‹ Sur la classification et la distribution des végétaux fossilesChapitre 5 sur 14 · AÏ > A · texte numérisé non relu

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Mais c'est surtout par la forme de ses écailles qu'il diffère de fespèce précédente; <ïtes écailles, au lieu d'être rhomboidales comme dans le P. Cortesu^ sont arrondies à leur extrémité libre , et limitées inférieur ement par les arcs des deux écailles placées au-dessous. Enfin, le disque de ces .. écailles, au lieu d*être relevé en crête à sa partie moyenne, est fortement recourbé'' à son extrémité libre et presque unciné.

^ La forme très-allongée de son cône rapproche ce Pin de l'autre

•^ espèce fossile, mais le distingue de la plupart des espèces vivantes , tandis que la forme de ses écailles le distingue de l'espèce fossile d'Italie et des espèces vivante* dont il se rapproche * par la forme de son cône : ces caractères me paroissent assez certains pour permettre d'en faire une espèce particulière sous le nom dé Pinus Defrancu{i).

La troisième espèce que je rapporte au genre Pin a été trouvée p^ M, de Faujas à Rochesauve dans le département i * de l'AMèche; et dans les mémoires qu'il a publiés sur les

" gt * fossiles de ce terrain , il annonce en effet, que parmi les végétaux qui y abondent on remarque le Pinus pinea, mais il ne ; ' • ' dit pas d'après quelle partie de la plante il a pu déterminer

cette analogie ; il est pourtant probable que c'est d'après la la portion de cône que je vais décrire, qui vient de sa collection^ et qui présente en effet plus d'analogie avec le Pinus '- • . pinèa qu'avec toute autre espèce.

I/échantillon n'offre'que l'empreinte d'une, petite portion

(i) Piirus Defraitcii , conîs cyliadra'ceis elongatîs squamis dilatttis apice încuryis lave imbricatîtf. PI. YI| Sg. ft ^ - r

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Végétaux fossiles. ~ 69

, de la face externe de çfi cône , mais d'après son peu de courbure on doit Juî supposer un très-^grand volume. ^

La forme et la grandeur des disques des écailles est absolument la même qne dans le pin pignon dont l'esgèce fossile ne paroîtroîtdiQj^rer que par le plus grand volume qu'indique ft '. . la forme de l'échantillon. '

Eu attendant que des échantillons plus complets permettent de décider la question d'identité des deux espèces, je le désignerai sous le nom de Pinus Faujasii (1).

M. Fatijas, d^s son Mémoire sur Rochesauve ( Ann. du . Hus., tom II, pi. LYII, 6g. 10. ), a figuré une écaille détachée de Pin vue par sa face interne, qui par sa grandeur et sa * forme me paroît appartenir à cette même espèce.

Aux fruits fossiles du terrain de sédiment supérieur que je viens de décrire "et qui m'ont paru présenter des caractères assez tranchés pour qu'on pût les rapporter avec certitude à des genres connus, et en même temps les distinguer de toutes • les espèces nxaintenant existantes , nous devrioûs ajouter c^x de Vile de Sheppey, à l'enibouchure de la Tamise, q^ appar- * tiennent, comme mon père Fa fait voir (a), au terrain a argile plastique; ces fruits déjà indiqués par Parson (3); et, mieux . • figurés depuis par Parkinson (4) , sont remarquables parleur, nombre, leur variété et l'état parfait de conservation de plusieurs d'entre eux ; nous devons à l'obligeance de M. Crow ,

(1) PtKOS Facjasii, igaanurum apicibus diiciformibni tub bexagtwiù pyramidatit, obttuis, tronettii. M (2} Miaëralogio géographique d«t environs deParîi, M. a*, p. m.

