CHAPITRE TI
Acidité apparente et Acidité absolue.
Au point de vue chimique donc l'acidité de l'urine peut être représentée par :
ONa n POZLONa OH
ONa n P0/OH OH
+ nR—0H
Comment dès lors effectuer le dosage de ces différents radicaux acides ? Un certain nombre de méthodes Utrimétriques ont été proposées dans ce but, mais toutes ne parviennent pas au même résultat car les unes décèlent « l'Acidité apparente » de l'urine et les autres « l'Acidité absolue ». Qu'entend-on donc par « Acidité apparente et Acidité absolue » du liquide urinaire ?
L’acidité apparente est celle qui n'évalue qu'une partie des OH des phosphates contenus dans une urine (elle ne fournit pas l'acidité des phosphates dimétalliques) plus la somme des autres radicaux acides que renferme cette urine.
L’Acidité absolue se rapporte au contraire à la totalité des OH des phosphates monométalliques et bimétalliques et donne également la somme des autres radicaux acides du milieu. C’est donc l'acidité réellement chimique ou théorique comparativement à l'acidité apparente, qualifiée quelquefois aussi d’acidité physique ou relative.
Les divergences entre les méthodes dont les unes fournissent l'acidité apparente et les autres l'acidité absolue ne proviennent donc que de l'évaluation des radicaux acides des phosphates urinaires,
Cela tient à ce que l'acide phosphorique et ses sels se comportent comme plusieurs acides à énergie chimique différente (26) et que leurs OH, en s’unissant aux bases métalliques, le font avec des dégagements de chaleur propres à chacun d'eux et de valeur tout à fait spéciale (27). Le premier OH de l'acide phosphorique possède en effet le même pouvoir thermochimique que l’acide azotique, soit 14 calories 7. Le deuxième correspond à l’acide carbonique, soit 41 calories 6 et le troisième à l’acide sulfhydrique, soit 7 calories 3. Le premier radical hydrogéné d’un phosphate monométallique correspond donc à 41 calories 6 et le deuxième à 7 calories 3, ainsi que le radical hydrogéné d’un phosphate dimétallique.
Or presque tous les procédés de dosage de lacidité urinaire sont basés sur l’emploi de matières colorantes comme termes indicateurs, qui ne résultent ni plus ni moins que de la combinaison d’un acide à un élément métallique. Tel par exemple le tournesol qui est considéré au point de vue chimique comme du « lithmate de calcium », possédant une couleur bleue comme tous les lithmates alcalins et alcalino-terreux, et qui deviendra rouge quand il pourra être décomposé par un acide à chaleur de neutralisation plus forte que l’acide lithmique, parce qu’alors l'acide lithmique mis en liberté communiquera au milieu cette nouvelle coloration qui lui est propre. Telle est encore la cochenille ou « acide carminique » rose qui vire au violet en présence des bases métalliques par formation de carminates alcalins ou alcalino-terreux. « D'où il résulte, dit Denigès (28), que certains acides agissant sur un sel coloré donné peuvent ou non déplacer l'acide correspondant à ce sel, selon que sa valeur thermique est plus ou moins forte, et par suite vis-à-vis de cet acide jouer le rôle d'acide fort ou d'acide faible ».
On a donc établi expérimentalement la valeur thermique que doivent posséder les différents acides pour déplacer les colorants