‹ Sur La Détermination De L'Acidité UrinaireChapitre 7 sur 48 · I. — ÉLÉMENTS MINÉRAUX · texte numérisé non relu

I. — ÉLÉMENTS MINÉRAUX

4o Acides minéraux.

Et tout d’abord l'urine normale renferme-t-elle des acides minéraux libres ? Leur présence n’y a jamais été démontrée. Toutes les réactions qui assurent la détermination de ces différents acides dans un milieu quelconque donnent des résultats négatifs sur l’urine. Telle est par exemple l’action de l’hyposulfite

Des OT à comte

de soude, employé par un grand nombre d'auteurs, qui ne produit pas le précipité de soufre qu’il occasionne loujours en présence des acides minéraux libres. Telle est encore l’action du méthyl-orange et du violet de méthyle. Le premier ne rougit pas en présence de l'urine et le second ne verdit pas comme ils le font toujours lorsque l’on fait agir sur eux de l’acide sulfurique, azotique ou phosphorique. Telle est enfin l’action négative du réactif de Tôpfer au diméthylamidoazobenzol en solution alcoolique à O gr. 50 pour 100 qui devrait passer du jaune au rouge en présence de traces d'acides minéraux libres. Il est vrai qu'il résulte des expériences de Jegou que la recherche de ces acides par les différents procédés que nous venons de signaler n’a pas grande valeur dans le cas qui nous occupe. Pour l’hyposulfite de soude par exemple «sa sensibilité, dit-il, n’est pas la même dans l'urine que dans l’eau et à froid ou à chaud. Le faible précipité obtenu dans lurine à froid peut parfaitement passer inaperçu ou être confondu avec le trouble bactérien ». Mais pourquoi les acides minéraux existeraient-ils à l’état hbre dans un milieu renfermant autant de principes alcalins que l'urine ? Ils n’ont que l'embarras du choix pour satisfaire les valences de leurs radicaux acides et l'expérience donne raison à cette manière de voir.

La présence de l'acide nitrique et de l'acide nitreux libres a par contre été signalée par Schônbein : ils proviendraient des eaux potables absorbées dans l'alimentation. Ces deux acides ne s’y rencontreraient du reste qu'en quantité infime.

En tout autre proportion serait l'acide carbonique. Berthelot (17), qui fit des expériences à ce sujet, admet qu'il s’y trouve sous forme de carbonates et de bi-carbonates et en assez grande quantité, Ge serait lui qui jouerait le rôle le plus important après les phosphates monométalliques dans l'acidité urinaire.

Enfin certains auteurs ont signalé des traces d'acide sulfhydrique dans quelques cas pathologiques.

20 Phosphates urinaires.

Si l'acide phosphorique n'a jamais été isolé de l'urine à l’état libre, grâce aux bases renfermées dans le milieu il s'y trouve à

EF: re

l'état de sels. Sachant que les principaux éléments alcalins de l'urine sont: le potassium, le sodium, l’'ammonium, la chaux et la magnésie, et que l'acide phosphorique a dans sa molécule trois radicaux hydrogénés à satisfaire, il nous est facile d'établir la constitution des différents phosphates qui peuvent se trouver en solution dans le liquide urinaire. Nous inscrivons pour le potassium, le sodium et l’ammonium les trois phosphates répondant aux formules générales suivantes :

POMS . . . . Phosphates trimétalliques.

PO#M2H. . . . Phosphates bimétalliques.

POSMH? . . . Phosphates acides monométalliques.

Pour le magnésium et le calcium :

(PO#PM3.. . . Phosphates trimétalliques.

PO#PM?H?. . . Phosphates bimétalliques.

P (PO*)MH# . . . Phosphates acides ou monométalliques.

Les phosphates monométalliques et bimétalliques de potassium, de sodium et d’ammonium étant solubles dans l’eau doivent forcément se retrouver dans l'urine. Il n’en est pas de même des phosphates bicalciques et bimagnésiens qui y sont insolubles. Mas sous l'influence de l'acide carbonique de Pair et de l’eau, ces phosphates sont transformés en phosphates monométalliques solubles et par conséquent éliminables.

Quant aux phosphates trimétalliques, aussi bien ceux de potassium, de sodium et d’ammonium que ceux de calcium et de magnésie, il est évident qu'ils ne peuvent exister dans le milieu urinaire acide, le troisième atome du métal auquel ils sont combinés étant déplaçable par les acides les plus fables tels que l'acide carbonique, qui les transforme en phosphates acides.

Donc, en résumé, nous pouvons admettre qu'il n'existe dans l'urine que deux sortes de phosphates :

1o Des phosphates monométalliques acides;

20 Des phosphates bimétalliques.

a OL Ce

Page 1