presque toujours adhérentes, soit entre elles, soit au réceptacle, par le côté ou par une base allongée et linéaire. Les stries longitudinales si marquées dans le fruit fos*

6o VéGÉTAUX FOSSILES.

sile j ne se voient dans aucun genre de ces différentes familles.

C'est donc parmi les Ranunculacées que nous devons chercher à placer notre fossile ; en parcourant les difiérens genres de cette famille , on observera que le genre Thcdictrum présente une structure analogue à celle du fruit fossile et offre surtout dans quelques espèces, tels que les ThaUcpum majus y sibiricuniy etc., une forme presque identique.

La graine est de même légèrement arquée en forme d'^S", terminée par une petite pointe oblique, un peu comprimée^ fortement sillonnée, et son point d'attache est arrondi et peu étendu.

Cette analogie est surtout complète pour la graine de l'île de W%ht; celle des environs de Paris diffère un peu par sa forme plus cylindrique et surtout par sa base renflée en une sorte de bourrelet assez saillant.

Tous ces caractères réunis me portent à penser que ces graines ont pu appartenir à quelque espèce de ce genre; je ne chercherai pas à déterminer si parmi les espèces actuellement existantes et connues^ il s'en trouve une qui présente une identité parfaite pour la forme et la grandeur avec notre fossile, et si ces mêmes caractères ne se représentent pas dans plusieurs espèces; il faudroit pour cela avoir pu examiner les fruits bien mûrs de toutes les espèces de ce genre. C'est ce que je n'ai pas pu faire pour les espèces étrangères; mais parmi celles de France, on peut avancer je crois, qu'aucune n'est identique et que le ThaUctrum majus est l'espèce qui se rapproche le plus de l'espèce fossile.

Nous proposerons à cause de cette ressemblance entre les graines des ThaUctruin et notre fruit fossile, de le désigner

VÉGÉTAUX FOSSILES. 6l

SOUS le nom de CarpoUthes Thalictroïdes ; en réunissant sous cette dénomination la plante de File de Wight et celle des environs de Paris , dont nous ferons deux variétés , qu'on devroit peut-être regarder conune deux espèces. Nous donnerons à Tune le nom de

C. Thalictroïdes JVehsteri.. Elle est plus courte , comprimée , obtuse au sommet et à peine renflée à la base. •' Et à l'autre , celui de

C. Thalictroïdes Parisiensis. Elle est allongée , cylindrique^ pointue au sonunet et très-renflée à la base^ en une sorte de bourrelet annulaire.

Ce n'est jusqu'à présent que dans ces terrains de sédiment supérieur qu'on a trouvé les empreintes de fleurs qift nous avons désignées sous le nom àk AnthoUthe ^ je ne sache même pas qu'on en ait encore observé dans d'autres lieux qu'à Monte-Bolca, dans le Vicentin, mais dans cette localité elles ne sont pas extrêmement rares ; il en existe deux dans le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, et j'en ai vu plusieurs à Vérone dans la collection de M. Gazola ; mais ces fossiles sont plus difficiles qu'on ne le croirait à rapporter à des genres connus , car ils ne présentent le plus souvent que la forme de la corolle ou du calice. On n'y voit plus ni étamines, ni pistil y ni aucun autre organe intérieur; un de ceux de la collection du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris , que nous avons figuré, pi. m , fig. 7, montre pourtant encore la forme de son ovaire et de son style; la forme de cet organe, la division de son péri- «^gone en six parties , dont trois sont internes et trois externes, lui donnent quelque ressemblance avec la fleur de plusieurs

62 Végétaux fossiles.

Liliâcées, ce qui nous â déterminé à nommer cette espèce AnthoUthes lÀUacea.

A ces fossiles de genre inconnu , nous en ajouterons plusieurs autres que nous croyons pouvoir rapporter avec certitude à des genres connus.

Un de ces fossiles avoit été décrit d'abord par M. de Lamarck , et ensuite, avec plus de détail , par M. Desmarest, sous le nom de Gyrogonite, et a été reconnu par M. Léman pour des fruits de Chara. Il avoit été observé d'abord dans les meulières du terrain d'eau douce supérieur à Montmorency, Sanois, etc. Des recherches dans différents points de ce terrain , et dans le terrain d'eau douce inférieur, nous y ont fait découvrir trois espèces de ce genre j deux appartiennent au terrain d'eau douce supérieur, et une a été trouvée dans le terrain d'eau douce inférieur^ à Saint-Ouen. Nous allons indiquer leurs >^. principales différences : la première, que M. de Lamarck a

décrite sous le nom de Gyrogonites medicaginula ( i ) , et à la* quelle nous conserverons le nom de Chara medicaginula (2), est globuleuse, chacune des cinq valves spirales fait un peu plus d'un tour de la circonférence, de sorte que de la base au sommet, on compte six tours de spire ^ chacune de ces valves est bordée d'une crête peu saillante, qui, réunie à celle

(i) Lamarck , Ann. Mus. , t. Y, p. 356 , t. IX , pi. XYH , iîg. 7 ; Desmarest , Journ. Mines 9 n*. 191 , noy. 1812; Bullet. Scienc. , t. Il, pi. II , fig. 5^ Brongniart , Ann. Mas. , t. XV, pL XXIII , fig. la. »

(2) PI. yi, fig. 5 : a vu de côte ; 6 vu en dessus. (Ces figures sont dix fois plus

grosses que nature ) les autres figures de chara sont augmentées dans la même

proportion. ) c une portion grossie davantage pour faire voir les crêtes latérales

^ des spires ; d moule creux des meulières de Montmorency présentant le même

caractère.

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