I. Etude du bacille
"Ge microbe retrouvé avec une telle constance dans la gorge de notre malade, nous l'avons étudié à l’état de pureté, après l'avoir isolé par le procédé de la plaque de gélatine enroulée d'Esmarch. Nous prendrons comme type de description morphologique ce microorganisme tel qu’on le trouve-dans une culture en bouillon de bœuf peptoné, après vingt-quatre heures de passage à l’étuve à 38 degrés.
Il peut être regardé comme appartenant au genre bacillus, formant en effet des bâtonnets de largeur à peu près constante, mais de longueur extrêmement variable. Quelques éléments même prenant l’aspect de très longs
= ‘08 = filaments plus ou moins incurvés. Ses extrémités sont habituellement arrondies, rarement à section nette linéaire.
Ses dimensions en font un véritable géant si on le compare aux autres représentants de la flore microbienne. Sa largeur assez constante est d’environ 1u,5 ; sa longueur moyenne en bouillon est de 10 à 20 , mais on trouve également en assez grand nombre, des éléments courts 2 à 3 p, et d’autres dont les dimensions atteignent jusqu’à 50 x et plus. Cultivé sur des milieux solides, sérum gélifié, gélatine, gélose nutritive, pomme de terre, sa longueur est beaucoup moindre, variant à peu près de 2 à 14 y, la plupart des éléments ne mesurant que 3 à6u.
Dans les fausses membranes les liquides organiques, les pulpes d’organe, ses dimensions sont intermédiaires, en général cependant plutôt longues, sauf dans le sang où il revêt un aspect tout particulier très intéressant à examiner, que nous relaterons plus loin.
Examiné dans la chambre humide de Ranvier, ce gros bacille est absolument immobile et son protoplasma semble parfaitement homogène.
Sur une préparation sèche et colorée au violet de gentiane, les contours du bacille principalement dans les formes un peu allongées, ne sont pas réguliers mais légèrement festonnés, si bien qu’il paraît quelque peu moniliforme. Cette disposition semble liée à ce fait que le microbe est en réalité entouré d’une capsule gélatineuse très visible dans certains cas (culture sur milieux solides, bacilles dans le sang) et qui doit plus ou moins se rétracter pendant la dessiccation de la goutte de culture étalée sur la lamelle. FAR | ;
Habituellement isolé, le microbese présente quelquefois
ME re sous la forme de courts streptobacilles constitués par trois ou quatre éléments, rapprochés par leurs extrémités, sans être complètement en contact.
Le protoplasma du corps du bacille parfaitement homogène, comme nous l'avons dit, dans les cultures jeunes faites en bouillon, devient à la longue ou dans certaines conditions, assez souvent irrégulier, vacuolaire, le bacille présentant des extrémités bien colorées avec centre à peine teinté (dans le sang des animaux) ou bien offrant dans sa longueur des vacuoles arrondies, réfringentes, ne prenant pas du tout la matière colorante, même par les procédés employés couramment pour la coloration des spores.
Ce microrganisme est muni d’une capsule ; cette capsule incolore est souvent assez apparente dans les cultures sur milieux solides, pourtant on ne la trouve pas d'une façon constante. Dans le bouillon, les capsules doivent se gonfler, adhérer les unes aux autres, pour produire cette consistance gélatineuse ou mucilagineuse, filante, donnant aux cultures l'aspect de sirop d’orgeat, comme nous le verrons plus loin. Quoiqu'il en soit, dans les préparations sèches et colorées, faites avec des cultures en bouillon, la capsule. n’est pas apparente, et n’est probablement représentée que par des détritus filamenteux irréguliers qui forment le fond de la préparation et par les mucosités de la périphérie des microbes dues probablement à des fragments de capsule rétractée. En se basant sur ces seuls résultats, l'existence d’une capsule véritable pourrait être regardée comme douteuse, mais elle ne sera plus discutable si l’on examine et colore le bacille dans le sang. La capsule devient alors d’une