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III. — PROCÉDÉ LE BARBIER

En substance, d’après Le Barbier, l'acidité urinaire n’est ni due au phosphate monosodique PO#NaF® ni au phosphate disodique POfNa’H, mais elle doit être attribuée à un élément intermédiaire à ces deux phosphates dont la valeur acide ne va jamais au delà de celle du phosphate monosodique (limite supérieure) ni jamais en deçà du phosphate disodique (limite inférieure). L’acidité de l’urine serait due à une série de phosphates de force moyenne établissant entre les deux points limites un équilibre moléculaire, toute une série continue de phosphates sodiques. Or trois cas peuvent se présenter d'après Le Barbier. Dans le premier cas, ce phosphate est en présence d'un mélange plus ou moins complexe

si.

d'acides ou de sels acides à énergie plus grande que la sienne. Dans le deuxième cas, tous les éléments en présence ont des chaleurs de saturation sensiblement égales. Dans le troisième cas, le mélange d'acides ou de sels acides a une énergie plus faible que celle du phosphate imaginaire. Ce qui nous autorise à conclure que toutes les fois qu'il existera dans un même milieu liquide un tel phosphate et des acides ou des sels à chaleur de neutralisation variable, il se produira entre ces différents éléments acides et basiques un équilibre acido-basique tel que la constitution définitive du phosphate métallique reflétera exactement l’acido-basicilé du milieu. Et c’est précisément ce phosphate acido-basique que Le Barbier se propose de doser dans lurine. « Il résulte, comme on vient de le voir, de toute une série continue de phosphates sodiques allant de PO#NaH? à PO#Na?H, dont la progression positive et négative en Na et en H peut être assimilée au système du funiculaire à doubles voies (H et Na circulant en sens inverse et d'une même quantité sur chacune de ces voies) et dont la constitution moléculaire correspond à l’un des points quelconques de la ligne qui réunit les limites extrêmes. » Reste à rechercher entre ces limites la s'tuation exacte du point correspondant au phosphate acido-basique d’une urine déterminée.

Détermination de l’acido-basicité urinaire.

Nous laissons à Le Barbier la responsabilité de sa technique que nous reproduisons presque textuellement :

Supposons donc, dit-il, notre phosphate urinaire situé en un point $S intermédiaire aux points G et D qui correspondent respectivement aux deux termes POfNaH? et PONa*H (se reporter à la figure). Nous appellerons acidité mobile et utile x l'acidité comprise entre ce point S et le terme POÏNaH et alcalinité mobile y la valeur de l’alcalinité comprise entre S et le terme PO#NaH?. Il s’agit de déterminer æ et y que nous évaluerons en unités semblables.

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Nous opérons sur 5 cm° d’urine non filtrée et bien mélangée, étendus de quelques centimètres cubes d’eau, dans lesquels nous versons en une seule fois 5 cm de soude titrée décinormale c’est-à-dire exactement 0 gr. 02 de NaOH. Quelques gouttes de phtaléine également introduites nous indiquent que nous sommes en milieu alcalin. Cette quantité p de soude décinormale calculée une fois pour toutes est grandement suffisante et sera la même dans tous les essais uroacidimétriques. Pour calculer lacidité mobile + il suffit d'évaluer l’espace g compris entre D et G. Nous aurons ainsi une première équalion :

De cette équation nous pourrons connaitre la valeur de l’alealinité mobile où y en fonction de x et de #» qu'il est également facile de calculer :

Pour évaluer 4 nous incorporons goutte à goutte à l'urine, dans laquelle nous avons déjà introduit 0 gr. 02 de NaOH, de l'acide chlorhydrique rigoureusement titré jusqu’à décoloration à la phtaline, c'est-à-dire la quantité nécessaire pour neutraliser la soude

(*) Figure extraite de la thèse de doctorat en médecine de Le Barbier : De l'acidité urinaire, 190%,

Enr

libre et le troisième Na de PO{Naï formé qui se conduit comme les alcalis libres vis-à-vis de la phtaléine. Un simple calcul nous donne en unités chlorhydriques cette valeur et la première équation est connue. Avant de continuer l'addition de la solution titrée d'acide chlorhydrique pour atteindre le terme PO#MEE, nous ajoutons à notre liqueur une à deux gouttes d’une solution alcoolique de diméthylamidoazobenzol à O gr. 50 pour 400 et nous reversons goutte à goutte la solution acide jusqu’à ce que la coloration jaune du milieu tende à la teinte rose, ce qui indique que nous avons dépassé le terme du dosage. En effet Le Barbier a vérifié expérimentalement que PONaH®, qui est neutre vis-à-vis de ce réacüf, le rougit presque immédiatement si on l’additionne d’une trace d'acide fort quelconque. Nous faisons une nouvelle lecture pour connaître la valeur de » et partant nous avons l'équation y.

Le Barbier tire de ces deux équations des rapports acido-basi-

a : : ; nt ques. Il dénomme — le « petit rapport acido-basique de l'urine »

qu'il ramène à une seule unité : l'unité H, au lieu de deux unités : l’une exprimée en HCI, pour l'acidité et l’autre en NaOH pour l’alcalinité, & étant l'acidité mobile des 24 heures et « l’alcalinité mobile dans le même laps de temps. Si nous convenons en outre, dit-il, de rapporter à notre phosphate acido-basique la somme (a + +), il nous est facile d'évaluer vis-à-vis de ce sel l'acidité réelle de lurine. Cette somme (a + «) représente en effet un H entier de PO#H® ; comme les trois H de PO#H° sont susceptibles de se laisser substituer chacun par des quantités égales d’éléments alcalins il est évident (toute question d'ordre thermochimique mise à part) que la puissance acide ou alcaline de PO*H® est égale à 3 (a + «). Or de ces trois H de PO, (a + 2x) H sont déjà occupés par des éléments basiques. La valeur acide totale de ce phosphate peut donc être représentée par (2a + «) H que nous pouvons considérer comme très voisine de l'acidité réelle de lu-

rine. Par opposition au petit rapport acido-basique — nous dési-

ARRET gnons par le nom de « grand rapport acido-basique = » le rap-

port de l'acidité totale et réelle de l’urine à l’alcalinité mobile.

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Critique du procédé. — A1 serait téméraire de notre part d’entreprendre l'étude critique du procédé Le Barbier sans lavoir expérimenté. Qu'il nous soit permis d'émettre simplement au point de vue théorique une objection touchant l'existence de ces phosphates acido-basiques dans l’urine sur laquelle repose toute cette méthode. Ces phosphates ont-ils une constitution chimique déterminée? Les a-t-on isolés? Le Barbier s'appuie pour en démontrer la présence sur les travaux de Filhol, Sendérens, Berthelot et Gir qui leur ont permis d'obtenir des phosphates sesquimétalliques cristallisés « avec d’infinies précautions » cependant, ajoute-t-il. Dès lors ne doit-on pas interpréter ces expériences comme de simples curiosités de laboratoire et ne sommes-nous pas amenés à douter de la formation de tels corps dans l'urine ?

Eu outre, au point de vue chimique, Le Barbier reconnait luimême que le dosage au diméthylamidoazobenzol manque de précision, « que le changement de teinte est parfois assez pénible à juger surtout lorsqu'on a affaire à une urine fortement colorée », ce qui peut occasionner de sérieuses causes d'erreur.

Cette méthode nous paraît être en résumé plus originale que pratique et c’est sur cette originalité que nous avons voulu insister.

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