(3) Parton , Trant. pbil. ,\-\, p- 396. ^ ,

(4) ParkiDioiijOrg;. j-emaint, taI. III , p. 44^- .

yÉGETAUX FOSSILES. ,

un nombre asses; considérable d'échantillons de cet endroit^ et» nous tenterions ici d'en faire comiôitre qptielqnes-uns si nous n'espérions en avoir par la suit^ une plus grande quantité elv^pouvoif en faire l'objet dVn travail spécial. ^ •

♦ Aucun des fruits fossiles que nous^ avortât décrits' dans ce mémoire, et qui appartiennent tous|iui terrains de sédimenv supérieur, ne paroit offrir des caractères propres à le distinguer

« géneriquement des plantes que nous connoissons^ ce résultat qui peut se déoiontper d'une manière presque certaine lors-

, qu'on cherche à déterminer des fruits fossiles, devient beaucoup pi us difficile lorsque ce sont des feuilles ou des tiges qu'on veut comparer avec des plantes vivantes*^; leur détermination

. est presque impossible, à moins que ces feuifles ou. ces tig^s ne présentent un caractère qui n'appartienne qu'à un pôtît nombre de^\^getàux bien çpnnus. Nous avons^té assez heureux pour trouver dans fe calcaire grossier jdes environs de Paris un /ossile qui est dans ce cas, c'est une très-petite poijion d'un ramc^au (fiii nous^paroit appartenir évidemment au genre

• 'Bquisiptum, ^' ■ ' *

Les i^aractères qu'il présente ne se trouvant en effet quéi d^i les plantes, de èe genre et dans les Gasuarin^ , mais me « .

• parbissent le rapprocher encore davantage du premier de ces**, » • dieux genres; Les seuls échantillons que je po^èdedç ce fos- .^

^ aie ont été trouvés avec d'autres empreintes de feuilles dans • le calcaire ? grossier de Montrouge près Paris, ce sont deux petitsTâfmeaux de deux centimètres environ^de long, composés de 4 ^ ^ articles terminés par des gaines^ qui s'évasent et « embrassent Tarticle supéri^l^. ^ • ' >

. • ^ iiebord de ces "gaines est divisé en 4 ow5 dents courtes^

Végétaux fossile^;.

obtuses, mais non tirrondies au sommet. Cette forme évasée des gaînes^dîstingue ce fossile des plantes do genre Gasuarina ^ans lequel les gaines *sont à peine dilatées, et sont terminées par des dents appliquées exactement contre la tig'é. 11 diffère en, outre de toutes les Ëquisetum connus par les dents de ses gaines très-courtes et obtuses^, tandis que dans toutes les espçces

vivantes de ce genre les dents sont h3ngueset aiguës. Ce dernier caractère m'engagea le regarder comme une espèce distincte et 11 lui donner le nom ^Ëquisetum hrachyodon ^i).

Il est très-rare de pouvoir parvenir, d'après un échantillon aussi petit, à établir un rapprochement spécifique où même générique. Parmi tous les genres de plantes le genre Equise»-' tum étoitpeùt-êtrchle plus favorable à Cette sorte de détermination, puisque la forme de ses games est en même temds un ' caractère propre à ce genre et dont les modifications servent à distinguer les espèces; mais dans la plupart des cas, les or-ganes seuls de la végétation ne peuvent que très-dif&cil«ment conduire h la détermination du genre des plantes fbssries.

Cette difficulté provient pour les feuilles de ce que ces or- ,ganes, au milieu 'des modifications infinies qu'ils offrent, se représentent avec des caractères ou tout-à-fait semblables ou à peine difierens dans des genres très-éloignés^ tandis que dans lïn même genre ils présentent souvent les formes les j^Ios variées.

^ Pour les tiges, à cette même difficulté s'ajoute TigncHrance où Ton est de la forme de cette partie dans k plupart des plac-v

(i) Eqvisetum Braghyodou , vaginis apice dilalatis 4*^ dex^tatis , dçntîbus brc- TiboB triaDgi4»riJ)us. PI. Y, 6g, 3*

tés exotiques et même dans plusieurs plantés indigènes oublie est Cachée à nos yeux, soit soiis la terre, soit*sous Feau. .

Je vais en donner un exemple en faisant connoître jun fos-, sile'^alenifot du terrain de Paris ^ troijvé dans les meulières de'LonjttDiedu, et que je crois pouvoir rapporter à la tige rampante et submergée des plantes du genre Nymphéa.

