CHAPITRE II
Etude expérimentale. — Différenciation d’un nouvel agent pathogène.
Par l’exposé sommaire au cours de l’observation des recherches auxquelles on s’est livré pour déterminer l'agent causal des pseudo-membranes observées, on voit qu’à côté de cocci, staphylocoques, streptocoques, bacilles colorables et décolorables par la méthode de Gram que nous avons décelés d’une façon inconstante sur la gorge de notre malade, hôtes presque normaux et pour ainsi dire vulgaires de la muqueuse bucco-pharyngée, nous avons constamment observé, soit par l’examen direct des fausses membranes, soit par la culture sur sérum gélifié, la présence d’un très gros bacille, véritable géant, que nous avons pu isoler, cultiver et inoculer à l’animal, dont les colonies se développent très bien en 16 à 18 heures sur sérum, qui ne ressemble à aucun des microbes trouvés jusqu’à présent dans la gorge saine ou malade des humains.
LOIS Nous ne reviendrons pas sur les résultats négatifs obtenus de son côté par M. le D' Rabot, médecin du service des diphtéries à l’hospice de la Charité, résultats absolument confirmatifs des nôtres en ce qui concerne l’absence du bacille de Lôffler.
Frappé par cette coïncidence au moins curieuse de l’évolution d’une angine pseudo-membraneuse anormale et de la présence dans ces fausses membranes d’un bacille inconnu jusqu'alors, nous avons été conduit à entreprendre un examen complet de ce microbe dans le but de le déterminer, de le classer, d’examiner ses propriétés pathogènes. Après avoir fait cette étude, nous exposerons les caractères qui différencient nettement notre agent de toutes lés bactéries auxquelles on pourrait peut-être l’assimiler.
Exposition ardue et ingrate, mais qui nous semble nécessaire pour la bonne conduite de notre travail.