‹ Sur la coexistence d'une angine pseudo-membraneuse atypique et d'un microbe nouveauChapitre 15 sur 19 · REG) QE · texte numérisé non relu

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I. Diagnostic symptomatique. — Nous avons vu dans l'observation, le début de cette angine à la facon des angines catarrhales légères, puis l’existence de quelques îlots pseudo-membraneux persistant après cette période aiguë, lorsque brusquement des symptômes généraux assez graves se déclarent en même temps que les amygdales se recouvrent complètement de fausses membranes et s’accompagnent de symptômes locaux d’une violente intensité. D’après la marche de cette affection, nous sommes disposé à croire que ce que nous avons décrit comme étant le début de la maladie, était une angine catarrhale légère semblable aux diverses atteintes précédentes, sur laquelle est venu se greffer une angine d’une forme spéciale dont nous pouvons résumer ainsi les symptômes et la marche : Début brusque, s’accompagnant de symptèmes généraux, tels que fièvre légère, courbature, anorexie complète et dyspnée, les symptômes locaux apparaissent presque aussi brusquement et avec plus d'intensité en moins de vingt-quatre heures, la dysphagie est vive, les amygdales augmentent énormément de volume en même temps qu’elles se couvrent dans toute leur étendue d’un exsudat pseudo-membraneux, blanchâtre, nacré, adhérent à la muqueuse, mais pouvant se détacher sans provoquer d’ulcérations, ni d’hémorragies ; simultanément se développe une adénite sous-maxillaire et cervicale, à ganglions durs et douloureux. Âu bout de huit jours environ, tous ces symptômes s’amendent, les symptômes généraux disparaissent laissant à peine une légère anorexie dépendant probablement de l’état local et ne devant disparaître qu'avec lui. Get état local consiste qe la persistance des fausses membranes et dans leur

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extension progressive aux piliers, au voile du palais età une portion de la voûte palatine, dans la diminution de l’engorgement ganglionnaire, les ganglions qui étaient durs et isolés les uns des autres ne forment plus qu’une petite induration au-devant des sterno-mastoïdiens. Diminution progressive et disparition de la dysphagie. Enfin après une durée de sept mois environ, probablement sous l’influence d’un traitement approprié au chlorate de potasse, les fausses membranes disparaissent peu à peu, en même temps que s’efface l’engorgement ganglionnaire, et il ne reste plus au bout de huit ou dix jours qu’un peu de rougeur des régions primitivement recouvertes par les pseudo-membranes.

IT. Diagnostic différentiel. — Ge n’est que depuis 1891 qu'on a reconnu qu'il y avait des angines à fausses mem branes non diphtériques, avant cette époque le mot « fausse membrane » était synonyme de diphtérie. M. Charles Morel {Contrib. à l’élude de la diphtérre bactérrologre el analomie pathologique, thèse, Paris, 91) après avoir étudié le caractère du bacille de Klebs, les “associations microbiennes et la discussion sur le pseudobacille entre Lôffler et Hoffmann d’une part, Roux et Yersin d'autre part, arrive ‘aux conclusions suivantes tirées de la clinique et de la bactériologie :

1° Il existe un certain nombre d’angines qui peuvent simuler l’angine diphtérique. L'examen bactériologique seul en faisant reconnaitre dans l’exsudat la présence du bacille de Klebs et Lüffler permet d'affirmer existence de la diphtérie.

2° Toutes les angines dans lesquelles l’examen bacté-

riologique ne peut révéler l’existence de ce bacille sont de fausses diphtéries. Elles paraissent présenter comme caractère clinique commun de ne pas se propager au larynx.

Ces fausses diphtéries primitives sont fréquentes, Baginsky a trouvé trente-six angines non diphtériques sur cent cinquante-quatre angines pseudo-membraneuses.

L. Martin {Annales de l’Institut Pasteur) a publié un travail portant sur 198 cas, angines et croups, envoyées au Pavillon Trousseau à l'hôpital des Enfants-Malades comme atteints de diphtérie. Les angines se divisent en non-diphtériques 29, mortalité O0; diphtériques pures 44 cas, mortalité 10 ; diphtériques avec association 26, mortalité 18.

Ces angines non causées par le bacille de Lôffler constituent un groupe encore mal connu et l’angine qui fait l’objet de notre observation peut rentrer dans ce groupe tout en se distinguant des diverses formes déjà étudiées. Nous diviserons ce chapitre en deux parties, nous étudierons dans la première les angines à agents pathogènes indéterminés et dans la deuxième les angines à agents pathogènes connus et isolés.

a) Angines à agents pathogènes indélerminés. 1° Angine herpétique. — Gette angine à son début est constituée par un semis plus ou moins serré de vésicules d’herpès, ce n'est que lorsque ces vésicules sont très confluentes qu’il y a fausse membrane. Il est rare qu’on ait à examiner cette angine au moment de l’existence des vésicules, cette période est ordinairement tres courte et c’est lorsque la fausse membrane est constituée qu’on est appelé à examiner la gorge qui ressemble alors tout à

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fait aux autres angines pseudo-membraneuses. L’angine herpétique débute brusquement par un violent frisson, céphalalgie intense, courbature générale, tandis que dans notre cas nous n’avons pas ce frisson initial ni la céphalalgie, ensuite la douleur apparaît, sensation de cuisson et de chaleur, dysphagie parfois complète. On trouve sur les amygdales un exsudat blanchâtre, résistant et adhérant à la muqueuse, fréquemment il existe aussi sur la luette une autre plaque couenneuse à bords irréguliers comme ceux de la plaque amygdalienne. La muqueuse sous-jacente est légèrement ulcérée. Il n’y a presque jamais d’adénopathie sous-maxillaire et si elle existe elle est très peu marquée (Boulloche).

La température atteint 40°5 et 41 degrés, lassitude, anorexie, insomnie. La durée est très courte, au bout de quatre oucinq joursles phénomènes généraux cessent et les fausses membranes disparaissent, cette forme se termine toujours par la guérison, à moins qu’il ne survienne une pneumonie ou une adénite suppurée qui pourraient amener la mort. Cette angine à évolution rapide et phénomènes généraux intenses est très nette et peut très bien n’être pas confondue avec les autres angines à pseudo-mem-

-—branes, mais le début peut-être insidieux avec phénomènes généraux peu accentués, c’est-à-dire que le diagnostic devient difficile, les ulcérations de la muqueuse peuvent seules alors faire reconnaître la maladie.

Il existe une forme d’angine herpétique très rare et qui consiste dans l’apparition de plusieurs poussées successives de vésicules d’herpès qui se recouvrent de fausses membranes et donnent à la maladie une allure prolongée qui peut durer quinze à vingt jours. C’est une maladie

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