SÉANCE DU 11 MAI
bande qui couvre tout le rouge et l’orangé, à partir de la ligne B, dès que la solution que l’on examine est un peu concentrée.
La solution de la matière colorante du bois verdi dans le chloroforme n’a pas la teinte vert-émeraude de la solution de chlorophylle dans l'alcool ou l’éther : elle est d’un vert bleu qui rappelle beaucoup la nuance de la matière colorante de certaines Algues, telles que les Oscillaires.
Celte solution est fluorescente, mais très-faiblement. La lumière de fluorescence est d’une nuance assez indécise, dans laquelle le vert jaunâtre domine, mais parait mélangé d’un peu de rouge. Elle diffère extrêmement de la teinte rouge-sang que produit la chlorophylle.
Quant au spectre d’absorption, il offre en un point une singulière ressemblance avec celui de la chlorophylle ; il présente deux bandes d’absorption dans le rouge et l’orangé, et la première bande dans le rouge, qui est de beaucoup la plus forte, a sa limite à la ligne B, comme la première bande d’absorption de la chlorophylle; la lumière rouge continue de passer sans être absorbée entre A et B, même quand l’épaisseur de la solution devient très-considérable et absorbe tous les autres ravons de
la moitié la moins réfrangible du spectre.
Là se borne du reste l’analogie : les deux bandes d’absorption de la matière colorante du bois verdi ne correspondent pas aux bandes d’absorption de la chlorophylle. La première, dans le rouge, est plus large et moins nette de beaucoup que la bande I de la chlorophylle; elle est même plus large que les bandes I et II confondues. La deuxième bande d’absorption, très-peu nettement limitée du côté le moins réfrangible, s’étend au delà de la ligne D, jusqu’à mi-distance entre I) et E, et couvre toute la partie jaune. En outre il n’y a pas la moindre absorption dans la partie la plus réfrangible du spectre ; les rayons verts au delà de la ligne E, les rayons bleus et les rayons violets passent sans obstacle.
Le spectre d’absorption de la matière colorante du bois verdi est donc, en résumé, fort différent de celui de la chlorophylle, et les propriétés optiques aussi bien que les propriétés chimiques de ces deux substances établissent entre elles des différences très-marquées.
M. Duchartre demandeà M. Prillieux s’il attribue la matière verte dont est imprégné le bois à une sécrétion du Champignon.
M. Prillieux répond que telle est en effet son opinion. La coloration s’étend toujours de l’intérieur à l'extérieur des éléments anatomiques, dans la cavité desquels les filaments mycéliens se répandent, après avoir perforé leur paroi. On y remarque en outre des amas de matière verte amorphe sur la nature desquels il n’est pas fixé.
M. Cornu dit à ce sujet que le mycélium du P. œruginosa est