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CHAPITRE IV

Principaux procédés de dosage de l’Acidité apparente

de l'urine.

L’Acidité apparente et l’Acidité absolue de l'urine ne diffèrent donc que par l'évaluation des OH des phosphates monométalliques et dimétalliques qui s’y trouvent contenus : c'est à ce point de vue que nous les étudierons. Le dosage des autres principes acides n'entre pas en ligne de compte étant également donné par l’une et l’autre des deux acidités telles que nous les avons définies. Nous exposerons d’abord les procédés de dosage de l’Acidité apparente.

Nous venons de voir que les colorants employés dans le titrage acidimétrique urinaire occasionnaient des résultats différents dépendant de la chaleur de neutralisalion du radical acide qui fait partie de leur combinaison. À ce premier inconvénient s’en adjoint un seçond : la coloration naturelle de l'urine qui forme souvent une espèce de laque avec les divers indicateurs rendant très difficile à saisir les variations de teinte du virage. Copranica (29), 1l est vrai, avait essayé de l’atténuer en décolorant les urines au moyen du charbon animal privé de sels ammoniacaux; mais cette pratique était longué et défectueuse, et mieux valait encore tenter d'introduire les colorants dans le milieu naturel.

A Na

A. — Procédés basés sur l'emploi du tournesol et de la phtaléine du phénol.

I — Procéné HuGuer (30)

Huguet se sert comme termes indicateurs du tournesol et de la phtaléine du phénol.

a). — À l’aide du tournesol.

Dosage de l'acidité urinaire. — 50 cm? d'urine filtrée sont prélevés dans un verre à expérience et titrés à froid avec une solution alcaline normale de soude. Le terme de la réaction est indiqué par un papier de tournesol bleu et par un papier de tournesol rouge de même sensibilité, c’est-à-dire donnant la même teinte en présence d'une goutte de liquide. Huguet ramène tout simplement l'acidité au nombre de centimètres cubes de liqueur normale alcaline correspondante. Il est, dit-il, très facile de passer de cette interprétation à toutes les autres (évaluation en acide phosphorique, en acide oxalique par exemple).

Critique du procédé. — Lorsque nous ajoutons la solution normale de soude aux 50 cm? d'urine, le terme de la réaction est fourni par le tournesol bien avant que les OH des phosphates monométalliques alcalins ou alcalino-terreux de cette urine soient complètement saturés, selon les remarques que nous avons formulées à ce sujet au chapitre précédent. Le tournesol fait en effet partie des indicateurs déplacés totalement par les acides dégageant au moins 12 calories et demie : or les phosphates monométalliques n’ont comme valeur thermochimique que 11,6 et 7,3. Pour les mêmes raisons l'acidité apportée par les phosphates dimétalliques n’est pas connue.

Un autre inconvénient résulte de la nécessité de procéder par touches : l’opération devient par cela même très difficile à conduire et nécessite de nombreux tâtonnements.

2e b). — A l'aide de la phtaléine du phénol.

Le mode opératoire reste le même, mais Huguet remplace les papiers rouge et bleu de tournesol par un papier à la phtaléine du phénol au 4/100e dont la dilution lui paraît la meilleure. Il compare les résultats obtenus et en présence du tournesol et en présence de la phtaléine du phénol. Ses conclusions sont les suivantes :

10 Conclusion — « La sensibilité de la phtaléine est influencée par la température. Elle est plus sensible à chaud qu’à froid alors que le papier de tournesol donne des résultats constants ». C'est la raison pour laquelle Huguet préfère l'emploi du tournesol à celui de la phtaléine du phénol.

Cette remarque est fort juste et Lépinois explique ainsi la variation de sensibilité de la phtaléine à différentes températures (31) : elle n’est pas due aux phosphates acides qui fournissent des résultats plus faibles à chaud qu’à froid : elle doit être plutôt attribuée aux sels ammoniacaux de l'urine. Lorsque l’on fait agir sur eux la liqueur titrante de soude, l'aleali déplace l’ammoniaque de ses sels, cette ammoniaque se volaulise (?) et les acides qui lui étaient primitivement combinés s'unissent à la soude de la liqueur Utrante, nécessitant pour le dosage un volume plus considérable de cetie liqueur et augmentant par conséquent la valeur du résultat final, Cependant, ajoute-t-1l, l'expérience fait voir un manque de proportion entre cet accroissement de l'acidité et le poids total de l’ammoniaque contenu dans lurine. Cela tient à ce que les phosphates exerçant une influence tout à fait inverse on observe seulement la différence de ces deux réactions simultanées et contraires.

20 Conclusion. — « Les résultats obtenus avec la phtaléine du phénol sont distincts de ceux que fournit le tournesol et cependant l'acidité de l'acide phosphorique au moyen des alcalis est la même avec le tournesol qu'avec la phtaléine ».

Cest là une grosse erreur. Il résulte en effet de nombreuses expériences qu'une molécule-gramme d'acide phosphorique

(POS = 98 gr.) vire au rose avec la phtaléine lorsqu'on lui a incorporé deux molécules d’alcali alors qu'une melécule et demie de ce même aleali fait virer au bleu la molécule-gramme d’acide phosphorique en présence du tournesol.

Les résultats fournis par la méthode à la phtaléine du phénol sont donc plus justes que ceux qu’indique le tournesol, mais ce colorant n'évalue pas encore l'acidité phosphatique absolue de urine car il ne décèle que la moitié des radicaux acides des phosphates monométalliques qu’elle renferme et ne donne toujours pas la valeur du radical acide des phosphates dimétalliques. La phtaléine appartient en effet au groupe des indicateurs déplacés totalement par les acides dégageant au moins 41 calories et demie : or le deuxième OH des phosphates monométalliques n’a qu'une valeur thermochimique égale à 7,3 ainsi que le radical acide des phosphates dimétalliques.

Nous ferons remarquer que le pracédé à la phtaléine est faussé en outre par la présence des sels ammoniacaux contenus dans l'urine qui apportent un retard au virage de cet indicateur par suite de la formation d’imidophtaléine dont la solution alcoolique est incolore. Les résultats sont donc entachés d'erreur par excès. Nous reviendrons bientôt sur ce sujet.

30 Conclusion. — « Il est bon de remarquer que l'acidité vis-à-vis la phtaléine du phénol est plus grande que vis-à-vis le tournesol, mais en outre 1l semble y avoir un rapport entre ces deux sortes d’acidité: ce rapport varie entre deux et trois. »

Conciusion qui découle de nos observations précédentes.

Huguet recommande donc avec raison d'opérer à froid le dosage : acidimétrique de lurine mais à tort de préférer l’usage du tournesol à celui de la phtaléine du phénol, et surtout de préconiser l’emploi de ces indicateurs sous forme de papiers nécessitant des titrages par touches fort délicats.

Remarque. — Nous rapprocherons de ce procédé ceux qui n’en découlent que par quelques modifications plus ou moins heureuses el qui ne dissipent pas du reste les objections que nous venons de formuler. Pour ne citer que quelques exemples :

LD

40 L'emploi d’une liqueur titrante de carbonate de soude (32) dont 4 em? correspond à 0.001 de P?205 au lieu de la liqueur décinormale du même alcali généralement employée, les indicateurs restant les mêmes;

20 Le procédé de Copranica qui consiste à verser l'urine à l'aide d’une burette graduée dans la solution titrée préalablement étendue d'eau.

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