‹ Sur La Coloration En Vert Du Bois MortChapitre 3 sur 5 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

Depuis la publication du travail de M. Fordos, M. Rommier (Comptes rendus de l'Acad. des sciences , 1808, t. LXYI, p. 108), s’étant procuré une grande quantité de bois verdi dans la forêt de Fontainebleau, en obtint une matière verte qu’il considère comme distincte de l’acide xvlochloréique et dont les propriétés se rapprochent de celles de l’indigo. Il a proposé de la désigner à cause de cela du nom de xylindéine.

Cherchant à son tour quelle peut être l’origine de la matière verte du du bois, il déclare que l’on distingue, au milieu des libres, des sporules ovoïdes vertes disposées en chapelet, qui, sous l’influence du chloroforme, se désagrègent et disparaissent en teignant alors uniformément le bois en vert.

Il me paraît fort probable que ces prétendues spores, solubles dans le chloroforme, ne sont autre chose que des masses de matière amorphe colorée en vert foncé, que l’on trouve dans les cellules et les vaisseaux du bois envahi par le Chlorosplenium œruginosum.

Les propriétés optiques de la matière colorante, du bois verdi n’ont pas été étudiées; l’analogie soupçonnée de l’acide xvlochloréique de M. Fordos avec la chlorophylle donnerait, ce me semble, un certain intérêt à des observations de cet ordre.

On sait en effet que les propriétés optiques de la chlorophylle fournissent les caractères les plus nets et les plus délicats, à l’aide desquels on peut distinguer cette substance de toutes les autres matières colorantes et signaler avec certitude sa présence, même dans des solutions extrêmement diluées.

D’une part, les dissolutions de chlorophylle sont fluorescentes. Quand on fait tomber sur une solution, même très-étendue, un faisceau de lumière solaire rendu convergent à l’aide d’une lentille, on voit apparaître une illumination rouge-sang.

D’autre part, quand on analyse à l’aide d’un prisme la lumière qui a traversé une couche de solution de chlorophylle d’une épaisseur et d’une intensité de coloration convenables, on voit le spectre lumineux présenter en certains points déterminés des bandes d’absorption caractéristiques. Ces bandes sont bien séparées si l’on se sert d’une dissolution étendue, elles se joignent et se confondent si la dissolution est foncée. Quand l’écran de chlorophylle est très-épais et la solution très-concentrée, toute la lumière est absorbée, à l’exception de la lumière rouge extrême entre les lignes A et B de Frauenhofer.

La première bande d’absorption, qui est la plus foncée, est située dans le rouge, de B à C; la deuxième est dans le rouge orangé, entre C et D; elle est moins sombre que la bande I, mais plus sombre que les bandes suivantes qui sont, l’une dans le jaune, près de D, l’autre dans le vert, au voisinage de la ligne E.

Les bandes 1 et II, voisines l’une de l’autre, se confondent en une large

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