C& fossile.peu remarquable au premier aEspect ^n'auroit peut-* être pas attiré mon attention, si peu de temps auparavant, ^ans \ine coufsp faite au mois 4^ mars, je ]\avdis recueilli une tige de Nympliea aU)a (i)^ en partie décomposée et dont les ' pétioles et lès radicules avoient laissé des impressions^ qui par leur disposition assez régulière pn quinconces, m'avoient frappé comme pouvant donner quelques Kotions sur Toirga- * niçadon de fossiles trè^différens de celui dont je veux -parler, et. pair leur nature et par le terrain auquel ils appartidl&nent.

Le fossile de Lonjumeau qua je trouvai quelques mois après me rappela aussitôt la structure particulière de cette tige, et la revssemblaçce est en effet aussi C9mplète qu'on puisse la désirer^ du moins pour un rapprochement géné^que^ et en faisant attention aux différences di^s à la coinpre&don que le . fossile a nécessairement éprouvée, . ^

; \ Daas l'un et,daais l'autre on observé des empreintes circulaires en forme de disque, dis])osées assez régulièrement en ^quinconce» et dont la surface offr^vers soïï centre 5 à 6 im«j pressîons^irculaires ou ovales y et vers sa circonférence une série de petits points en foncés }^dans la plante vivante ces dé-«

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(I) PI. VI^ fig. 10.

Végétaux i^ossiles. 70

pressions m'ont paru produites par l%sertioil deç faisceaux ; vasculaires du pétiole. ' *

Au-dessous de chacune des grandes empreintes circulaires, on voit également dans la plinte vivante et fossilqi 5, 6 ou 7 autres dépressions circulaires , mais de grandeurs inégales, les plus petites près de la base du pétiole, les plus grandes au-dessotis, elles présentent toutes dans[ leur cei]^re cSl petit tubercule.

Ces impressions sont produites par les radicules qui naissent le long de la tigeduNymph€pàlabase de chacun deS^pétioJes^ du moins de la partie inférieure de cette tige, car vers Textcémité qui donne naissance aux pédoncules, on ne voit plus que les impressions des pétioles^ et ces radicules manquent même quelquefois à la base de quelques pétioles, comme on peut l'observer sur la plante vivante et sur la plante fossile.

La grandeur seule de ces deux végétaux diffère,* le fossMe * étant près du double de l'espèce vivante; mais n ay an tr observé ^ qu'une seule fois la tige àe celVymphea,* je ne puî^ pas affirmer qu'elle ne prenne pas un plus grand dév^eloppement'dans quelques circonstances.

Cette identité parfaite me paroit suffisante pour ranger notre plante fossile dans le genre Nymphéa; et $ans assurer* que ce soit la même espèce que le Nymphéa alba,* je croîs pouvoir la regarder comme très-voisine.

* En effet, ayant eu depuis oqpasion, d'examiner la tige du Nymphéa hitea (i), tout en y retrouvant la même disposition générale on y remarque des différences notables dans la forme de la base des pétioles qui, au lieu d'être circulaire.

(i) PI. VI,fig. II.

est aplatie, pfesque fhomboidale , aiguë aux deux extVémités. '** ' .

N'osant pourtant pas, d'après la seule conformité des tiges, regarder la plante rossile comme la même espèce que le Nympheajalba, je crois pouvoir lui donner le nom de Nymphéa Arethusœ {i). -■ • * ^ • -

On senfd'après- cftt ex.emple combien de fossiles dont les geDres^analogues^ne nous paroisseptplus exister^ pourroient peut-être* appartenir à de§ partial de végétaux que leur position souterraine ou submergée, leur masse, la difficulté de les recueillir, et enfin les régions qu'elles habitent, ont jusqu'à,, présent soustraites à l'observation d.es voyageurs. . On ne sauroit donc trop appeler ; je crois , l'attention des naturalistes voyajgeùrs sur ces parties des végétaux qui , ne pouvant être mises en herbier, ont été le plus souvent négligées, et qui pourroit conduire à. des résultats très-intéressans nonseulement pour l'étude des végétaux fossiles, mais aussi pour l'avabcement de j'anatomie végétale et peut-être même par la suite poàr le peffectiohnément de là'ipéthode naturelle.

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