IL. — Prociné Gin
Ges expériences amenèrent Gir à l'exposé d’un nouveau procédé de dosage de lacidité urinaire.
Dosage de l'acidité urinaire.— Si nous ajoutons, dit-il, à 25 em?
a te
d'urine placés dans un flacon 75 em° d’une solution de baryte N/10, et si après avoir bouché le flacon nous le maintenons à 600 pendant quelque temps en ayant soin d’agiter le mélange, nous sommes certains que tous les acides autres que l'acide P205 sont saturés et que l'acide P*0 aura formé un phosphate tétrabarytique. Ce qui le prouve, c’est que les nombres obtenus ne varient plus qu'on prenne une solution de baryte plus concentrée, qu’on ajoute un volume plus grand ou qu’on le laisse en contact pendant un temps plus long. Mais le nombre de centimètres cubes d'acide chlorhydrique N/10 équivalant à la baryte fixée ne représente pas l'acidité théorique justement à cause de la formation du phosphate tétrabarytique. Le nombre trouvé est trop grand, c’est ce que nous avons appelé « l'acidité apparente » soit N. Le véritable nombre doit être obtenu en retranchant la quantité d’acide chlorhydrique N/10 équivalant à la baryte fixée sur le phosphate tribarytique. Cette quantité peut se calculer facilement. Il suffit pour cela de faire un dosage d'acide phosphorique et d’évaluer la quantité de baryte nécessaire pour le transformer en phosphate tétrabarytique, le quart de cette quantité représente le poids de baryte ajouté en trop et le nombre de centimètres cubes d'acide chlorhydrique N/10 N° correspondant à cette dernière quantité de baryte calculée devra être retranché du nombre trouvé directement. La différence N—N'=A donne « l'acidité théorique. »
Critique du procédé. — Le tout est de savoir si les phosphates urinaires sont bien transformés intégralement par l'addition de la solution de baryte N/10 et à 600 en phosphate tétrabarytique. Ce qui le prouve, dit Gir, c'est que les nombres obtenus ne varient plus qu'on prenne une solution de baryte plus concentrée, qu’on en ajoute un volume plus grand ou qu'on le laisse en contact pendant un plus long temps. Peut-être, en effet, se forme-t-1l un phosphate barytique à structure moléculaire absolument définie. Mais est-ce vraiment un phosphate tétrabarytique et en connaît-on la composition absolue ? Que penser dès lors des expressions employées par Gir: « acidité apparente et acidité théorique ». L’acidité apparente aurait une valeur trop élevée. Gir
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prétend la ramener à l'acidité théorique par une simple soustraction. Mais pour aboutir à des résultats exacts il faudrait que nous partions avant tout de données rigoureusement exactes. Or, rien n’est moins certain que cette « acidité apparente » de Gir.
Une analyse minulieuse du précipité barytique fourni par le dosage acidimétrique d’un grand nombre d’urines et dans les conditions formulées par l’auteur pourrait seule résoudre le problème qui laisse tel qu'il existe subsister des doutes très sérieux sur la valeur de cette méthode.
Nous allons nous occuper maintenant de l’étude des procédéstypes de dosage de l'acidité absolue de l'urine, de ceux du moins qui ont été regardés comme tels ces dernières années et qui, après avoir détrôné les méthodes uroacidimétriques que nous avons exposées, sont le plus fréquemment employés de nos Jours en chinique et dans les laboratoires. Nous voulons parler des procédés Jégou et Maly-Denigès. Tous les traités d’urologie modernes mentionnent ces méthodes comme seules capables de déceler l'acidité absolue ou totale de l’urine. C’est sur la valeur de ces procédés que reposent les travaux de notre thèse. Nous les mentionnons dans les chapitres qui suivent, nous réservant le soin d'énumérer ici les méthodes qui ne diffèrent du procédé Maly-Denigès que par quelques modifications plus ou moins heureuses et qui tombent aussi sous le coup des critiques que nous formulerons à son sujet. Nous allons en exposer le mode opératoire pour mieux faire comprendre les divergences apportées par les quelques procédés qui en dérivent.
[IL — Procépé Mazy-DENIGES (38).
Dans un ballon jaugé de 100 em on verse successivement :
49 90 cm? d'urine ;
20 20 cn d’une solution décinormale de soude ;
30 10 cm d'une solution de chlorure de baryum à 10 o/oet on achève de remplir le ballon d’eau distillée jusqu’au trait de jauge de 400 cm?. On agite et on filtre.
SD
A 50 cm du liquide filtré correspondant à 10 em® d'urine on ajoute 10 cm d’une solution décinormale acide, quelques gouttes d'une solution de phénol phtaléine à 2 o/ et on titre l'excès d'acide à l’aide d’une solution décinormale de soude.
Soit N le nombre de centimètres cubes employés. N>x<100 indique la quantité de liqueur décinormale nécessaire pour saturer un litre d'urine. Chaque centimètre cube de soude décime représente :
0 gr. 0049 d'acide sulfurique,
0 gr. 00365 d'acide chlorhydrique, 0 gr. 00326 d'acide phosphorique, 0 gr. 00630 d'acide oxalique.
Une simple multiplication permet d'exprimer l'acidité totale en acide déterminé (”).