‹ Sur la coexistence d'une angine pseudo-membraneuse atypique et d'un microbe nouveauChapitre 17 sur 19 · EL · texte numérisé non relu

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1° Par son évolution chronique débutant, il est vrai, par une période très courte d’accidents aigus. Notre angine s’est comportée absolument de la même manière ;

2° Par sa ténacité extrême, puisqu’aucun moyen thérapeuthique n’a pu la modifier, nous n’avons réussi à faire disparaître l’amygdalite qu’en excisant l’amygdale. Nous avons au contraire obtenu la guérison sous l'influence d’un traitement approprié ;

3 Par le peu d'intensité des symptômes locaux, ni douleur, ni chaleur à la gorge, tout au plus une légère sensibilité à la déglutition, quand l’exsudat devient confluent. Dans notre cas, au contraire, les symptômes locaux ont été très intenses, surtout au début ;

4 Par un retentissement sur l’état général; cessant momentanément après nettoyage des cryptes; donc cet état général est d’origine amygdalienne ;

5° Par l’aspect caractéristique des lésions amygdaliennes, exsudat de consistance demi-molle, coloration blanc mat formant de petits amas punctiformes émergeant hors des cryptes. Plusieurs points peuvent confluer et simuler une fausse membrane épaisse ;

6° Par l'intégrité des régions amygdaliennes et du pharynx ;

T° Absence de retentissement ganglionnaire. En somme notre cas ne se rapproche de ce dernier que par la longueur de son évolution et la conservation de l'état général.

Bactériologiquement elle se différencie par la présence du bacterium coli à l’état de pureté. Ils sont portés à croire, eu égard à sa fréquence dans la bouche des sujets sains, que cette amygdalite n’est pas d’une excessive rareté. Ils en ont trouvé ün autre exemple.

Nous citerons également un cas d’angine prolongée, signalée par M. Voûte (Amsterdam). Il fait part d’un cas de dipthérie prolongée chez un enfant de huit ans. L'examen bactériologique décèle la présence du bacille de Lôffler aux premier et dix-huitième jours Après quarante-quatre jours, un nouvel examen des membranes ne donna plus de bacilles spécifiques. Il décela par contre une quantité de filaments assez semblables au Zeptothrix buccalis. Après insufflation d’ichtyol et la discission des amygdales, l’enfant guérit. L'auteur pense que l’enfant sujet à des angines folliculaires dues probablement au leptothrix a été secondairement infecté par le bacille diph- térique, et cette angine a duré encore aprés que le bacille de Lôüffler eut disparu. Ce cas ne se rapproche encore du nôtre que par sa forme prolongée. !

MM. Martin et Chaillou ont réuni 29 cas d’angines blanches non diphtériques qui se divisent ainsi :

11 à coccus.

1 à pneumocoques.

4 àstaphylocoques.

2 à bacilles coliformes.

11 à streptocoques.

Voici ce qu’ils disent de ces angines à bacilles coliformes : « Chez des enfants atteints d’angine nous avons trouvé, en abondance, dans la fausse membrane, au microscope et dans la culture sur sérum, un bacille ne se colorant pas par la méthode de Gram, liquéfiant le sérum (le bacille trouvé dans nos membranes ne le liquéfie pas) et présentant les formes et les dimensions du coli-bacille. Nous avons trouvé ce même microbe associé au bacille

pee de la diphtérie dans des fausses membranes très épaisses et très étendues.

On observe chez ces malades les mêmes symptômes qu'avec les angines à cccus; une fois la toux était rauque. Pas d’albumine dans les urines.

En résumé, en nous basant sur l’évolution si spéciale et sur laquelle nous avons longuement insisté, de notre angine, en nous basant sur l’absence de bacilles de Lôffler constatée à diverses reprises sur la présence constante au contraire d’un bacille particulier bien caractérisé et non encore décrit, et dans les fausses membranes prises sur les amygdales et dans les cultures multiples que nous avons pratiquées, nous croyons pouvoir émettre l’opinion que, soit au point de vue clinique, soit au point de vue bactériologique, notre angine diffère nettement de toutes celles décrites précédemment, et qu’elle mérite bien une place à part dans le cadre nosologique.

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