B. — ELÉMENTS ALCALINS DE L’URINE NORMALE
Telle est l’énumération succincte des principaux éléments composant la première fonction chimique de lurine ou « son acidité ». Rappelons brièvement les bases auxquelles peuvent se combiner les acides ci-dessus énumérés.
Nous citerons :
la potasse, la soude, l’ammoniaque, la chaux et la magnésie.
Dès lors que va-t-il résulter de la présence simultanée des . composés salins acides et basiques ainsi formés ? Il est évident que tous vont réagir les uns sur les autres jusqu'à ce que le milieu ait acquis un équilibre stable d’après le principe du « Tra- - vail maximum » énoncé par Berthelot. « Tout changement chimique accompli sans l'intervention d’une énergie étrangère tend vers la production du corps ou du système de corps dont la formation dégage le plus de chaleur. » Ce système de corps comprendra pour l'urine les phosphates mono et bimétalliques, les carbonates et les urates acides, enfin quelques traces d'acides de la série grasse (acide lactique) et de nombreux acides de la série aromatique. Mais d’après les lois de Berthelot et de Saint-Martin (25) :
40 « Les sels acides formés par les acides monobasiques n’existent pas en dissolution étendue » ;
20 « Les sels acides formés par les acides polybasiques y subsistent au contraire mais à l'état de dissolution partielle ».
Les sels polybasiques acides étant presque totalement représentés dans l'urine par l'acide phosphorique, les phosphates monométalliques et bimétalliques répondant aux formules générales : POYMIE et POM?H apparaissent être dès lors la cause principale de l'acidité urinaire. C’est en effet ce qui ressort du titrage de l'acidité que nous avons eflectué sur différentes urines au moyen
Te
du procédé Jegou, comparé au dosage des phosphates de ces mêmes urines à l’aide de l’azotate d’urane. On y voit que l'acidité absolue (*) suit une marche parallèle à celle des phosphates.
Dosage Dosage de l’Acidité des phosphates absolue Analyses no exprimés en P205 exprimée en PO*H3 — et par et par litre d’urine. litre d'urine.
l 0.385 0.550 2 0.560 0.733 € 0.620 0.855 4 1.030 1.120 Hi) 1-190 1.263 6 1.250 1.507 7 2.020 1,752
Il est évident que les autres éléments qui ajoutent leur acidité à celle des phosphates urinaires acides sont en quantité beaucoup moins importante, el qu'un dosage de l’acidité totale du milieu sera d'autant plus rigoureux qu’il fera connaitre dans son intégrité l’acidité apportée par les phosphates mono et bimétalliques.
Le dosage de l'acidité urinaire consistera donc à évaluer l’acidité fournie par les radicaux hydrogénés des phosphates acides, plus celle qu'introduisent les hydrogènes libres des autres facteurs se rencontrant normalement ou accidentellement dans l'urine, problème que nous pouvons présenter de la façon suivante (**) :
ONa Radicaux mo- nn PO =ODNA nométalliques OH et bimétalli- + nR — OH ques (acidité ONa principale). n PO—OH Eléments accessoires normaux NOH ou pathologiques (acidité secondaire).
(‘) Nous expliquons plus loin ce que l’on entend généralement par ce terme.
(**) Il existe une autre théorie qui pour expliquer l'acidité de l'urine admet que le phosphate disodique, communiquant au sang son alcalinité, est dédoublé par dialyse à travers les reins en soude et en phosphate acide qui passe en plus grande quantité. S'il en était ainsi il ne devrait jamais exister de phosphate disodique dans l'urine, alors qu'il s'en rencontre souvent comme nous le démontrerons plus loin.