INTRODUCTION
De toute antiquité on a connu les angines à fausses membranes, et ces dernières étaient regardées comme un produit de destruction de la muqueuse, un escarre. Jusqu’en 1821 tous les auteurs séparent le croup de l’angine et en font deux maladies distinctes. C’est alors que Bretonneau fit voir que les fausses membranes pharyngées peuvent s'étendre au larynx et aux grosses bronches, qu’elles ne consistent pas en une destruction de la muqueuse, en une gangrène, et enfin qu’elles sont le fait d’une inflammation spécifique. Trousseau adopta les idées de son maître, mais pour lui la maladie capable de produire des fausses membranes n’est pas une inflammation, mais une infection et lui donne le nom de diphtérie.
Jusque vers l’année 1891 cette opinion prévalut, du
moins en-France, et les découvertes bactériologiques vin- 3. Ÿ. 1
A LE rent confirmer les idées de Bretonneau et de Trousseau.
En 1883 Klebs découvrit enfin l’agent spécifique de la diphtérie et les recherches de Lôüffler en 1884 et 1887 confirmèrent les observations de cet auteur, mais les expériences ne lui avaient pas permis de conclure formellement à la spécificité de ce bacille.
. Ce sont MM. Roux et Yersin qui donnérent de la spécificité du bacille de Lôffler une démonstration irréfutable. Ils établirent dans trois mémoires (1888-1889 -1890) le rôle du bacille, la pathogénie des accidents qu’il provoque et l’action des poisons qu'il sécrète. Ils montrerent que les fausses membranes sont dues au bacille lui-même et les accidents aux toxines que ces bacilles sécrétent. Bien plus ils attribuérent aux associations microbiennes les infections secondaires et le streptocoque y rentre pour une grande part ; ils établirent enfin que les angines pseudomembraneuses peuvent exister en dehors de la présence du bacille de Lôffler, la classe des angines à fausses-menbranes non diphtériques était créée.
Ces angines non-diphtériques sont étudiées depuis quelques années seulement et leur étude est loin d’être terminée. Certaines d’entre elles cependant ont été lien décrites ces derniers temps. Le streptocoque seul ou associé à des microbes vulgaires de la bouche en est l'agent le plus fréquent, le staphylocoque a été trouvé, quoique rarement, en abondance dans les fausses mem-
branes de la gorge, le bacterium coli à été signalé aussi
Re, (EE comme agent producteur de fausses membranes. Les angines pseudo-membraneuses à pneumocoques sont rares, mais signalées toutefois par M. Jaccoud.
Le coccus de Brisou, et Les cocci en général sont également capables de produire des fausses membranes, et les angines à cocci sont ordinairement d’une remarquable bénignité.
C’est dans cette classe des angines pseudo-membraneuses non dipthériques que nous ferons entrer l’angine que nous voulons étudier. Comme dans ces dernières nous trouvons un bacille particulier en grande abondance et des fausses membranes ; nous som— mes tout disposé à admettre une corrélation entre ce bacille particulier et cette angine à évolution particulière.
Notre travail étant basé sur l'observation d’un seul cas, c’est cette observation qui formera le sujet du premier chapitre. Dans le second chapitre nons ferons rentrer l'étude bactériologique complète de ce microbe.
Le chapitre III comprendra la symptomatologie.
Le chapitre IV le diagnostic.
Enfin dans le dernier et cinquième chapitre prendront place l’étiologie, la pathogénie-et le traitement.
Nous sommes heureux de pouvoir ici exprimer toute notre reconnaissance à M. le professeur agrégé Courmont qui pendant tout le cours de notre maladie à bien voulut
s'intéresser à nous d’une façon toute particulière. Frappé
SRG de la marche toute spéciale de notre affection, 1l nous engagea, étant sur le point de terminer nos études, à décrire dans notre thèse ce cas intéressant soit au point de vue de son évolution, soit au point de vue bactériologique.
M. Nicolas, interne des hôpitaux, nous a donné une nouvelle preuve de son inépuisable obligeance en nous dirigeant dans ce travail. C’est à lui que nous devons toute la partie bactériologique, à laquelle il n’a pu donner tout le développement désirable, les expériences n’étant pas terminées, l’ensemble de ses recherches fera l’objet d’un nouveau mémoire. Nous le prions de recevoir nos sincères remerciements.
Nous rendons également hommage aux soins assidus que nous avons reçus de la part M. le D' Rabot, médecin des hôpitaux, pendant notre séjour dans son service des diphtériques à l’Hospice de la Charité. Fa
Merci à tous nos bons camarades qui, pendant notre séjour à l'Hôpital, nous ont rendu l'isolement moins pénible par leurs fréquentes visites.
M. le professeur Arloing a bien voulu nous faire l’honneur d’accepter la présidence de notre thèse, nous lui en exprimons toute notre gratitude.
Enfin durant le cours de nos études à Lyon, nous avons toujours rencontré auprès de MM. les professeurs et chefs de service, et de M. le professeur agrégé Jaboulay en particulier un accueil si bienveillant que notre premier
devoir en terminant nos études médicales est de leur adresser nos sincères remerciements.
Pendant notre internat à l’Asile d’aliénés d’Aix-en- Provence nous avons trouvé en M. le D° Daubry, médecin en chef, Directeur de l’Asile, et en M. le D' Chevallier, médecin adjoint, des maîtres dévoués, nous leur en
exprimons toute notre reconnaissance.