C IV
soldats de blessures et d’accidcns graves , on les rendra méticuleux et poltrons ? Mais n’iront-ils pas , au contraire, avec plus de confiance an combat , quand ils seront bien convaincus que, s’ils ne trouvent pas une mort immédiate et glorieuse, ils auront sur-le-champ tous les secours propres à les préserver de longues et inutiles douleurs, d’affreuses mutilations, et à conserver à la patrie , s’il est possible encore , leur précieuse existence ?
Qu’on ne m’accuse pas de tendre à favoriser l’empirisme et à créer partout des renoueurs , des r’habilleurs eitdes mêges ignares , véritables fléaux des villes et des campagnes ! Ce qui , en médecine , comme en toute chose, multiplie les dupes et les fripons , c’est Vignorance. Or , je le demande, mon but n’est-il pas de simplifier , d’établir des principes incontestables et de facile application ; en un mot, d: éclairer et cP instruire ? et n’est~ce pas la meilleure manière de déjouer les charlatans, et de se mettre à l’abri de leurs manœuvres perfides ?
Mais on voudrait, peut-être, m’imputer la prétention absurde de former des chirurgiens et de faire des docteurs en quelques semaines ? On interprétera mieux ma pensée, j’espère , et on ne verra dans mon projet, que le désir elle besoin « de suppléer momentanément, ou pendant quelque temps seulement , l’absence ou le défaut complet de secours reconnus urgens et indispensables ». Si je suis parvenu à ce but , ma tâche aura déjà été assez belle , et mon ambition suffisamment satisfaite.